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La table du casabe et l'areíto
Chez les Taïnos, on ne sépare pas le repas en entrée, plat et dessert : tout gravite autour du casabe, la grande galette de manioc cuite sur le budare, que l'on rompt et partage. Au quotidien, on l'accompagne de poisson, de crabe ou d'un peu de patate douce ; lors des areítos — ces grandes fêtes chantées et dansées — le cacique fait dresser des festins collectifs où l'on pose au centre la marmite commune, les viandes grillées sur le boucan, les fruits et les boissons. On mange avec les doigts, assis ou couché dans les hamacs, en se servant à même les plats partagés.
Signature : Le manioc amer dompté sur le budare
La signature taïno, c'est le manioc amer (yuca) : une racine toxique crue que les femmes râpent, pressent dans une longue manche tressée (le cibucán) pour en expulser le jus vénéneux, puis cuisent en galette sur le budare, une plaque de cuisson en céramique. Le jus pressé, loin d'être jeté, est bouilli longuement jusqu'à devenir un sirop sombre et savoureux qui parfume les ragoûts. Le piment ají relève l'ensemble.

Anacaona à table

1474 — 1503

4 recettes d’époque