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Angrboða

Angrboda

MythologieMoyen ÂgeMythologie nordique — transmise oralement puis consignée dans les Eddas islandaises au XIIIe siècle

Géante de la mythologie nordique, Angrboða est la compagne de Loki et mère de trois êtres redoutables : le loup Fenrir, le serpent Jörmungandr et la déesse Hel. Elle incarne les forces du chaos et de la destruction à venir lors du Ragnarök.

Faits marquants

  • Mère de Fenrir, le loup géant destiné à dévorer Odin lors du Ragnarök
  • Mère de Jörmungandr, le serpent du Midgard qui encercle le monde
  • Mère de Hel, la souveraine du royaume des morts (Niflheim)
  • Son nom signifie approximativement « celle qui porte le chagrin » en vieux norrois
  • Mentionnée dans la Prose Edda de Snorri Sturluson (vers 1220) et dans la Poétique Edda

Œuvres & réalisations

Maternité de Fenrir, Jörmungandr et Hel (Temps mythique)

L'acte fondateur d'Angrboða dans la mythologie nordique : donner naissance aux trois entités qui scellent le destin du cosmos. Sans elle, les trois moteurs principaux du Ragnarök n'existeraient pas.

Edda en prose (Prose Edda) — Snorri Sturluson (vers 1220)

Premier texte à mentionner explicitement Angrboða par son nom comme mère des trois monstres cosmiques. Rédigée en vieux norrois islandais, cette œuvre a transmis les mythes nordiques jusqu'à nous.

Völuspá (La Prophétie de la Völva) (IXe-Xe siècle)

Poème cosmogonique et eschatologique de l'Edda poétique décrivant la Forêt de Fer et les loups nourris par la géante, préfigurant le Ragnarök. L'une des sources les plus importantes de la mythologie nordique.

Lokasenna (La Querelle de Loki) (IXe-Xe siècle)

Poème eddique dans lequel Loki revendique son union avec Angrboða et leur progéniture monstrueuse lors d'un festin divin, plaçant la géante au cœur de la généalogie du chaos nordique.

Hyndluljóð (Le Chant de Hyndla) (Xe-XIe siècle)

Poème de l'Edda poétique dans lequel Angrboða est nommée parmi les grandes figures féminines mythologiques dotées de pouvoirs prophétiques, enrichissant sa dimension de voyante et de magicienne.

Codex Regius (vers 1270)

Précieux manuscrit islandais regroupant les poèmes de l'Edda poétique. Sa mise par écrit a permis la conservation des mythes nordiques évoquant Angrboða pour les générations suivantes.

Anecdotes

Angrboða, dont le nom vieux-norrois signifie littéralement « celle qui annonce la peine », vivait au cœur de la sombre forêt de Járnviðr, la Forêt de Fer, à l'est de Midgard. Ce lieu terrifiant était peuplé de géantes et de loups aux allures monstrueuses. C'est là qu'elle régnait telle une reine des ténèbres, attendant l'heure du Ragnarök.

De son union avec le dieu rusé Loki, Angrboða donna naissance à trois êtres qui devaient sceller le destin du monde : le loup colossal Fenrir, le grand serpent Jörmungandr qui encercle les mers, et Hel, la déesse des morts au visage mi-vivant mi-cadavre. Les dieux d'Asgard, effrayés par ces créatures, les arrachèrent à leur mère et les dispersèrent aux quatre coins du cosmos.

Dans le poème eddique Hyndluljóð, Angrboða est présentée comme une völva — une prophétesse capable de voir le passé, le présent et l'avenir. Cette dimension divinatoire la rapproche des grandes figures féminines de la mythologie nordique, comme la Völva du Völuspá qui prédit la fin du monde aux dieux impuissants.

Selon la Völuspá, dans la forêt de Járnviðr, une vieille géante identifiée à Angrboða nourrit la race des loups et donne naissance à Fenrir. Cette image d'une mère nourrissant les forces destructrices du Ragnarök en fait l'un des personnages les plus redoutables du panthéon nordique, à la fois mère aimante et incarnation du chaos à venir.

Lorsque les dieux décidèrent d'enchaîner Fenrir avec le lien magique Gleipnir, de jeter Jörmungandr dans les profondeurs de l'océan et d'envoyer Hel gouverner le royaume des morts, ils séparèrent Angrboða de tous ses enfants. Cette dispersion forcée n'était pas sans conséquences : les trois enfants, cantonnés à leurs domaines respectifs, attendaient le Ragnarök pour se libérer et rejoindre leur mère dans la destruction finale.

Sources primaires

Edda en prose — Gylfaginning (Snorri Sturluson) (vers 1220)
Loki engendra également des enfants avec la géante Angrboða dans Jötunheimr. Ils étaient au nombre de trois : le premier était le loup Fenrir, le second était le Serpent de Midgard, et le troisième était Hel.
Völuspá (La Prophétie de la Völva) — Edda poétique (IXe-Xe siècle (mise par écrit vers 1270, Codex Regius))
Dans la forêt de Járnviðr siégeait la vieille, nourrissant les enfants de Fenrir ; l'un d'eux, entre tous, sera le ravisseur de la Lune, gorgé du sang des hommes mourants.
Lokasenna (La Querelle de Loki) — Edda poétique (IXe-Xe siècle (mise par écrit vers 1270, Codex Regius))
Loki revendique avec fierté ses unions avec Angrboða et se vante de la progéniture monstrueuse née de cette relation, que les dieux ont tenté en vain de contenir.
Hyndluljóð (Le Chant de Hyndla) — Edda poétique (Xe-XIe siècle (mise par écrit XIIIe siècle))
Angrboða est nommée parmi les grandes figures féminines des origines, associée aux géantes dotées du pouvoir de prophétie et de seiðr, dont la lignée pèse sur le destin des dieux.

Voir aussi