Anaximène(584 av. J.-C. — 527 av. J.-C.)

Anaximène

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PhilosophieSciencesAvant J.-C.Grèce antique, VIe siècle avant J.-C., âge des premiers philosophes de la nature à Milet en Ionie

Anaximène est un philosophe grec présocratique de l'école de Milet, actif au VIe siècle av. J.-C. Disciple d'Anaximandre, il considérait l'air (pneuma) comme le principe premier de toutes choses.

Questions fréquentes

Anaximène est le troisième grand penseur de l'école de Milet, après Thalès et Anaximandre, actif au VIe siècle avant J.-C. en Ionie (actuelle Turquie). Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il clôt le premier chapitre de la philosophie grecque en proposant une explication unifiée de l'univers à partir d'un principe concret : l'air. Moins abstrait que l'« indéfini » de son maître Anaximandre, son système est le premier à décrire des mécanismes physiques précis (condensation et raréfaction) pour expliquer la diversité du monde. Il incarne le passage de la pensée mythique à une pensée rationnelle, où les phénomènes naturels n'ont plus besoin des dieux pour être expliqués.

Faits marquants

  • Né vers 585 av. J.-C. à Milet, mort vers 525 av. J.-C.
  • Troisième grande figure de l'école milésienne après Thalès et Anaximandre, dont il fut le disciple
  • Pose l'air (aer) comme principe unique (arché) de toutes choses
  • Explique la diversité du monde par la raréfaction et la condensation de l'air
  • Cherche une explication naturelle (et non mythologique) des phénomènes du cosmos

Œuvres & réalisations

Sur la nature (Peri physeôs) (VIe siècle av. J.-C.)

Traité, aujourd'hui perdu et connu seulement par fragments, où Anaximène exposait sa cosmologie. La tradition souligne qu'il l'écrivit dans une prose ionienne simple et claire.

La théorie de l'air comme principe (archè) (VIe siècle av. J.-C.)

Anaximène fait de l'air infini la source unique de toutes choses, dépassant l'« indéterminé » d'Anaximandre par une substance concrète et observable.

Le mécanisme de condensation et raréfaction (VIe siècle av. J.-C.)

Première explication des transformations de la matière par un processus physique : la densité variable d'une même substance engendre feu, air, vent, eau, terre et pierre.

Cosmologie de la Terre et des astres flottants (VIe siècle av. J.-C.)

Il décrit une Terre plate portée par l'air et des astres flottant comme des feuilles, nés des exhalaisons de la Terre — tentative d'expliquer le ciel sans recours aux dieux.

Théorie de l'âme-souffle (VIe siècle av. J.-C.)

Anaximène rapproche l'âme (psychè) du souffle qui nous tient en vie de l'air qui enveloppe le monde, esquissant un lien entre l'homme et le cosmos.

Anecdotes

Anaximène pensait que tout l'univers était fait d'air, mais d'un air capable de se transformer : en se condensant il devenait vent, puis nuage, puis eau, puis terre et enfin pierre, et en se raréfiant il devenait feu. C'était une façon ingénieuse d'expliquer la diversité du monde à partir d'une seule substance.

Pour démontrer que la chaleur et le froid dépendent de la densité de l'air, Anaximène invitait à observer notre propre souffle : quand on souffle lèvres serrées, l'air sort froid (il est comprimé) ; quand on souffle bouche grande ouverte, il sort chaud (il est détendu). Une petite expérience que chacun peut encore faire aujourd'hui.

Anaximène imaginait que la Terre était plate comme une table et qu'elle flottait sur l'air, porté comme une feuille. Il pensait aussi que le Soleil, la Lune et les astres étaient nés des vapeurs montées de la Terre et qu'ils flottaient eux aussi, tels des feuilles de feu.

Disciple d'Anaximandre, lui-même disciple de Thalès, Anaximène forme le troisième maillon de la fameuse école de Milet. Ces trois penseurs sont souvent appelés les premiers « physiciens » car ils cherchaient à expliquer la nature par des causes naturelles plutôt que par les dieux.

Anaximène vécut la fin tragique de Milet : selon la tradition, son activité s'achève au moment où la cité ionienne tombe sous la domination des Perses. La grande aventure de la première philosophie grecque se déroule ainsi sur fond de montée de l'empire perse.

Sources primaires

Aristote, Métaphysique, A 3 (IVe siècle av. J.-C.)
Anaximène et Diogène posent l'air comme antérieur à l'eau et comme principe par excellence parmi les corps simples.
Simplicius, Commentaire sur la Physique d'Aristote (citant Théophraste) (VIe siècle apr. J.-C. (rapportant un texte du IVe s. av. J.-C.))
Anaximène de Milet, fils d'Eurystrate, compagnon d'Anaximandre, dit comme lui que la nature qui est au fondement est une et infinie, mais non indéterminée comme le voulait Anaximandre : il la définit comme étant l'air.
Plutarque, Sur les opinions des philosophes (De primo frigido) (Ier–IIe siècle apr. J.-C.)
Anaximène pensait que ce qui se contracte et se condense dans la matière est froid, tandis que ce qui est lâche et relâché — il employait ce mot même — est chaud.
Hippolyte, Réfutation de toutes les hérésies, I, 7 (IIIe siècle apr. J.-C.)
Anaximène a déclaré que le principe est l'air infini, d'où naissent les choses qui sont, qui ont été et qui seront, ainsi que les dieux et les choses divines, le reste provenant de ses produits.

Lieux clés

Milet

Riche cité grecque d'Ionie, sur la côte d'Asie Mineure, berceau de la première philosophie. Anaximène y naît, y enseigne et y meurt.

Ionie

Région des cités grecques de la côte égéenne d'Asie Mineure, foyer culturel et commercial où s'épanouit la pensée des présocratiques.

Agora de Milet

Place publique où se tenaient le marché et les discussions ; lieu probable où Anaximène échangeait avec ses élèves et concitoyens.

Sardes

Capitale du royaume de Lydie puis de la satrapie perse, centre du pouvoir régional qui domina l'Ionie après 546 av. J.-C.

Didymes

Grand sanctuaire d'Apollon proche de Milet, célèbre pour son oracle ; haut lieu religieux de la région ionienne au temps d'Anaximène.

Voir aussi