Aphra Behn (1640-1689) est la première femme anglaise à avoir vécu de sa plume. Dramaturge prolifique, romancière et espionne au service de Charles II, elle brisa les conventions de son époque en s'imposant dans le monde littéraire masculin.
Aphra Behn(1640 — 1689)
Aphra Behn
royaume d'Angleterre
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Money speaks sense in a language all nations understand.»
« Each moment of a happy lover's hour is worth an age of dull and common life.»
Faits marquants
- Née vers 1640 dans le Kent, en Angleterre
- Espionne pour le compte de Charles II aux Pays-Bas vers 1666
- Publie Oroonoko (1688), l'un des premiers romans anglais à dénoncer l'esclavage
- Écrit plus de 19 pièces de théâtre, dont The Rover (1677)
- Meurt en 1689 et est enterrée à l'abbaye de Westminster
Œuvres & réalisations
Première pièce de Behn, jouée avec succès pendant six nuits. Elle marque son entrée dans le monde du théâtre professionnel et établit d'emblée ses thèmes de prédilection : le mariage contraint et la liberté féminine.
Son chef-d'œuvre dramatique, mettant en scène des cavaliers royalistes exilés et leurs aventures amoureuses à Naples. La pièce fut un triomphe et reste aujourd'hui la plus jouée de son répertoire.
Comédie audacieuse sur les mariages d'argent et la liberté des femmes. Behn y affirma dans sa préface son droit égal à explorer des sujets 'masculins', provoquant un vif débat critique.
Recueil poétique mêlant poèmes amoureux, érotiques et politiques. Il démontre la maîtrise de Behn dans un genre jusqu'alors dominé par les hommes.
Roman proto-moderne racontant l'histoire d'un prince africain réduit en esclavage au Surinam. Considéré comme l'un des premiers textes anti-esclavagistes de la littérature anglaise, il influença le roman épistolaire et le roman sentimental du XVIIIe siècle.
Roman épistolaire en trois volumes inspiré d'un scandale aristocratique réel. Il est considéré comme l'un des premiers romans en prose de la littérature anglaise.
Anecdotes
En 1666, Aphra Behn fut envoyée à Anvers par Charles II comme espionne sous le nom de code 'Astrea'. Sa mission était de surveiller les plans de l'ennemi hollandais pendant la Seconde Guerre anglo-néerlandaise. Malgré ses rapports précieux, la Couronne ne lui remboursa jamais ses frais, et elle dut emprunter pour rentrer à Londres, risquant même la prison pour dettes.
Avant de devenir écrivaine, Aphra Behn séjourna au Surinam (actuel Suriname), colonie anglaise d'Amérique du Sud, où elle aurait assisté à la révolte d'un prince africain réduit en esclavage. Cette expérience inspira directement son roman Oroonoko (1688), l'un des premiers textes littéraires anglais à dénoncer la traite des esclaves.
Behn fut la première femme en Angleterre à vivre de sa plume de façon professionnelle. Elle répliqua aux critiques qui lui reprochaient son audace avec une ironie mordante : 'Je prétends au droit qu'ont les hommes d'errer librement.' Elle publia sous son propre nom à une époque où les femmes, au mieux, signaient 'A Lady'.
Sa pièce The Rover (1677) connut un succès immédiat sur les scènes londoniennes de la Restauration. Charles II lui-même assista à plusieurs représentations et l'apprécia, ce qui protégea Behn des censeurs les plus acharnés. La pièce fut rejouée pendant tout le XVIIIe siècle.
À sa mort en 1689, Aphra Behn fut enterrée dans le cloître de l'abbaye de Westminster, honneur rare accordé à une femme de lettres. Virginia Woolf, dans Une chambre à soi (1929), écrira plus de deux siècles plus tard que 'toutes les femmes qui écrivent doivent des fleurs à sa tombe'.
Sources primaires
I was myself an eye-witness to a great part of what you will find here set down; and what I could not be witness of, I received from the mouth of the chief actor in this history.
Willmore: 'Faith, Child, I was born a Rover; and a Rover I'll die; unless thou canst give me reasons for being otherwise.'
I have done my duty to my King and country to the utmost of my ability, and I humbly request that my charges may be reimbursed, having received nothing to support me in so costly an employment.
Love in fantastic triumph sat, / Whilst bleeding hearts around him flowed, / For whom fresh pains he did create, / And strange tyrannic power he showed.
All I ask, is the Privilege for my Masculine Part the Poet in me… if I must not, because of my Sex, have this Freedom… I lay down my Quill, and you shall hear no more of me.
Lieux clés
Cœur de la vie théâtrale de la Restauration, Covent Garden abritait cafés, théâtres et maisons d'édition que Behn fréquentait assidûment. C'est là qu'elle bâtit sa réputation de dramaturge.
En 1666, Behn y fut envoyée comme espionne sous le nom de code 'Astrea'. Elle y collecta des renseignements militaires sur la marine hollandaise pour le compte de Charles II.
Behn séjourna dans cette colonie anglaise vers 1663-1664. Elle y rencontra des esclaves africains et des peuples amérindiens, expérience qui nourrit directement son roman Oroonoko.
Lieu de sépulture d'Aphra Behn depuis 1689, dans les cloîtres de l'abbaye. Cet honneur posthume atteste de la reconnaissance publique de son importance littéraire.
Lieu probable de naissance d'Aphra Behn vers 1640. Ce village du comté du Kent symbolise ses origines modestes avant sa vie londonienne et ses voyages outremer.
Objets typiques

Outil quotidien de toute personne de lettres au XVIIe siècle. Behn s'en servait pour rédiger ses pièces, romans, poèmes et rapports d'espionne, souvent dans l'urgence financière.

Les pièces circulaient sous forme de manuscrits avant d'être copiées pour les acteurs. Behn en produisit dix-neuf, remis directement aux compagnies du Duke's Theatre ou du King's Theatre.

Lors de sa mission à Anvers en 1666, Behn utilisait des correspondances chiffrées et des noms de code — le sien était 'Astrea' — pour transmettre des renseignements à la Couronne anglaise.

La mode féminine de la Restauration imposait des corsets très structurés et des robes aux décolletés généreux. Behn, fréquentant les cercles aristocratiques et les coulisses des théâtres, devait soigner son apparence.

L'éclairage nocturne à Londres reposait sur les bougies. Behn, souvent contrainte d'écrire la nuit pour tenir ses délais, dépensait une part notable de ses revenus en bougies et chandelles.

L'essor de l'imprimerie permit à Behn de publier ses œuvres et ses opinions. Elle utilisa ce médium pour défendre publiquement le droit des femmes à écrire et à être rémunérées.
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Vie quotidienne
Matin
Aphra Behn se levait tôt dans sa modeste demeure londonienne, souvent dans le quartier animé de Covent Garden. Elle commençait sa journée en relisant ses pages de la veille à la lumière du jour, corrigeant et amendant ses manuscrits avant que les bruits de la rue ne perturbent sa concentration.
Après-midi
L'après-midi, elle se rendait aux répétitions au Duke's Theatre ou au Dorset Garden Theatre pour superviser la mise en scène de ses pièces, discuter avec les acteurs et négocier avec les directeurs de compagnie. Elle fréquentait aussi les cafés de Covent Garden, lieux de débat littéraire et politique où elle côtoyait poètes, satiristes et journalistes.
Soir
Les soirées étaient souvent consacrées aux représentations théâtrales, parfois en présence de Charles II. Après le spectacle, Behn participait aux soupers animés des cercles littéraires et aristocratiques, avant de rentrer écrire tard dans la nuit à la lueur des bougies pour tenir ses échéances.
Alimentation
Comme la majorité des Londoniens de condition modeste, elle consommait pain, fromage, viande bouilli et bière légère au quotidien. Lors des dîners avec des mécènes, elle accédait à des tables plus raffinées — rôtis, pâtés en croûte, vins français — dont le luxe contrastait avec ses difficultés financières ordinaires.
Vêtements
Behn portait les tenues caractéristiques des femmes de la classe moyenne cultivée sous la Restauration : robe en soie ou en laine aux couleurs sombres (bordeaux, ocre, noir), corset baleiné, col de dentelle et manchettes finement brodées. Ses vêtements, soignés mais jamais extravagants, reflétaient son ambition sociale sans aller au-delà de ses moyens souvent limités.
Habitat
Behn vivait dans des appartements loués à Londres, changeant plusieurs fois de logement au gré de ses difficultés financières. Ses pièces contenaient l'essentiel d'une femme de lettres : un bureau lourd chargé de manuscrits, une bibliothèque de livres empruntés ou achetés d'occasion, et le nécessaire à écrire toujours à portée de main.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
L'esthétique baroque de la Restauration anglaise : portraits à l'huile dans la tradition de Peter Lely, lumières de bougie, soieries sombres et ornements théâtraux dorés évoquant les scènes londoniennes du XVIIe siècle.
Ambiance sonore
L'univers sonore d'Aphra Behn mêle le brouhaha des théâtres londoniens de la Restauration, le crissement de la plume sur le parchemin dans une chambre modeste, et les bruits de rue de Covent Garden.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
The Forced Marriage, or The Jealous Bridegroom
1670
The Rover, or The Banished Cavaliers
1677
The Lucky Chance, or An Alderman's Bargain
1686
Poems upon Several Occasions, with A Voyage to the Island of Love
1684
Oroonoko, or the Royal Slave
1688
Love Letters Between a Nobleman and His Sister
1684-1687






