Élisabeth Vigée Le Brun
Élisabeth Vigée Le Brun
1755 — 1842
France
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Faits marquants
Œuvres & réalisations
Version officielle du portrait de la reine, remplaçant la toile controversée à la robe de mousseline. Ce tableau codifie l'image majestueuse mais accessible de Marie-Antoinette et fut décliné en de nombreuses copies pour les ambassades.
Hommage direct à l'autoportrait de Rubens conservé à Londres, cette œuvre audacieuse montre l'artiste tenant sa palette et ses pinceaux. Elle affirme sa maîtrise technique et sa conscience de sa place dans l'histoire de l'art.
Portrait scandaleux retiré du Salon de 1783, représentant la reine dans une tenue simple inspirée du goût néoclassique. Il illustre la volonté de Vigée Le Brun de moderniser le portrait de cour.
Grand portrait d'apparat destiné à redorer l'image de la reine auprès du public. Vigée Le Brun y dépeint Marie-Antoinette comme une mère aimante, anticipant l'iconographie romantique de la maternité.
Tableau allégorique présenté lors de l'admission de Vigée Le Brun à l'Académie royale. Cette œuvre à sujet mythologique démontrait sa capacité à dépasser le portrait pour aborder les genres nobles.
L'une des œuvres les plus célèbres de l'artiste, représentant la peintre embrassant tendrement sa fille. Ce tableau illustre la fusion entre l'art du portrait et les nouvelles valeurs sentimentales du siècle des Lumières.
Réalisé à Saint-Pétersbourg, ce portrait est représentatif de la production russe de Vigée Le Brun, alliant raffinement psychologique et élégance formelle. Il témoigne de son succès auprès de l'aristocratie européenne.
Anecdotes
Élisabeth Vigée Le Brun réalisa le portrait de Marie-Antoinette sans robe à panier en 1783, présentant la reine dans une simple robe de mousseline blanche. Le tableau fit scandale à l'exposition du Salon : on accusa la reine de se faire peindre en chemise, et l'œuvre dut être retirée puis remplacée par une version plus formelle.
Le soir de la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, Vigée Le Brun donnait un souper costumé à thème grec chez elle, rue du Gros-Chenet à Paris. Ce festin fastueux, rapporté dans ses Souvenirs, fut plus tard utilisé contre elle comme preuve de son aristocratisme, forçant son exil dès octobre 1789.
Durant son exil, Vigée Le Brun fut accueillie en triomphe dans toutes les cours d'Europe : Rome, Vienne, Saint-Pétersbourg, Londres. À Saint-Pétersbourg, la tsarine lui commanda de nombreux portraits et elle fut élue membre de l'Académie impériale des beaux-arts, une distinction rarissime pour une femme étrangère.
Vigée Le Brun fut admise à l'Académie royale de peinture et de sculpture en 1783, le même jour que sa rivale Adélaïde Labille-Guiard. Cette double admission exceptionnelle fit grincer des dents : les académiciens n'acceptaient habituellement que quatre femmes, et certains protestèrent que leur talent était exagéré par leurs relations à la cour.
Dans ses Souvenirs rédigés à plus de soixante-dix ans, Vigée Le Brun décrit avec précision sa méthode pour peindre les carnations : elle mélangeait ses couleurs à l'avance sur une palette spéciale et s'astreignait à ne jamais utiliser de noir pur, lui préférant des tons chauds pour rendre la vie de la peau. Elle peignit plus de 660 portraits au cours de sa carrière.
Sources primaires
J'avais une telle passion pour mon art que, souvent, en commençant un portrait, je ne me donnais pas le temps de manger. Je travaillais du matin au soir sans m'apercevoir que les heures s'écoulaient.
Mme Le Brun est venue faire mon portrait en pied avec ma fille. Elle est fort agréable et peint avec une rapidité surprenante.
Mademoiselle Vigée, épouse Le Brun, a été reçue académicienne sur la présentation de son tableau représentant la Paix ramenant l'Abondance.
Sa Majesté Impériale m'a fait l'honneur de venir voir mon atelier et m'a commandé plusieurs portraits de la famille impériale. Je suis comblée d'honneurs dans ce pays.
Lieux clés
C'est dans cet atelier parisien que Vigée Le Brun travailla dans les années 1780 et reçut les plus grands personnages, dont Marie-Antoinette. Elle y organisa également le célèbre souper grec de juillet 1789.
Vigée Le Brun fut régulièrement conviée à Versailles pour portraiturer la famille royale. Elle y réalisa une vingtaine de portraits de Marie-Antoinette entre 1778 et 1789, devenant la peintre officieuse de la reine.
Première étape de son exil en 1789-1790, l'Italie lui permit d'étudier les maîtres anciens et d'asseoir sa réputation internationale. Elle y fut élue membre de l'Académie de Saint-Luc à Rome.
Vigée Le Brun séjourna six ans en Russie (1795-1801), y peignant la haute noblesse et la famille impériale. Elle fut élue membre de l'Académie impériale des beaux-arts, consécration de sa renommée européenne.
Dans cette localité proche de Paris, Vigée Le Brun acquit une maison de campagne en 1820 où elle passa ses dernières années, peignant des paysages et recevant ses amis.
Objets typiques
Vigée Le Brun préparait soigneusement ses mélanges de couleurs avant chaque séance, évitant le noir pur et privilegiant les tons chauds. Sa palette particulière lui permettait d'obtenir des carnations lumineuses qui firent sa réputation.
Les peintres du XVIIIe siècle utilisaient de grands miroirs pour vérifier la composition inversée de leurs œuvres. Vigée Le Brun en fit également usage pour ses nombreux autoportraits, genre dans lequel elle excellait.
Ce vêtement léger et naturel, hérité des influences néoclassiques, est au cœur du scandale de 1783 lorsqu'elle peignit Marie-Antoinette dans cette tenue jugée trop simple pour une reine. Il symbolise le tournant esthétique vers un idéal de naturel au XVIIIe siècle.
Comme beaucoup d'artistes de son temps influencés par le néoclassicisme, Vigée Le Brun collectionnait les moulages et répliques d'antiques. Ses autoportraits et ses mises en scène de modèles s'inspirent souvent des poses de la statuaire grecque et romaine.
Durant ses douze années d'exil à travers l'Europe, Vigée Le Brun consignait ses observations sur les cours, les paysages et les arts. Ces notes nourriront ses Souvenirs publiés à la fin de sa vie.
Héritière de la tradition pastelliste de son père, Vigée Le Brun maîtrisait également ces techniques pour les études préparatoires et les portraits de cabinet, plus intimes et rapides que les grandes huiles.
Programmes scolaires
Vie quotidienne
Matin
Vigée Le Brun se levait tôt et consacrait les premières heures du jour à la préparation de sa palette et de ses pigments. Elle recevait ses modèles dès le matin pour profiter de la lumière naturelle, condition indispensable pour peindre les carnations. Une séance de pose pouvait durer deux à trois heures avant une pause.
Après-midi
L'après-midi était souvent consacré aux retouches, aux seconds plans et aux drapés, travaux moins exigeants en lumière naturelle. Elle recevait également des visiteurs dans son atelier — collectionneurs, critiques, amis artistes — et correspondait avec ses commanditaires européens. En période de Salon, elle supervisait l'encadrement et l'accrochage de ses œuvres.
Soir
Les soirées de Vigée Le Brun étaient très mondaines : elle fréquentait les salons littéraires et musicaux de l'aristocratie parisienne, où elle côtoyait philosophes, compositeurs et écrivains. Elle organisait elle-même des dîners réputés dans son hôtel particulier, mêlant artistes et grands de la cour dans une atmosphère de gaieté cultivée qu'elle décrit avec nostalgie dans ses Souvenirs.
Alimentation
La cuisine française du XVIIIe siècle régnait sur sa table : bouillons, rôtis, pâtisseries fines et vins de Bourgogne. Vigée Le Brun mentionne dans ses Souvenirs qu'elle mangeait souvent peu et tardivement lorsqu'elle était absorbée par son travail. Lors de ses voyages, elle s'adapta aux cuisines locales, appréciant notamment les mets italiens et russes.
VĂŞtements
En tant que portraitiste des élites, Vigée Le Brun soignait particulièrement son apparence. Elle portait souvent des robes de soie ou de satin aux couleurs délicates, parfois agrémentées de dentelle ou de fourrure. Dans son atelier, elle travaillait dans des tenues plus pratiques, comme en témoigne son célèbre autoportrait au châle turban, alliant confort et élégance.
Habitat
À Paris, Vigée Le Brun habitait un hôtel particulier rue du Gros-Chenet, dont l'atelier lumineux à hautes fenêtres était à la fois lieu de travail et salon de réception. Durant son exil, elle logea dans des appartements meublés de grand standing à Rome, Vienne, Saint-Pétersbourg et Londres, toujours dans des quartiers fréquentés par l'aristocratie locale. À Louveciennes, elle finit sa vie dans une maison de campagne entourée d'un jardin qu'elle aimait peindre.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie

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Images used on Découvertes Gallimard book covers
Self-portrait

Salon of the Raczyński Palace in Warsaw - Vigée-Lebrun
Style visuel
Style néoclassique élégant influencé par Rubens, avec des tons chauds et lumineux, des figures féminines idéalisées et une attention particulière aux textures de la soie, de la dentelle et des carnations.
Prompt IA
Elegant 18th-century French Rococo and early Neoclassical painting style. Warm, luminous palette with creamy whites, soft pinks, golden ochres, and delicate blues. Graceful female figures in loose muslin or rich silk gowns, portrayed with natural yet idealized poses inspired by antique sculpture. Soft, diffused lighting emphasizing luminous skin tones and silky textures. Lush backgrounds suggesting garden settings or draped velvet curtains. Fine brushwork rendering lace details, feathered hats, jewels, and delicate fabrics with tactile precision. Intimate psychological depth in the faces, conveying intelligence and emotional nuance.
Ambiance sonore
Ambiance feutrée d'un atelier parisien du XVIIIe siècle, mêlant les sons de la création picturale aux bruits d'une société aristocratique raffinée.
Prompt IA
Sounds of an 18th-century Parisian painter's atelier: the soft scraping of a brush on canvas, the gentle clinking of glass paint jars being opened, the crackling of a fireplace warming a high-ceilinged studio. Occasional sounds of a harpsichord playing softly in an adjacent salon, the distant rumble of carriage wheels on cobblestones below, the rustling of heavy silk dresses as aristocratic sitters shift position. Quiet murmur of polite conversation between artist and model, the scratching of quill on paper as notes are taken, birdsong from a garden courtyard drifting through tall windows.
Source du portrait
Wikimedia Commons — domaine public — Élisabeth Louise Vigée Le Brun — 1782
Aller plus loin
Références
Ĺ’uvres
Autoportrait au chapeau de paille
1782
Marie-Antoinette en robe de mousseline (dit 'en chemise')
1783
Marie-Antoinette et ses enfants
1787
Portrait de la comtesse Golovine
1797-1800



