Ahmadou Kourouma(1927 — 2003)
Ahmadou Kourouma
Côte d'Ivoire
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Ahmadou Kourouma est un écrivain ivoirien, figure majeure de la littérature africaine francophone. Son œuvre dénonce les dictatures post-coloniales et les violences de l'Afrique contemporaine en réinventant la langue française au contact du malinké.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1927 à Boundiali, en Côte d'Ivoire, dans une famille malinké
- Publie en 1968 (édité en 1970) *Les Soleils des indépendances*, qui critique les régimes post-coloniaux
- Reçoit le prix Renaudot en 2000 pour *Allah n'est pas obligé*, roman sur les enfants-soldats
- Mort en 2003 à Lyon, en France
Œuvres & réalisations
Premier roman et chef-d'œuvre de Kourouma, qui peint l'amertume d'un prince déchu dans l'Afrique des indépendances. Il révolutionne le français en y intégrant le rythme et les images du malinké.
Pièce de théâtre critique du pouvoir, qui fut interdite. Sa censure ouvre une longue période d'exil pour l'auteur.
Roman qui raconte un siècle de colonisation vu du côté des Africains, autour du mot intraduisible « monnè ». Il marque le grand retour de Kourouma au roman après vingt ans.
Satire d'un dictateur africain, contée à la manière d'un griot (le « donsomana »). Le livre dénonce les régimes autoritaires de la guerre froide en Afrique.
Récit d'un enfant-soldat, Birahima, dans les guerres du Liberia et de la Sierra Leone. Couronné par le prix Renaudot et le prix Goncourt des lycéens, c'est son livre le plus lu.
Suite des aventures de Birahima, plongé cette fois dans la guerre civile ivoirienne. Le roman, laissé inachevé à la mort de l'auteur, paraît un an après.
Anecdotes
Avant d'être écrivain, Ahmadou Kourouma fut enrôlé de force comme tirailleur dans l'armée coloniale française. La légende biographique veut qu'ayant refusé de participer à la répression de manifestations, il fut puni en étant envoyé combattre en Indochine au début des années 1950. Cette expérience de la violence coloniale marquera profondément son œuvre.
Son premier roman, « Les Soleils des indépendances », fut d'abord refusé par les éditeurs français. C'est au Québec qu'il fut enfin reconnu : il remporta un concours de la revue montréalaise « Études françaises » en 1968 et y fut publié, avant que le Seuil ne le sorte en France en 1970. Le livre devint vite un classique de la littérature africaine.
Kourouma gagnait sa vie comme actuaire, un métier de mathématicien des assurances, très loin du monde des lettres. Il écrivait sur son temps libre et vécut de longues années en exil (Algérie, Cameroun, Togo) car son franc-parler déplaisait au régime de Félix Houphouët-Boigny en Côte d'Ivoire.
Pour écrire « Allah n'est pas obligé », roman raconté par un enfant-soldat nommé Birahima, Kourouma fait dire à son narrateur qu'il s'appuie sur quatre dictionnaires pour s'expliquer. Le livre, qui plonge dans les guerres du Liberia et de la Sierra Leone, reçut en 2000 le prix Renaudot et le prix Goncourt des lycéens.
Kourouma est célèbre pour avoir « malinkisé » le français : il glissait dans la langue française les images, les proverbes et la syntaxe du malinké, sa langue maternelle. Dès la première phrase des « Soleils des indépendances », il traduit la mort par une formule malinké : le défunt « n'avait pas soutenu un petit rhume ».
Sources primaires
Il y avait une semaine qu'avait fini dans la capitale Koné Ibrahima, de race malinké, ou disons-le en malinké : il n'avait pas soutenu un petit rhume…
Un jour, le président Senghor demanda à des lexicologues français le sens du mot malinké « monnè ». Aucun mot français ne pouvait le rendre : outrages, défis, mépris, injures, humiliations, colères rageuses…
Allah n'est pas obligé d'être juste dans toutes les choses qu'il a créées ici-bas.
Le récit, dit par un griot (sora) accompagné de son répondeur, retrace le « donsomana », l'épopée d'un dictateur chasseur, mêlant louange, satire et vérité.
Lieux clés
Ville du nord ivoirien où naît Kourouma en 1927, en pays malinké. C'est le berceau de la langue et de la culture qui nourriront toute son œuvre.
Théâtre de la guerre coloniale où Kourouma fut envoyé comme tirailleur au début des années 1950. Il y découvre de près la violence des empires.
Ville où Kourouma fit des études de mathématiques et d'assurance, et où il mourut en 2003. La France de ses études contraste avec ses années d'exil africain.
Capitale économique où Kourouma exerça comme actuaire et observa de près les désillusions de l'indépendance. Le pouvoir d'Houphouët-Boigny le poussera à l'exil.
Ville où « Les Soleils des indépendances » fut primé et publié en 1968, après le refus des éditeurs français. C'est là que naît la carrière littéraire de Kourouma.
L'un des pays où Kourouma vécut en exil, comme actuaire, loin de la Côte d'Ivoire pendant les années 1980-1990. L'exil fut une donnée constante de sa vie d'adulte.
