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Le souper de la jeune République
À la table des élites de la côte Est vers 1790, on ne sert pas des plats en succession à la française, mais par « removes » (services) déposés tous ensemble sur une grande table chargée — la fameuse groaning board. Un rôti imposant trône au centre, entouré de légumes-racines, de tartes salées et sucrées, de marinades et de pains. Le repas s'ouvre et se ponctue de toasts portés au verre de Madère, et l'on goûte un peu de tout selon ce qui se trouve à portée de main.
Signature : Le Madère
Le vin muté de l'île de Madère, sucré et nerveux, est LE vin des Pères fondateurs : on l'embarque par tonneaux entiers, il supporte la chaleur des cales et ne tourne pas. On lève son verre de Madère à chaque toast, on en arrose les sauces et on en parfume les punchs. Avec le rhum et la mélasse des Antilles — où Hamilton a grandi — c'est la saveur qui relie sa jeunesse caribéenne à ses dîners politiques de Philadelphie.

Alexander Hamilton à table

1757 — 1804

5 recettes d’époque