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Le Sunday supper — la table du dimanche après l'office
Dans le Sud rural noir où grandit Alvin Ailey, le repas qui compte est celui du dimanche, après le long service à l'église baptiste. Toute la semaine on mange maigre et simple ; le dimanche, la table se couvre d'un seul grand service partagé où plats salés, légumes longuement mijotés, conserves acidulées, boissons sucrées et douceurs arrivent ensemble, posés au centre, chacun se servant à la louche et à la main. C'est la cuisine dite « soul food » : née de la pauvreté, de l'esclavage et de l'ingéniosité afro-américaine, elle transforme les bas morceaux et les restes en fête. Ailey en a fait la matière de son chef-d'œuvre Revelations, nourri de ce qu'il appelait ses « blood memories » du Texas.
Signature : Le jarret de porc fumé et le « pot likker »
Un bout de viande fumée bon marché (jarret, couenne, jambonneau) qu'on fait fondre des heures dans l'eau : il parfume tout, des légumes verts aux haricots. Le bouillon obtenu, le « pot likker », sombre et fortifiant, est précieux — on le boit, on y trempe le pain de maïs, on le donne aux faibles. C'est la colonne vertébrale de la cuisine soul du Sud noir.

Alvin Ailey à table

1931 — 1989

5 recettes d’époque