Adonis(1930 — ?)
Adonis
Liban
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Adonis est un poète et critique littéraire syro-libanais d'expression arabe, né en 1930. Figure majeure de la modernité poétique arabe, il a profondément renouvelé la langue et les formes de la poésie arabe contemporaine.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1930 à Qassabine, en Syrie, sous le nom d'Ali Ahmad Saïd Esber
- Adopte le pseudonyme « Adonis » à la fin des années 1940
- Cofonde en 1957 la revue littéraire Chi'r (« Poésie ») à Beyrouth, moteur du renouveau poétique arabe
- Publie « Chants de Mihyar le Damascène » en 1961, œuvre majeure de la modernité poétique arabe
- Régulièrement cité comme candidat au prix Nobel de littérature à partir des années 2000
Œuvres & réalisations
Premier recueil important qui révèle la voix singulière du jeune poète.
Œuvre phare où Adonis crée un personnage-masque et renouvelle profondément la langue poétique arabe.
Long poème confrontant la ville moderne occidentale à la mémoire et à la spiritualité de l'Orient.
Vaste essai critique en plusieurs volumes relisant l'histoire culturelle arabe à travers tradition et modernité.
Réflexion majeure, issue de conférences, sur l'évolution et les enjeux de la poésie arabe.
Œuvre monumentale en trois volumes, considérée comme l'aboutissement de son projet poétique.
Deux revues fondatrices qui structurèrent la modernité littéraire et intellectuelle arabe.
Anecdotes
Né dans un village pauvre du nord-ouest de la Syrie, le jeune Ali Ahmad Said n'alla pas à l'école avant l'adolescence : c'est son père qui lui apprit à lire et à mémoriser la poésie arabe classique. Vers 1944, le président syrien Choukri al-Kouatli visita la région ; l'adolescent récita devant lui un poème de sa composition, ce qui lui valut une bourse pour étudier. Cette récitation changea le cours de sa vie.
Le nom « Adonis » est un pseudonyme qu'il adopta à 17 ans. Las de voir ses poèmes refusés par les revues sous son vrai nom, il les signa du nom du dieu phénicien et grec de la beauté, de la mort et de la renaissance. Les mêmes rédacteurs acceptèrent alors ses textes, et le nom lui resta toute sa vie.
En 1955, Adonis fut emprisonné près d'un an en Syrie en raison de son appartenance au Parti social nationaliste syrien. À sa libération, il quitta le pays pour le Liban en 1956, où il put écrire et publier plus librement.
En 1957, avec le poète Youssef al-Khal, il fonda à Beyrouth la revue Shi'r (« Poésie »), qui devint le laboratoire de la modernité poétique arabe et défendit le poème en prose, alors très contesté par les tenants de la métrique classique.
Adonis est régulièrement cité parmi les favoris pour le prix Nobel de littérature depuis les années 1980, ce qui en fait l'une des figures les plus connues de la poésie arabe contemporaine dans le monde.
Sources primaires
À travers le personnage de Mihyar, errant et révolté, Adonis invente une voix qui refuse les dieux hérités et cherche à recréer le monde par le langage.
Adonis y relit toute l'histoire de la culture arabe à travers l'opposition entre la tradition figée et les forces de renouvellement et de création.
Issu de ses conférences, il y montre comment la poésie arabe a été tiraillée entre l'oralité, la fidélité au modèle ancien et l'exigence de modernité.
Long poème où la ville moderne devient le symbole d'une civilisation matérielle, confrontée à la mémoire et à l'Orient.
