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Enagismata — les offrandes du monde d'en bas
Chez les Grecs, on ne nourrit pas une divinité des ténèbres comme on régale un Olympien. Aux dieux célestes va la thysia : la fumée parfumée d'une bête sacrifiée, dont les vivants mangent ensuite la chair. Aux puissances chthoniennes et aux morts vont les enagismata : libations versées la tête détournée dans une fosse creusée à même le sol (bothros), bouillies de graines, gâteaux de miel laissés entiers, jamais goûtés par les offrants. Le repas se déroule de bas en haut, vers la terre et non vers le ciel — le miel apaise, le vin noir descend, les semences nourrissent ceux qui n'ont plus de bouche.
Signature : Le miel des libations chthoniennes
Fil d'or entre les vivants et les morts : le miel (de l'Hymette, près d'Athènes, le plus réputé) adoucit la colère des puissances d'en bas, conserve les offrandes et sucre les gâteaux funèbres. On le verse pur dans les fosses, on en nappe les melitoutta, on en lie les graines de sésame. Sans lui, aucune offrande grecque aux morts n'est complète.

Achlys à table

5 recettes d’époque