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Le deipnon royal d'Aïa
À la table d'Aéétès, fils du Soleil, le repas suit l'ordre du grand deipnon héroïque grec, mais débordant de l'abondance colchidienne. On commence par les grains de la terre noire du Phasis — bouillies de millet et galettes d'orge — puis viennent les viandes et les volailles rôties à la broche, gibier des forêts d'Arès. Le festin se prolonge en libations : on répand le vin sur le sol pour les dieux avant d'en boire, et l'on consacre des gâteaux de miel à Hélios, l'aïeul qui guide le char du jour. Pas d'entrée ni de dessert à la française : tout se déploie en un seul flot, du plus humble grain à la coupe levée vers le ciel.
Signature : La noix de Colchide
Le noyer pousse sauvage dans les vallées du Caucase depuis l'aube des temps — la Colchide est l'un de ses berceaux. Pilée en pâte onctueuse, mariée aux herbes ou au miel, la noix lie les sauces, nourrit le voyageur et parfume la table royale. C'est l'âme grasse et boisée de la cuisine d'Aïa, l'ancêtre lointain des sauces géorgiennes aux noix.

Aéétès à table

5 recettes d’époque