Abbas Kiarostami (1940-2016) est un cinéaste, scénariste et photographe iranien, figure majeure du renouveau du cinéma iranien. Son œuvre, à la frontière du documentaire et de la fiction, lui a valu une reconnaissance mondiale.
Abbas Kiarostami(1940 — 2016)
Abbas Kiarostami
Iran
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1940 à Téhéran, il commence par étudier la peinture et le graphisme avant de se tourner vers le cinéma
- Cofonde en 1969 le département cinéma du Kanun (Institut pour le développement intellectuel des enfants et adolescents)
- Réalise la « trilogie de Koker » dans les années 1980-1990 (Où est la maison de mon ami ?, Et la vie continue, Au travers des oliviers)
- Remporte la Palme d'or au Festival de Cannes en 1997 pour « Le Goût de la cerise »
- Meurt à Paris en 2016 à l'âge de 76 ans
Œuvres & réalisations
Son tout premier court métrage, réalisé pour le Kanun. Il y montre déjà son intérêt pour les enfants et la vie quotidienne.
Un petit garçon cherche à rendre un cahier à son camarade. Ce film révèle Kiarostami au public international.
Reconstitution d'un fait divers réel où chacun rejoue son propre rôle. Une réflexion vertigineuse sur le cinéma et la vérité.
Après le séisme de 1990, un réalisateur part retrouver les enfants d'un de ses films. La vie l'emporte sur la catastrophe.
Dernier volet de la trilogie de Koker, sur un tournage et une histoire d'amour contrariée. Le film se déroule en partie en coulisses du cinéma lui-même.
Un homme cherche quelqu'un pour l'aider à mourir, et rencontre des interlocuteurs qui le ramènent à la vie. Le film remporte la Palme d'or à Cannes.
Un visiteur attend la mort d'une vieille femme dans un village kurde, et redécouvre la beauté du quotidien. Grand Prix du jury à Venise.
Premier long métrage tourné hors d'Iran, en Italie, avec Juliette Binoche. Une réflexion sur l'authenticité et l'illusion dans l'art et l'amour.
Anecdotes
Abbas Kiarostami portait presque toujours des lunettes teintées sombres, même à l'intérieur ou la nuit. Ces lunettes sont devenues sa marque de fabrique : on le reconnaissait immédiatement sur les tapis rouges des festivals, et il expliquait qu'elles l'aidaient à observer le monde à sa façon, comme à travers un objectif.
Kiarostami adorait filmer à l'intérieur des voitures, qu'il considérait comme de petits studios mobiles. Pour son film « Ten » (2002), il a fixé de minuscules caméras numériques sur le tableau de bord, puis a laissé les conversations se dérouler presque seules, parfois sans même être présent dans l'habitacle.
En juin 1990, un terrible tremblement de terre dévaste le nord de l'Iran, près du village de Koker où il avait tourné un film trois ans plus tôt. Inquiet pour les enfants qui y avaient joué, Kiarostami prend la route pour les retrouver. Il transforme ensuite ce voyage réel en un film, « Et la vie continue », brouillant la frontière entre documentaire et fiction.
Son film « Close-Up » (1990) raconte une histoire vraie et stupéfiante : un homme s'était fait passer pour le célèbre cinéaste Mohsen Makhmalbaf afin d'entrer dans une famille. Kiarostami a eu l'idée géniale de faire rejouer les événements par les vraies personnes, chacune incarnant son propre rôle, jusqu'au faux cinéaste et au vrai juge.
Alors que de nombreux artistes quittaient l'Iran après la révolution de 1979, Kiarostami a choisi d'y rester. Il comparait sa décision à un arbre : « Quand on déracine un arbre pour le transplanter ailleurs, il ne donne plus de fruits. » Il a continué à filmer dans son pays malgré la censure.
Sources primaires
Je crois en un cinéma qui donne davantage de possibilités et de temps au spectateur. Un cinéma à moitié créé, inachevé, qui ne s'accomplit que grâce à l'esprit créatif du spectateur.
On ne peut s'approcher de la vérité qu'à travers le mensonge.
Je préfère les films qui endorment le spectateur dans la salle. Certains films m'ont fait somnoler, mais ce sont les mêmes qui m'ont tenu éveillé toute la nuit.
Quand on prend un arbre enraciné dans la terre et qu'on le transplante d'un endroit à un autre, l'arbre ne porte plus de fruits.
Lieux clés
Capitale de l'Iran où Kiarostami est né, a grandi et a travaillé toute sa vie. Il y filmait souvent les rues et les collines environnantes.
Lieu de sa formation, où il étudie la peinture et le graphisme. Il y développe le sens de la composition visuelle qui marquera ses films.
Village et campagnes du nord de l'Iran où il tourne sa célèbre « trilogie de Koker ». La région fut frappée par le séisme de 1990.
Ville du sud de la France où se tient le Festival de Cannes. Kiarostami y reçoit la Palme d'or en 1997 pour « Le Goût de la cerise ».
Ville italienne dont la Mostra récompense « Le vent nous emportera » en 1999 par le Grand Prix du jury. Une consécration de plus pour le cinéaste.
Capitale française où Kiarostami meurt en juillet 2016 des suites d'un cancer. Il y était venu se faire soigner.
Objets typiques

Signe de reconnaissance permanent de Kiarostami, qu'il portait de jour comme de nuit. Elles sont devenues indissociables de son image publique.

Outil central de ses premiers longs métrages, utilisé pour de longs plans contemplatifs. Kiarostami privilégiait des cadres fixes et des paysages épurés.

Petite caméra légère qu'il fixait sur le tableau de bord d'une voiture pour capter des conversations naturelles, comme dans « Ten ». Elle a transformé sa manière de tourner.

Lieu de tournage de prédilection, véritable studio mobile chez Kiarostami. La voiture roulant sur des routes sinueuses est un motif récurrent de son cinéma.

Kiarostami était aussi un photographe reconnu, sillonnant les collines autour de Téhéran pour saisir routes, neige et arbres solitaires. Ses clichés ont été exposés dans le monde entier.

Kiarostami écrivait de courts poèmes inspirés du haïku, attentifs aux petites choses de la nature. Plusieurs recueils ont été publiés et traduits.
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Lieu
Vie quotidienne
Matin
Kiarostami aimait se lever très tôt et partir seul en voiture dans les collines autour de Téhéran. À l'aube, il photographiait routes, arbres et étendues de neige, profitant de la lumière rasante du petit matin.
Après-midi
L'après-midi, il travaillait à ses projets de films : écriture de scénarios, repérages, montage. Il aimait avancer lentement, en laissant mûrir ses idées plutôt qu'en suivant un plan rigide.
Soir
Le soir, il recevait amis et collaborateurs, discutait de cinéma et de poésie, ou montait ses images. Il écrivait aussi de courts poèmes inspirés du haïku.
Alimentation
Il partageait l'alimentation iranienne courante : riz (souvent le tahdig doré et croustillant), ragoûts mijotés comme le khoresht, pain plat, herbes fraîches, yaourt et thé. Les repas étaient des moments d'échange et d'hospitalité.
Vêtements
Kiarostami s'habillait sobrement, avec une touche reconnaissable : chemises et vestes simples, et surtout ses inséparables lunettes teintées sombres qui ne le quittaient presque jamais.
Habitat
Il vivait à Téhéran, dans une ville moderne et tentaculaire entourée de montagnes. Son cadre de vie mêlait l'agitation urbaine de la capitale et l'attrait des paysages ruraux qu'il aimait filmer.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Le Pain et la rue
1970
Le vent nous emportera
1999






