Élisabeth Vigée Le Brun(1755 — 1842)
Élisabeth Vigée Le Brun
France
9 min de lecture
Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1842) est l'une des plus grandes portraitistes du XVIIIe siècle. Peintre officielle de Marie-Antoinette, elle réalise plus de 660 portraits avant de fuir la Révolution française. Première femme admise à l'Académie royale de peinture, elle incarne l'excellence féminine dans un monde artistique dominé par les hommes.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Je n'ai jamais perdu le goût du travail ; c'est lui qui m'a soutenue dans les moments les plus pénibles de ma vie. »
« Le travail est le grand remède à toutes les peines. »
Faits marquants
- 1776 : admise à l'Académie de Saint-Luc, elle commence sa carrière comme portraitiste de la haute société parisienne
- 1779 : premier portrait de Marie-Antoinette, devenant la peintre attitrée de la reine de France
- 1783 : élue à l'Académie royale de peinture et de sculpture, l'une des rares femmes à y accéder
- 1789 : fuit Paris à la veille de la Révolution française et parcourt l'Europe pendant douze ans (Italie, Autriche, Russie)
- 1835-1837 : rédige ses Souvenirs, mémoires précieux sur la vie artistique et aristocratique de son époque
Œuvres & réalisations
Version officielle du portrait de la reine, remplaçant la toile controversée à la robe de mousseline. Ce tableau codifie l'image majestueuse mais accessible de Marie-Antoinette et fut décliné en de nombreuses copies pour les ambassades.
Hommage direct à l'autoportrait de Rubens conservé à Londres, cette œuvre audacieuse montre l'artiste tenant sa palette et ses pinceaux. Elle affirme sa maîtrise technique et sa conscience de sa place dans l'histoire de l'art.
Portrait scandaleux retiré du Salon de 1783, représentant la reine dans une tenue simple inspirée du goût néoclassique. Il illustre la volonté de Vigée Le Brun de moderniser le portrait de cour.
Grand portrait d'apparat destiné à redorer l'image de la reine auprès du public. Vigée Le Brun y dépeint Marie-Antoinette comme une mère aimante, anticipant l'iconographie romantique de la maternité.
Tableau allégorique présenté lors de l'admission de Vigée Le Brun à l'Académie royale. Cette œuvre à sujet mythologique démontrait sa capacité à dépasser le portrait pour aborder les genres nobles.
L'une des œuvres les plus célèbres de l'artiste, représentant la peintre embrassant tendrement sa fille. Ce tableau illustre la fusion entre l'art du portrait et les nouvelles valeurs sentimentales du siècle des Lumières.
Réalisé à Saint-Pétersbourg, ce portrait est représentatif de la production russe de Vigée Le Brun, alliant raffinement psychologique et élégance formelle. Il témoigne de son succès auprès de l'aristocratie européenne.
Anecdotes
Élisabeth Vigée Le Brun réalisa le portrait de Marie-Antoinette sans robe à panier en 1783, présentant la reine dans une simple robe de mousseline blanche. Le tableau fit scandale à l'exposition du Salon : on accusa la reine de se faire peindre en chemise, et l'œuvre dut être retirée puis remplacée par une version plus formelle.
Le soir de la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, Vigée Le Brun donnait un souper costumé à thème grec chez elle, rue du Gros-Chenet à Paris. Ce festin fastueux, rapporté dans ses Souvenirs, fut plus tard utilisé contre elle comme preuve de son aristocratisme, forçant son exil dès octobre 1789.
Durant son exil, Vigée Le Brun fut accueillie en triomphe dans toutes les cours d'Europe : Rome, Vienne, Saint-Pétersbourg, Londres. À Saint-Pétersbourg, la tsarine lui commanda de nombreux portraits et elle fut élue membre de l'Académie impériale des beaux-arts, une distinction rarissime pour une femme étrangère.
Vigée Le Brun fut admise à l'Académie royale de peinture et de sculpture en 1783, le même jour que sa rivale Adélaïde Labille-Guiard. Cette double admission exceptionnelle fit grincer des dents : les académiciens n'acceptaient habituellement que quatre femmes, et certains protestèrent que leur talent était exagéré par leurs relations à la cour.
Dans ses Souvenirs rédigés à plus de soixante-dix ans, Vigée Le Brun décrit avec précision sa méthode pour peindre les carnations : elle mélangeait ses couleurs à l'avance sur une palette spéciale et s'astreignait à ne jamais utiliser de noir pur, lui préférant des tons chauds pour rendre la vie de la peau. Elle peignit plus de 660 portraits au cours de sa carrière.
Sources primaires
J'avais une telle passion pour mon art que, souvent, en commençant un portrait, je ne me donnais pas le temps de manger. Je travaillais du matin au soir sans m'apercevoir que les heures s'écoulaient.
Mme Le Brun est venue faire mon portrait en pied avec ma fille. Elle est fort agréable et peint avec une rapidité surprenante.
Mademoiselle Vigée, épouse Le Brun, a été reçue académicienne sur la présentation de son tableau représentant la Paix ramenant l'Abondance.
Sa Majesté Impériale m'a fait l'honneur de venir voir mon atelier et m'a commandé plusieurs portraits de la famille impériale. Je suis comblée d'honneurs dans ce pays.
Lieux clés
C'est dans cet atelier parisien que Vigée Le Brun travailla dans les années 1780 et reçut les plus grands personnages, dont Marie-Antoinette. Elle y organisa également le célèbre souper grec de juillet 1789.
Vigée Le Brun fut régulièrement conviée à Versailles pour portraiturer la famille royale. Elle y réalisa une vingtaine de portraits de Marie-Antoinette entre 1778 et 1789, devenant la peintre officieuse de la reine.
Première étape de son exil en 1789-1790, l'Italie lui permit d'étudier les maîtres anciens et d'asseoir sa réputation internationale. Elle y fut élue membre de l'Académie de Saint-Luc à Rome.
Vigée Le Brun séjourna six ans en Russie (1795-1801), y peignant la haute noblesse et la famille impériale. Elle fut élue membre de l'Académie impériale des beaux-arts, consécration de sa renommée européenne.
Dans cette localité proche de Paris, Vigée Le Brun acquit une maison de campagne en 1820 où elle passa ses dernières années, peignant des paysages et recevant ses amis.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Autoportrait au chapeau de paille
1782
Marie-Antoinette en robe de mousseline (dit 'en chemise')
1783
Marie-Antoinette et ses enfants
1787
Portrait de la comtesse Golovine
1797-1800






