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Choē aux trois douceurs
Pourquoi ce plat ? Achlys, voile des mourants, ne touche ni au nectar ni à l'ambroisie : sa part, ce sont les libations sombres que l'on verse aux morts dans les fosses funèbres. La choē mêlée de vin noir, de miel et de lait est l'offrande exacte qu'Ulysse répand au bord de la fosse pour appeler les ombres dans l'Odyssée — le breuvage même dont se nourrissent les divinités du deuil.
Un mélange tiède de vin rouge profond, de miel et de lait, lié d'un peu d'eau de source et d'une pincée d'orge grillée. Versé jadis dans la terre pour les morts ; ici, adouci et réchauffé, il se partage en mémoire d'un disparu.
Mortel, écoute bien, car je suis le brouillard qui un jour voilera tes yeux. Aux dieux du ciel, leur fumée grasse ; à moi, à mes sœurs des ténèbres, on ne doit que ceci : creuse d'abord la fosse d'une coudée, détourne ton visage, et verse — d'abord le lait et le miel, ensuite le vin noir non coupé d'eau, enfin l'eau claire par-dessus. Saupoudre la farine d'orge, prononce le nom de ton mort, et ne goûte rien : ce qui descend vers nous ne remonte jamais vers toi. Fais-le sans trembler, et les ombres viendront boire au bord de la terre.
- •Vin noir non coupé (mélas oinos) — une coupe (base de la libation, fermenté et sombre)
- •Miel de l'Hymette — à discrétion (douceur qui apaise les morts)
- •Lait de chèvre — une portion (blancheur offerte aux ombres)
- •Eau de source — un filet (purification, versée en dernier)
- •Farine d'orge grillée (alphita) — une poignée (saupoudrée sur la libation)
Choē aux trois douceurs
Un mélange tiède de vin rouge profond, de miel et de lait, lié d'un peu d'eau de source et d'une pincée d'orge grillée. Versé jadis dans la terre pour les morts ; ici, adouci et réchauffé, il se partage en mémoire d'un disparu.
Pourquoi ce plat ? Achlys, voile des mourants, ne touche ni au nectar ni à l'ambroisie : sa part, ce sont les libations sombres que l'on verse aux morts dans les fosses funèbres. La choē mêlée de vin noir, de miel et de lait est l'offrande exacte qu'Ulysse répand au bord de la fosse pour appeler les ombres dans l'Odyssée — le breuvage même dont se nourrissent les divinités du deuil.
Mortel, écoute bien, car je suis le brouillard qui un jour voilera tes yeux. Aux dieux du ciel, leur fumée grasse ; à moi, à mes sœurs des ténèbres, on ne doit que ceci : creuse d'abord la fosse d'une coudée, détourne ton visage, et verse — d'abord le lait et le miel, ensuite le vin noir non coupé d'eau, enfin l'eau claire par-dessus. Saupoudre la farine d'orge, prononce le nom de ton mort, et ne goûte rien : ce qui descend vers nous ne remonte jamais vers toi. Fais-le sans trembler, et les ombres viendront boire au bord de la terre.
Ingrédients (version d’époque)
- Vin noir non coupé (mélas oinos) — une coupe (base de la libation, fermenté et sombre)
- Miel de l'Hymette — à discrétion (douceur qui apaise les morts)
- Lait de chèvre — une portion (blancheur offerte aux ombres)
- Eau de source — un filet (purification, versée en dernier)
- Farine d'orge grillée (alphita) — une poignée (saupoudrée sur la libation)
Ingrédients
- Vin rouge corsé — 250 ml (base aromatique)
- Miel liquide (toutes fleurs ou thym) — 2 c. à soupe (douceur)
- Lait entier — 100 ml (rondeur)
- Eau de source — 80 ml (allonge le breuvage)
- Farine d'orge grillée — 1 c. à café (garniture, note torréfiée)
Préparation
- Faire chauffer doucement le lait et l'eau sans bouillir.
- Y dissoudre le miel en remuant.
- Retirer du feu, puis verser le vin (la chaleur douce préserve ses arômes).
- Servir tiède dans une coupe, saupoudrer d'une pincée de farine d'orge grillée au moment de présenter.
Comment on faisait : Les choai (libations aux morts) sont décrites dès l'Odyssée (chant XI) : Ulysse verse autour de la fosse du lait miellé, puis du vin doux, puis de l'eau, et répand de la farine d'orge blanche avant d'invoquer les défunts. À la différence des libations aux Olympiens, elles ne se buvaient pas : tout allait à la terre.
Le twist contemporain : Servi en petite tasse chaude lors d'une veillée du souvenir, sous le nom de « coupe des ombres » — une cannelle ou un clou de girofle en option pour le réconfort hivernal.
Sources : Homère, Odyssée, chant XI (la Nekyia) · W. Burkert, La religion grecque (chap. sur les rites chthoniens)
Achlys · Charactorium





