Melitoutta pour le passage
Un petit gâteau de fine farine de froment, pétri à l'eau et à l'huile, doré puis longuement imbibé de miel chaud parfumé au sésame. Tendre, collant, sucré jusqu'au cœur.
Un petit gâteau de fine farine de froment, pétri à l'eau et à l'huile, doré puis longuement imbibé de miel chaud parfumé au sésame. Tendre, collant, sucré jusqu'au cœur.
Tu redoutes le grand chien aux trois gueules qui garde ma maison sans soleil ? Voici ce que faisaient les sages : dans la main de leur mort, ils plaçaient un gâteau pétri de fleur de froment et noyé de miel. Le molosse, gourmand, s'en repaît et laisse passer l'ombre. Trempe bien ton gâteau dans le miel chaud, mortel, jusqu'à ce qu'il en soit lourd et luisant — car un Cerbère mal régalé est un Cerbère qui mord. Et le soir des funérailles, mange-en toi aussi : le sucre console ceux qui restent autant qu'il endort ceux qui gardent.
- •Fleur de froment (farine fine) — deux poignées (base du gâteau)
- •Miel — abondant (imbibage, douceur funèbre)
- •Huile d'olive — un filet (moelleux de la pâte)
- •Graines de sésame — une pincée (parfum et croquant)
- •Eau — ce qu'il faut (liant de la pâte)
Melitoutta pour le passage
Un petit gâteau de fine farine de froment, pétri à l'eau et à l'huile, doré puis longuement imbibé de miel chaud parfumé au sésame. Tendre, collant, sucré jusqu'au cœur.
Pourquoi ce plat ? On glissait dans la main des morts un gâteau de miel, la melitoutta, pour apaiser le chien Cerbère au seuil des Enfers — ce même seuil que garde le brouillard d'Achlys. Lors du perideipnon, le repas pris après les funérailles, les vivants en partageaient aussi pour célébrer la mémoire du défunt.
Tu redoutes le grand chien aux trois gueules qui garde ma maison sans soleil ? Voici ce que faisaient les sages : dans la main de leur mort, ils plaçaient un gâteau pétri de fleur de froment et noyé de miel. Le molosse, gourmand, s'en repaît et laisse passer l'ombre. Trempe bien ton gâteau dans le miel chaud, mortel, jusqu'à ce qu'il en soit lourd et luisant — car un Cerbère mal régalé est un Cerbère qui mord. Et le soir des funérailles, mange-en toi aussi : le sucre console ceux qui restent autant qu'il endort ceux qui gardent.
Ingrédients (version d’époque)
- Fleur de froment (farine fine) — deux poignées (base du gâteau)
- Miel — abondant (imbibage, douceur funèbre)
- Huile d'olive — un filet (moelleux de la pâte)
- Graines de sésame — une pincée (parfum et croquant)
- Eau — ce qu'il faut (liant de la pâte)
Ingrédients
- Farine de blé T45 — 200 g (base)
- Miel liquide — 150 g (sirop d'imbibage)
- Huile d'olive douce — 3 c. à soupe (moelleux)
- Graines de sésame — 2 c. à soupe (garniture)
- Eau tiède — 80 ml environ (liant)
- Pincée de sel — 1 (équilibre)
Préparation
- Mélanger farine, sel, huile et eau tiède pour obtenir une pâte souple ; laisser reposer 20 min.
- Former de petits gâteaux plats, les piquer à la fourchette.
- Cuire au four à 190 °C 15 à 18 min jusqu'à ce qu'ils soient blonds.
- Faire chauffer le miel à feu doux ; y plonger les gâteaux encore chauds quelques minutes pour qu'ils s'imbibent.
- Égoutter, parsemer de sésame grillé et laisser refroidir.
Comment on faisait : La melitoutta (gâteau au miel pour Cerbère) est mentionnée par les comédiens et les scholiastes grecs ; on en déposait dans les tombes. Sa parenté avec les gâteaux de miel imbibés du bassin méditerranéen (de l'ancien melitoutta aux loukoumades) montre une continuité de la pâtisserie au miel sur trois mille ans.
Le twist contemporain : Dressé en pyramide nappée de miel chaud et de sésame doré, sous le nom de « bouchées de Cerbère » — une pointe de fleur d'oranger pour un parfum de fête.
Sources : Scholies à Aristophane, Lysistrata (mention de la melitoutta) · A. Dalby, Food in the Ancient World from A to Z
Achlys · Charactorium





