Anaximène est un philosophe grec présocratique de l'école de Milet, actif au VIe siècle av. J.-C. Disciple d'Anaximandre, il considérait l'air (pneuma) comme le principe premier de toutes choses.
Anaximène(584 av. J.-C. — 527 av. J.-C.)
Anaximène
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né vers 585 av. J.-C. à Milet, mort vers 525 av. J.-C.
- Troisième grande figure de l'école milésienne après Thalès et Anaximandre, dont il fut le disciple
- Pose l'air (aer) comme principe unique (arché) de toutes choses
- Explique la diversité du monde par la raréfaction et la condensation de l'air
- Cherche une explication naturelle (et non mythologique) des phénomènes du cosmos
Œuvres & réalisations
Traité, aujourd'hui perdu et connu seulement par fragments, où Anaximène exposait sa cosmologie. La tradition souligne qu'il l'écrivit dans une prose ionienne simple et claire.
Anaximène fait de l'air infini la source unique de toutes choses, dépassant l'« indéterminé » d'Anaximandre par une substance concrète et observable.
Première explication des transformations de la matière par un processus physique : la densité variable d'une même substance engendre feu, air, vent, eau, terre et pierre.
Il décrit une Terre plate portée par l'air et des astres flottant comme des feuilles, nés des exhalaisons de la Terre — tentative d'expliquer le ciel sans recours aux dieux.
Anaximène rapproche l'âme (psychè) du souffle qui nous tient en vie de l'air qui enveloppe le monde, esquissant un lien entre l'homme et le cosmos.
Anecdotes
Anaximène pensait que tout l'univers était fait d'air, mais d'un air capable de se transformer : en se condensant il devenait vent, puis nuage, puis eau, puis terre et enfin pierre, et en se raréfiant il devenait feu. C'était une façon ingénieuse d'expliquer la diversité du monde à partir d'une seule substance.
Pour démontrer que la chaleur et le froid dépendent de la densité de l'air, Anaximène invitait à observer notre propre souffle : quand on souffle lèvres serrées, l'air sort froid (il est comprimé) ; quand on souffle bouche grande ouverte, il sort chaud (il est détendu). Une petite expérience que chacun peut encore faire aujourd'hui.
Anaximène imaginait que la Terre était plate comme une table et qu'elle flottait sur l'air, porté comme une feuille. Il pensait aussi que le Soleil, la Lune et les astres étaient nés des vapeurs montées de la Terre et qu'ils flottaient eux aussi, tels des feuilles de feu.
Disciple d'Anaximandre, lui-même disciple de Thalès, Anaximène forme le troisième maillon de la fameuse école de Milet. Ces trois penseurs sont souvent appelés les premiers « physiciens » car ils cherchaient à expliquer la nature par des causes naturelles plutôt que par les dieux.
Anaximène vécut la fin tragique de Milet : selon la tradition, son activité s'achève au moment où la cité ionienne tombe sous la domination des Perses. La grande aventure de la première philosophie grecque se déroule ainsi sur fond de montée de l'empire perse.
Sources primaires
Anaximène et Diogène posent l'air comme antérieur à l'eau et comme principe par excellence parmi les corps simples.
Anaximène de Milet, fils d'Eurystrate, compagnon d'Anaximandre, dit comme lui que la nature qui est au fondement est une et infinie, mais non indéterminée comme le voulait Anaximandre : il la définit comme étant l'air.
Anaximène pensait que ce qui se contracte et se condense dans la matière est froid, tandis que ce qui est lâche et relâché — il employait ce mot même — est chaud.
Anaximène a déclaré que le principe est l'air infini, d'où naissent les choses qui sont, qui ont été et qui seront, ainsi que les dieux et les choses divines, le reste provenant de ses produits.
Lieux clés
Riche cité grecque d'Ionie, sur la côte d'Asie Mineure, berceau de la première philosophie. Anaximène y naît, y enseigne et y meurt.
Région des cités grecques de la côte égéenne d'Asie Mineure, foyer culturel et commercial où s'épanouit la pensée des présocratiques.
Place publique où se tenaient le marché et les discussions ; lieu probable où Anaximène échangeait avec ses élèves et concitoyens.
Capitale du royaume de Lydie puis de la satrapie perse, centre du pouvoir régional qui domina l'Ionie après 546 av. J.-C.
Grand sanctuaire d'Apollon proche de Milet, célèbre pour son oracle ; haut lieu religieux de la région ionienne au temps d'Anaximène.
Objets typiques

Petite tablette de bois recouverte de cire sur laquelle on gravait avec un stylet pour noter et effacer ses pensées. Outil quotidien du penseur grec pour ébaucher ses raisonnements.

Support d'écriture importé d'Égypte sur lequel les premiers philosophes consignaient leurs traités « Sur la nature ». Le livre d'Anaximène circulait sous cette forme.

Simple tige plantée verticalement dont l'ombre permet de mesurer le temps et de suivre la course du Soleil. Instrument astronomique hérité par les Milésiens des Babyloniens.

Sac de peau gonflé d'air, image concrète du principe d'Anaximène : l'air invisible mais bien réel, capable d'occuper et de soutenir l'espace.

Grande pièce de laine drapée sur le corps, vêtement caractéristique du citoyen et du philosophe grec. Anaximène l'aurait porté pour enseigner sur l'agora.

Petite lampe d'argile brûlant de l'huile d'olive, qui éclairait les soirées d'étude et de discussion. La flamme illustrait pour Anaximène l'air le plus raréfié devenu feu.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Tags
Vie quotidienne
Matin
Au lever du jour, Anaximène se rend sans doute sur le port animé de Milet ou sur l'agora, observant le ciel, les vents et la mer. Le matin est propice à l'observation des astres au moment où ils pâlissent et à la discussion avec ses élèves.
Après-midi
L'après-midi se passe en enseignement et en échanges : il commente la nature, dessine peut-être ses schémas du cosmos sur une tablette et répond aux questions de ses disciples. Il poursuit la tradition d'Anaximandre tout en y apportant ses propres idées.
Soir
Le soir, à la lueur d'une lampe à huile, il peut écrire quelques lignes de son traité « Sur la nature » ou participer à un repas entre amis. La nuit claire d'Ionie offre un magnifique théâtre pour observer les étoiles.
Alimentation
Comme tout Grec de l'époque, il mange surtout du pain d'orge ou de blé, des olives, du fromage de chèvre, des légumes secs et du poisson, abondant sur la côte. Le vin coupé d'eau accompagne les repas.
Vêtements
Il porte une tunique de lin ou de laine (chitôn) couverte d'un grand manteau drapé (himation), avec des sandales de cuir. La barbe et les cheveux soignés signalent l'homme libre et respecté.
Habitat
Il habite une maison grecque modeste en briques crues et pierre, organisée autour d'une cour intérieure. Les pièces sont sobres, ouvertes sur la lumière de la Méditerranée.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Sur la nature (Peri physeôs)
VIe siècle av. J.-C.
La théorie de l'air comme principe (archè)
VIe siècle av. J.-C.
Le mécanisme de condensation et raréfaction
VIe siècle av. J.-C.
Cosmologie de la Terre et des astres flottants
VIe siècle av. J.-C.
Théorie de l'âme-souffle
VIe siècle av. J.-C.






