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La soufra du cheikh (طعام الزاوية)
Le repas soufi yéménite ne se découpe pas en entrée-plat-dessert : tout est posé ensemble sur une natte ou une nappe basse (soufra), au sol, dans la zâwiya (loge confrérique). On mange à la main droite, dans le partage et le silence, en commençant par invoquer le nom de Dieu. La frugalité est la règle : peu de plats, de petites parts, le jeûne souvent en toile de fond. Le moment le plus vivant n'est pas le repas mais la longue veille nocturne de dhikr, ponctuée de tasses de café. Trois temps structurent la table : le quotidien sobre (légumineuses, bouillies), l'exceptionnel des fêtes et des ziyâra au mausolée (pains au miel), et le viatique du voyageur et du pèlerin qui doit garder sa nourriture des jours durant.
Signature : Le café (qahwa / qishr)
Le Yémen est le berceau du café cultivé, et ce sont précisément les confréries soufies qui, à la fin du Moyen Âge, en répandirent l'usage : la boisson aide à tenir éveillé pour les veilles de prière et de dhikr. La signature de cette table n'est pas une épice rare mais la cerise de café elle-même — torréfiée, ou réduite en écorces (qishr) infusées avec gingembre. Boire le café, ici, est un acte presque liturgique.

Abdal Hayy ibn Mawlud à table

4 recettes d’époque