Chanteuse de jazz américaine (1919-2006), figure majeure du chant swing puis bebop. Révélée comme vocaliste des grands orchestres de Gene Krupa et Stan Kenton, elle s'imposa par son phrasé rythmique et percussif et son art du scat.
Anita O'Day(1919 — 2006)
Anita O'Day
États-Unis
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1919 : naissance à Chicago sous le nom d'Anita Belle Colton
- 1941 : succès du duo « Let Me Off Uptown » avec Roy Eldridge au sein de l'orchestre de Gene Krupa
- 1944-1945 : chante avec le big band de Stan Kenton (« And Her Tears Flowed Like Wine »)
- 1958 : performance mémorable au Festival de jazz de Newport, immortalisée dans le film « Jazz on a Summer's Day » (1960)
- 1981 : publication de son autobiographie « High Times Hard Times », évoquant sa carrière et ses années de toxicomanie
- 2006 : mort à Los Angeles
Œuvres & réalisations
Tube swing en duo qui la révèle au grand public ; le dialogue chanté blanc-noir y est remarquable pour l'époque.
Succès avec l'orchestre de Stan Kenton qui assoit sa renommée de vocaliste de big band.
Album solo chez Verve, souvent considéré comme l'un des sommets du jazz vocal des années 1950.
Album Verve mettant en valeur son swing et son sens du rythme dans des standards.
Enregistré avec le quartette d'Oscar Peterson, un disque virtuose qui montre sa complicité avec des solistes de premier plan.
Prestation scénique filmée devenue un classique absolu du chant jazz, mêlant scat et improvisation.
Autobiographie franche où elle évoque sa carrière, son art et sa lutte contre la dépendance.
Anecdotes
Enfant, Anita O'Day subit une opération des amygdales au cours de laquelle le chirurgien lui retira par erreur la luette. Privée de cet organe, elle ne put jamais tenir longuement une note ni développer un vibrato. Plutôt qu'un handicap, elle fit de cette particularité sa signature : un chant court, rythmé et percussif qui imitait le phrasé d'un instrument à vent.
Née Anita Belle Colton, elle choisit très jeune le nom de scène « O'Day ». En argot codé (le pig latin), « O'Day » est une déformation de l'anglais « dough », qui signifie « du fric ». Une manière malicieuse d'afficher son ambition : vivre de sa voix.
En 1941, avec l'orchestre de Gene Krupa, elle enregistre « Let Me Off Uptown » en duo avec le trompettiste noir Roy Eldridge. Le disque, où elle lance le fameux « Blow, Roy, blow! » juste avant le solo de trompette, devient un énorme succès. À une époque de forte ségrégation, voir une chanteuse blanche et un musicien noir partager ainsi la vedette était audacieux.
Anita O'Day détestait le mot « canary » (canari), qui désignait alors les jolies chanteuses décoratives des orchestres. Pour prouver qu'elle était une musicienne à part entière, elle exigea de porter sur scène la même veste d'uniforme que les instrumentistes, au lieu d'une robe de soirée.
Au festival de jazz de Newport en 1958, filmée pour le documentaire « Jazz on a Summer's Day », elle apparaît coiffée d'un grand chapeau à plumes et gantée de blanc. Ses versions survoltées de « Sweet Georgia Brown » et « Tea for Two » sont restées parmi les moments les plus célèbres du film et de l'histoire du chant jazz.
Sources primaires
Échange parlé lançant le solo de trompette : « Hey Roy! — What? — Are you gonna give? » puis « Blow, Roy, blow! »
On y voit Anita O'Day, robe noire, gants blancs et chapeau à large bord, interpréter « Sweet Georgia Brown » et « Tea for Two » devant la foule de Newport, transformant la mélodie en improvisation rythmique.
Elle y raconte comment l'ablation accidentelle de sa luette l'empêcha de tenir les notes et de faire du vibrato, l'orientant vers un style « instrumental », ainsi que ses années de dépendance aux drogues.
Succès swing de l'orchestre de Stan Kenton porté par le phrasé syncopé d'Anita O'Day, qui confirme sa réputation auprès du grand public.
Lieux clés
Ville de naissance où, adolescente pendant la Grande Dépression, elle participe à des marathons de danse et débute dans les clubs.
Capitale du jazz où elle enregistre avec les grands orchestres et côtoie l'effervescence du swing puis du bebop.
Lieu du festival de jazz de 1958 où sa performance, filmée pour « Jazz on a Summer's Day », devint mythique.
Centre des studios d'enregistrement et de la vie musicale de la Côte Ouest où se déroule une partie de sa carrière solo.
Ville où elle passe ses dernières années et où elle meurt en 2006.
Objets typiques

Son véritable instrument : elle l'utilisait comme un soliste, dosant le souffle et l'attaque pour compenser l'absence de vibrato.

Elle exigea de porter la même veste d'uniforme que les musiciens de l'orchestre de Gene Krupa pour être traitée en instrumentiste, et non en chanteuse décorative.

Élément de sa tenue iconique au festival de Newport en 1958, vue dans « Jazz on a Summer's Day ».

Le grand chapeau qu'elle porte à Newport est devenu indissociable de son image la plus célèbre.

Format des premiers succès des années 1940 comme « Let Me Off Uptown », diffusés par les juke-box et la radio.

Support de ses chefs-d'œuvre de chanteuse soliste des années 1950, comme « Anita » et « Anita Sings the Most ».

Pendant des années, elle sillonna les États-Unis en autobus avec les big bands, de salle de bal en salle de bal.
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Vie quotidienne
Matin
Les matins de tournée commençaient tard, car les concerts se terminaient au cœur de la nuit. Réveil à l'hôtel d'une nouvelle ville, café et préparation des bagages avant de reprendre la route avec l'orchestre.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux déplacements en autobus entre deux villes, aux répétitions et aux balances de son dans la salle de bal ou le théâtre du soir. Il fallait aussi répéter les nouveaux arrangements écrits pour la voix.
Soir
La soirée appartenait à la scène : plusieurs sets enchaînés devant des danseurs ou un public de club, avec l'orchestre. Anita y déployait son scat et son phrasé percussif, parfois jusqu'à très tard.
Alimentation
La vie de tournée imposait des repas irréguliers, pris dans des cafétérias et des restaurants de bord de route, beaucoup de café et de cigarettes. Ce rythme épuisant favorisa malheureusement, à une époque, l'usage de drogues répandu dans le milieu.
Vêtements
Au début, elle imposa la veste d'uniforme de l'orchestre pour être vue comme une musicienne. Plus tard, en soliste, elle adopta des tenues élégantes et son célèbre ensemble robe, gants blancs et grand chapeau de Newport.
Habitat
Sa vie se déroula surtout entre chambres d'hôtel au gré des tournées et appartements à Chicago, New York puis en Californie, sans véritable foyer fixe pendant ses années de big band.






