Réalisateur britannique né en 1944, Alan Parker est l'auteur de films marquants comme Midnight Express, Fame et Pink Floyd – The Wall. Figure majeure du cinéma britannique, il a également travaillé dans la publicité avant de s'imposer à Hollywood.
Alan Parker(1944 — 2020)
Alan Parker
Royaume-Uni
10 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 14 février 1944 à Islington, Londres
- Réalise Midnight Express en 1978, qui remporte deux Oscars
- Dirige Fame en 1980, succès mondial sur le monde des arts du spectacle
- Adapte l'album The Wall de Pink Floyd au cinéma en 1982
- Décède le 31 juillet 2020 à Londres
Œuvres & réalisations
Premier long-métrage de Parker, comédie musicale de gangsters entièrement jouée par des enfants. Film révolutionnaire dans sa forme, salué à Cannes et qui a lancé la carrière internationale de Parker.
Drame sur un Américain emprisonné en Turquie pour trafic de drogue. Deux Oscars (scénario adapté, musique de Giorgio Moroder) et une controverse internationale pour sa représentation de la justice turque.
Musical tourné dans la vraie école des arts du spectacle de New York. Succès mondial qui a inspiré la création d'écoles d'arts du spectacle en Europe et dont la chanson-titre reste un standard de la pop des années 1980.
Adaptation cinématographique de l'album-concept du groupe Pink Floyd, mêlant prises de vues réelles et animations de Gerald Scarfe. Œuvre culte de la culture rock, film le plus expérimental de Parker.
Thriller policier sur l'enquête du FBI après le meurtre de militants des droits civiques dans le Mississippi en 1964. Film engagé sur la ségrégation raciale américaine, nommé à sept Oscars.
Adapté du roman de Roddy Doyle, ce film raconte la naissance d'un groupe de soul dans les quartiers défavorisés de Dublin. BAFTA du meilleur film, succès populaire et critique considéré comme l'un des meilleurs films sur la musique.
Adaptation de la comédie musicale d'Andrew Lloyd Webber avec Madonna dans le rôle d'Eva Perón. Production monumentale tournée en Argentine, en Hongrie et en Grande-Bretagne, Golden Globe de la meilleure chanson pour « You Must Love Me ».
Adaptation des mémoires de Frank McCourt sur son enfance dans la misère de Limerick dans les années 1930-40. Film qui témoigne de l'attachement constant de Parker aux histoires de résistance des classes populaires.
Anecdotes
Pour son film Bugsy Malone (1976), Alan Parker a pris le pari audacieux de ne faire jouer aucun adulte : tous les rôles, même les gangsters et les chanteuses de cabaret, étaient tenus par des enfants de 7 à 16 ans. Les fusils à eau géants qui propulsaient de la crème chantilly à la place des balles — les « splurge guns » — ont été inventés spécialement pour le tournage, et Parker a dû apprendre à chaque gamin à conduire les voitures à pédales.
Le tournage de Midnight Express (1978) a failli provoquer un incident diplomatique entre la Grande-Bretagne et la Turquie. Le gouvernement turc a protesté avec véhémence contre la manière dont ses ressortissants étaient dépeints, et Parker lui-même a reconnu plus tard que le scénario d'Oliver Stone avait amplifié certains aspects pour dramatiser l'histoire. Malgré la controverse, le film a remporté deux Oscars, dont celui du meilleur scénario adapté.
La collaboration entre Alan Parker et le groupe Pink Floyd pour l'adaptation de The Wall (1982) fut épique… et houleuse. Roger Waters, le cerveau derrière l'album, voulait un film entièrement abstrait, presque sans narration. Parker, lui, tenait à conserver un fil dramatique. Leurs désaccords permanents ont failli faire capoter le projet : les deux hommes ne s'adressaient parfois plus la parole que par l'intermédiaire de leurs assistants, même sur le plateau.
Avant de devenir cinéaste, Alan Parker a réalisé plus de 500 spots publicitaires au cours des années 1960 et 1970. Loin d'en avoir honte, il considérait la publicité comme la meilleure école du monde : « Apprendre à raconter une histoire en trente secondes, disait-il, c'est la formation la plus exigeante qui soit. » C'est d'ailleurs sur les plateaux de pub qu'il a rencontré Ridley Scott et Adrian Lyne, qui deviendront eux aussi de grands réalisateurs.
Pour diriger Fame (1980), Parker a tourné en grande partie dans les rues et les couloirs de la vraie High School of Performing Arts de New York. Il a choisi de mixer de jeunes comédiens professionnels avec de véritables élèves de l'école, ce qui donnait aux scènes de danse et de musique une énergie brute et authentique que n'aurait pas pu obtenir un tournage entièrement en studio. La chanson-titre est devenue un hymne mondial et a valu à Parker la reconnaissance internationale.
Sources primaires
« Je viens d'Islington, un quartier ouvrier du nord de Londres. Le cinéma n'était pas quelque chose que des gens comme moi étaient censés faire. Nous étions censés regarder les films, pas les tourner. »
« Le cinéma britannique a toujours souffert d'un complexe d'infériorité face à Hollywood. Notre rôle est de montrer que nous pouvons raconter nos propres histoires avec notre propre voix, sans copier les Américains. »
« La publicité m'a appris à ne jamais ennuyer le spectateur. Chaque plan doit valoir quelque chose. C'est une discipline que beaucoup de réalisateurs formés dans les écoles de cinéma n'ont pas. »
« Ce film n'est pas anti-turc. Il est pro-liberté. Il parle d'un jeune homme broyé par un système judiciaire qui le dépasse. »
« Sans soutien public, le cinéma indépendant britannique mourra. Et avec lui, disparaîtra la seule industrie culturelle capable de porter notre identité nationale à travers le monde. »
Lieux clés
Quartier ouvrier du nord de Londres où Alan Parker est né le 14 février 1944. Son origine modeste a profondément influencé son regard sur les histoires des gens ordinaires et sa méfiance envers l'establishment culturel britannique.
Cœur de l'industrie publicitaire et créative londonienne dans les années 1960-70, où Parker a fait ses armes en réalisant des centaines de spots TV. C'est là qu'il a rencontré d'autres futurs grands réalisateurs comme Ridley Scott.
Véritable école des arts du spectacle de Manhattan où Parker a tourné une grande partie de Fame (1980). Mêler élèves réels et acteurs professionnels dans les couloirs de l'école a conféré au film son authenticité légendaire.
Parker a été l'un des rares réalisateurs britanniques à s'imposer durablement à Hollywood tout en maintenant une indépendance créative farouche. Il refusait de signer des contrats d'exclusivité avec les grands studios.
Parker a tourné deux films en Irlande : The Commitments (1991) dans les quartiers nord de Dublin, et Angela's Ashes (1999) à Limerick. Il était fasciné par la culture populaire irlandaise et sa tradition narrative orale.
Capitale argentine où Parker a tourné une grande partie d'Evita (1996), reconstituant les grandes scènes de foule de l'ère péroniste des années 1940-50. La production a mobilisé des milliers de figurants locaux sur la Plaza de Mayo.





