Brigitte Bardot(1934 — 2025)

Brigitte Bardot

France

8 min de lecture

SpectacleLettresMusiqueArtisteXXe siècleSeconde moitié du XXe siècle — Trente Glorieuses, société de consommation, libération des mœurs

Actrice, mannequin et chanteuse française, Brigitte Bardot devient dans les années 1950-1960 un symbole mondial de la féminité et de la liberté. Icône de la Nouvelle Vague et de la culture populaire, elle se retire du cinéma en 1973 pour se consacrer à la défense des animaux.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Brigitte Bardot, née en 1934 à Paris, n'était pas seulement une actrice, mannequin et chanteuse : elle a incarné un nouveau modèle de féminité dans les années 1950-1960. Ce qui la rend singulière, c'est qu'elle a symbolisé la libération des mœurs et la société de consommation des Trente Glorieuses, tout en restant une artiste reconnue par la Nouvelle Vague. Moins une simple star qu'un phénomène de société, elle a transformé Saint-Tropez en capitale du tourisme balnéaire et son image a été reproduite par Andy Warhol aux côtés de Marilyn Monroe.

Citations célèbres

« Je suis vraiment un animal. Je vis en harmonie avec les bêtes. »
« La vieillesse, c'est quelque chose de dépassé quand on a la santé. »

Faits marquants

  • 1934 : naissance à Paris dans une famille bourgeoise
  • 1952 : début de sa carrière cinématographique
  • 1956 : révélation internationale avec Et Dieu créa la femme de Roger Vadim
  • 1962 : Andy Warhol en fait une icône de la culture pop
  • 1973 : abandon du cinéma et création de la Fondation Brigitte Bardot pour la protection des animaux

Œuvres & réalisations

Et Dieu... créa la femme (1956)

Film de Roger Vadim qui propulse Bardot au rang de star mondiale. Tourné à Saint-Tropez, il révolutionne la représentation de la féminité au cinéma et lance la mode du balnéaire sur la Côte d'Azur.

En cas de malheur (1958)

Film de Claude Autant-Lara où Bardot donne la réplique à Jean Gabin. Ce film démontre sa capacité dramatique au-delà du sex-symbol et reçoit un accueil critique favorable.

Babette s'en va-t-en guerre (1959)

Comédie populaire qui confirme le statut de Bardot comme première star du cinéma français de la fin des années 1950, capable de mêler légèreté et présence à l'écran.

Le Mépris (1963)

Film de Jean-Luc Godard adapté du roman d'Alberto Moravia. Considéré comme l'un des chefs-d'œuvre de la Nouvelle Vague, il consacre Bardot comme actrice de prestige international aux côtés de Michel Piccoli.

La Madrague (chanson) (1963)

Chanson emblématique qui reste l'un des tubes les plus reconnus de la variété française des années 1960. Elle illustre le bonheur simple et la liberté de vivre au soleil, valeurs associées à l'image de Bardot.

Initiales B.B. (mémoires, tome 1 et 2) (1996-1999)

Autobiographie en deux volumes dans laquelle Bardot revient sur sa carrière, ses amours, son retrait du monde du spectacle et son engagement pour les animaux. Document de première main sur une époque et un milieu.

Anecdotes

En 1956, le film 'Et Dieu... créa la femme' de Roger Vadim, tourné à Saint-Tropez, transforme ce petit village de pêcheurs en destination mondiale. Des milliers de touristes affluent sur la Côte d'Azur pour apercevoir Bardot, changeant à jamais l'image et l'économie de la région.

Le philosophe Simone de Beauvoir consacre en 1959 un long essai à Brigitte Bardot dans le magazine américain Esquire, intitulé 'Brigitte Bardot and the Lolita Syndrome'. Elle y voit en BB une femme libre, indépendante des hommes, incarnant une nouvelle féminité — analyse inattendue de la part de la grande intellectuelle féministe.

En 1970, l'artiste pop Andy Warhol réalise une série de sérigraphies représentant Brigitte Bardot, aux côtés de Mao Zedong et Marilyn Monroe. Ce choix consacre BB comme icône mondiale de la culture populaire du XXe siècle, au même titre que les figures les plus photographiées de son époque.

En 1973, Brigitte Bardot annonce son retrait définitif du cinéma à l'âge de 39 ans pour se consacrer entièrement à la défense des animaux. Elle vend bijoux et fourrures pour financer sa fondation, créée en 1992, et mène des campagnes retentissantes contre le commerce des bébés phoques au Canada.

En 1999, le visage de Brigitte Bardot fut choisi comme modèle officiel pour la représentation de Marianne, symbole de la République française, sur les timbres-poste et les bustes des mairies — une reconnaissance nationale de son statut d'icône nationale, bien qu'elle-même ait eu une relation ambivalente avec les institutions françaises.

Sources primaires

Initiales B.B. — Mémoires (tome 1) (1996)
J'étais devenue un mythe et je ne savais pas trop quoi faire de ce mythe. Les gens ne voyaient plus la femme, ils voyaient l'image. Cette image m'a dévorée.
Le Carré de Pluton — Mémoires (tome 2) (1999)
J'ai tout quitté pour les animaux parce que les animaux ne mentent pas, ne trahissent pas, n'ont pas d'ambition. Ils m'ont sauvée.
Simone de Beauvoir, 'Brigitte Bardot and the Lolita Syndrome', Esquire (1959)
BB n'est ni perverse ni soumise ; elle est indépendante. Elle possède son corps sans y être prisonnière, elle en dispose comme un bien qui lui appartient.
Lettre ouverte de Brigitte Bardot au Premier ministre canadien contre la chasse aux phoques (1977)
Au nom de millions de personnes indignées, je vous demande d'arrêter ce massacre annuel de bébés phoques. La France et le monde entier regardent ce qui se passe sur vos glaces.

Lieux clés

Saint-Tropez (Var, France)

Bardot découvre Saint-Tropez en 1956 lors du tournage de 'Et Dieu... créa la femme'. Elle y achète La Madrague, villa qui deviendra son refuge, et transforme le village en capitale mondiale du tourisme balnéaire.

Paris, 16e arrondissement (appartement familial)

Née au 36 avenue de La Bourdonnais à Paris, Brigitte Bardot grandit dans un milieu bourgeois parisien. La capitale est le cadre de ses premières années de mannequinat et du lancement de sa carrière.

Studios de Boulogne-Billancourt

Les studios de cinéma de Boulogne-Billancourt furent le lieu de tournage de nombreux films français des années 1950-1960, dont plusieurs avec Bardot. Haut lieu de la production cinématographique française d'après-guerre.

La Madrague (villa, Saint-Tropez)

Villa acquise par Bardot en 1958, devenue son refuge permanent après son retrait du cinéma. Elle y a vécu recluse des décennies, se consacrant à sa fondation pour les animaux.

Terre-Neuve, Canada (glaces du golfe du Saint-Laurent)

En 1977, Bardot se rend sur les glaces canadiennes pour dénoncer la chasse aux bébés phoques. Les photos la montrant aux côtés d'un phoque blanc font le tour du monde et marquent l'histoire du militantisme écologique.

Voir aussi