Arman (1928-2005) est un artiste franco-américain fondateur du Nouveau Réalisme avec Yves Klein et Pierre Restany. Il est célèbre pour ses « accumulations » d'objets manufacturés et ses « destructions-reconstructions » qui questionnent la société de consommation.
Arman(1928 — 2005)
Arman
États-Unis, France
8 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1928 : naissance à Nice sous le nom d'Armand Pierre Fernandez
- 1960 : cofonde le Nouveau Réalisme avec Yves Klein et Pierre Restany
- 1960 : exposition « Le Plein » à la galerie Iris Clert, remplissant l'espace de déchets en réponse au « Vide » de Klein
- 1973 : s'installe définitivement à New York
- 2005 : décès à New York
Œuvres & réalisations
Performance et installation : Arman remplit du sol au plafond la Galerie Iris Clert à Paris avec des ordures et des déchets quotidiens. Œuvre fondatrice du Nouveau Réalisme, elle incarne la critique radicale de la société de consommation.
Première grande accumulation officielle : des objets identiques (boîtes, ustensiles) enfermés dans une boîte transparente. Cette série fondatrice pose les bases de la démarche sérielle et quantitative d'Arman.
Arman brise un violon et fixe ses fragments éclatés sur une planche. Œuvre emblématique des « Colères », elle explore la violence comme processus créateur et le paradoxe de la destruction qui révèle la structure cachée de l'objet.
Arman tranche des objets (instruments de musique, meubles) en sections régulières et les dispose en séquence. Ces œuvres, entre sculpture et dissection, révèlent l'anatomie des choses et questionnent l'intégrité des objets de la vie quotidienne.
Sculpture monumentale de dix-neuf mètres de hauteur à Jouy-en-Josas : soixante automobiles coulées dans du béton, commandée par la Fondation Cartier. L'œuvre est aujourd'hui l'un des monuments les plus connus de l'art public en France.
Installation monumentale à Beyrouth composée d'une accumulation de chars militaires de différentes armées. Érigée à la fin de la guerre civile libanaise, l'œuvre porte un message de mémoire collective et de réconciliation internationale.
Anecdotes
Arman est né Armand Pierre Fernandez à Nice en 1928. Vers 1957-1958, lors de l'impression d'un catalogue d'exposition, une erreur typographique fit disparaître le « d » final de son prénom. Au lieu de le corriger, l'artiste décida de conserver cette signature abrégée. Dès lors, il signa toutes ses œuvres simplement « Arman », un nom devenu aussi célèbre que mystérieux.
En 1960, Arman réalisa l'une des performances les plus spectaculaires de l'art contemporain : « Le Plein ». Après que son ami Yves Klein avait exposé une galerie entièrement vide en 1958 (« Le Vide »), Arman fit l'inverse : il remplit la Galerie Iris Clert à Paris du sol au plafond avec des ordures et des détritus. Les visiteurs ne pouvaient qu'observer la scène depuis la rue à travers la vitrine, interrogeant ainsi la société de consommation et ses déchets.
Arman entretenait une amitié profonde avec Yves Klein depuis leur jeunesse à Nice, où ils se lièrent notamment autour du judo — Arman obtint même une ceinture noire. Cette passion commune pour les arts martiaux et la création artistique fut un moteur essentiel pour la fondation du Nouveau Réalisme en octobre 1960, mouvement qui allait transformer l'histoire de l'art contemporain.
En 1982, Arman érigea à Jouy-en-Josas (Essonne) une sculpture monumentale intitulée « Long Term Parking » : soixante automobiles noyées dans un bloc de béton de dix-neuf mètres de hauteur. Commandée par la Fondation Cartier, cette œuvre est devenue l'un des symboles les plus frappants de sa dénonciation de la surproduction industrielle et de l'obsolescence programmée.
À la fin de sa vie, Arman laissa derrière lui une collection personnelle colossale d'objets en tout genre — instruments de musique, horloges, masques à gaz, tubes de peinture. Ce goût compulsif pour l'accumulation, qu'il transformait en œuvres d'art, se confondait avec sa propre existence : collectionner était pour lui non seulement une démarche artistique, mais une manière d'être au monde.
Sources primaires
Le Nouveau Réalisme enregistre, avec toutes les variétés expressives nécessaires, le caractère passionnant de la vie concrète. Ces nouvelles approches perceptives du réel sont en soi suffisantes pour définir une sociologie du sentiment, voire une poétique originale.
Ce qui m'intéresse dans l'accumulation, c'est précisément la quantité. Une cuillère, c'est une cuillère. Mille cuillères entassées, c'est quelque chose d'autre, une présence nouvelle, presque organique.
Arman convie le public à constater l'envahissement de l'espace d'exposition par l'accumulation des rebuts de la vie quotidienne, interrogeant ainsi la relation entre l'art, l'objet et le déchet.
Je ne choisis pas les objets pour leur beauté ou leur laideur, mais pour leur identité, leur répétition, leur caractère sériel. C'est la quantité qui crée la signification.
Lieux clés
Ville natale d'Arman, où il grandit et étudia à l'École Nationale d'Art Décoratif. C'est là qu'il rencontra Yves Klein, avec qui il forgea les amitiés et idées qui donneraient naissance au Nouveau Réalisme.
Lieu emblématique de l'avant-garde parisienne des années 1960, cette galerie de la rue des Beaux-Arts accueillit « Le Plein » en 1960, œuvre fondatrice d'Arman répondant directement au « Le Vide » de Klein.
Arman s'installa à New York en 1961 et y vécut jusqu'à sa mort en 2005. Cette ville lui permit de s'imposer sur le marché international de l'art et d'être en dialogue direct avec le mouvement Pop Art américain.
Commune d'Île-de-France où est érigée la sculpture monumentale « Long Term Parking » (1982) : soixante automobiles coulées dans un pilier de béton de dix-neuf mètres, œuvre incontournable de l'art public contemporain.
Arman y installa en 1995 « Hope for Peace », une accumulation de chars militaires de différentes armées du monde, symbole de réconciliation érigé à la fin de la guerre civile libanaise.
Objets typiques

Arman utilisait des violons comme matériaux de prédilection dans ses « Colères » : il les brisait, puis fixait les fragments éclatés sur un support. Ces œuvres questionnent la destruction comme acte créateur et le paradoxe de la beauté révélée par la fracture.

Contenant transparent emblématique des accumulations d'Arman, la boîte en plexiglas permet de voir et compter les objets emprisonnés tout en les préservant. Elle transforme le banal en ready-made collectif où la quantité devient signification.

Arman accumula des centaines de tubes de couleur tordus et vidés en hommage à la peinture elle-même. Cette série illustre son rapport ambigu à la tradition picturale : il la consume pour mieux l'interroger.

Symbole de la guerre et de la menace industrielle, le masque à gaz apparaît dans plusieurs accumulations d'Arman. Rangés en série dans leurs boîtes transparentes, ces objets évoquent à la fois la protection collective et l'horreur de la guerre moderne.

Les réveils et montres accumulés par Arman symbolisent la mesure du temps industriel, la répétition des jours et l'uniformisation de la vie moderne. Leurs mécanismes mis à nu évoquent la machine envahissant le quotidien.

La voiture est l'objet manifeste de la société de consommation des Trente Glorieuses. Arman en entassa soixante dans un bloc de béton pour « Long Term Parking », monument à l'obsolescence programmée et à la surproduction industrielle.
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Vie quotidienne
Matin
Arman commençait ses journées de travail tôt dans son vaste atelier, entouré de ses collections personnelles d'objets en tout genre. Il parcourait brocantes, marchés aux puces et entrepôts industriels pour dénicher les matériaux de ses futures accumulations.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la création proprement dite : sélectionner, disposer, coller ou briser les objets dans son atelier new-yorkais ou niçois. Il recevait aussi galeristes et collectionneurs, attentif à la diffusion internationale de son travail.
Soir
Le soir, Arman fréquentait les milieux artistiques parisiens puis new-yorkais, entretenant un réseau d'amitiés avec les figures majeures de l'avant-garde. Sa passion pour le judo, la musique et la collection d'art africain occupait aussi ses moments de détente.
Alimentation
Arman appréciait la cuisine méditerranéenne de son enfance niçoise, même depuis New York où il vivait la majorité de l'année. Il aimait recevoir amis et artistes autour de grandes tables, dans une convivialité qui reflétait son goût pour l'abondance et le partage.
Vêtements
Arman adoptait un style décontracté et élégant, à mi-chemin entre le chic français et la désinvolture new-yorkaise. Il portait volontiers des vestes sombres et des pulls à col roulé, tenue caractéristique des artistes et intellectuels de sa génération.
Habitat
Il partagea sa vie entre un appartement-atelier à New York et une résidence sur la Côte d'Azur. Ses intérieurs étaient envahis par ses collections personnelles — instruments de musique, objets africains, antiquités — un véritable musée privé en perpétuelle expansion.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Le Plein
1960
Accumulation n° 1
1962
Colère de violon
1963
Hope for Peace
1995






