Arrigo Boito(1842 — 1918)
Arrigo Boito
royaume d'Italie
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Arrigo Boito (1842-1918) fut à la fois compositeur et librettiste italien, figure majeure de l'opéra romantique tardif. Il est surtout connu pour ses livrets écrits pour Verdi (Otello, Falstaff) et son propre opéra Mefistofele.
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1842 : naissance à Padoue
- 1868 : création de son opéra Mefistofele à la Scala de Milan
- 1879 : début de sa collaboration avec Giuseppe Verdi
- 1887 : livret d'Otello pour Verdi
- 1893 : livret de Falstaff pour Verdi
- 1918 : mort à Milan
Œuvres & réalisations
Opéra en un prologue, quatre actes et un épilogue, librement inspiré du Faust de Goethe. Chef-d'œuvre ambitieux mêlant philosophie, fantastique et lyrisme, c'est l'unique opéra que Boito signa de son propre nom.
Livret adapté de la tragédie shakespearienne, considéré comme l'un des plus grands livrets d'opéra de l'histoire. Boito condensa magistralement le texte de Shakespeare tout en préservant et amplifiant sa puissance dramatique.
Livret de comédie inspiré des Joyeuses Commères de Windsor et de Henry IV de Shakespeare, d'une légèreté et d'une virtuosité littéraire exceptionnelles. Dernier chef-d'œuvre de Verdi, composé à 79 ans.
Boito révisa en profondeur le livret original pour permettre à Verdi de remanier son opéra de 1857 ; la nouvelle version, plus dramatique et cohérente, est celle qui est jouée dans les théâtres du monde entier.
Livret inspiré du drame Angelo de Victor Hugo, signé de l'anagramme de son nom. L'opéra de Ponchielli connut un succès international et reste célèbre notamment pour son ballet 'La Danse des heures'.
Opéra sur l'empereur romain Néron, auquel Boito consacra plus de cinquante ans sans l'achever. Créé à titre posthume en 1924 dans une version reconstruite par Toscanini, il reste le symbole du perfectionnisme absolu de son auteur.
Recueil poétique témoignant du talent littéraire de Boito au-delà de son rôle de librettiste. Ces poèmes d'inspiration romantique révèlent sa maîtrise de la langue italienne et la profondeur de son univers intérieur.
Anecdotes
Lors de la première de Mefistofele à la Scala le 5 mars 1868, le public se déchira en deux camps : partisans et adversaires sifflèrent et applaudirent si violemment que les représentations durent être interrompues après seulement deux soirées. Boito, humilié, retravailla profondément son opéra pendant plusieurs années avant de le présenter à Bologne en 1875, où il triompha cette fois devant un public enthousiaste et obtint une reconnaissance internationale.
Boito utilisait l'anagramme 'Tobia Gorrio' pour signer certains livrets dont il ne souhaitait pas associer à son nom de compositeur. C'est sous ce pseudonyme qu'il écrivit notamment le livret de La Gioconda pour Amilcare Ponchielli en 1876, l'un des opéras italiens les plus populaires du répertoire, célèbre entre autres pour son ballet 'La Danse des heures'.
La relation entre Boito et Verdi débuta par un incident : en 1863, Boito avait évoqué dans un poème une Italie musicale où 'l'autel était souillé', ce que Verdi prit pour une critique directe de sa musique. Malgré cette brouille, les deux hommes se réconcilièrent en 1879 grâce à l'entremise de l'éditeur Giulio Ricordi, et leur collaboration donna naissance à Otello et Falstaff, considérés comme les chefs-d'œuvre absolus du répertoire lyrique italien.
Boito consacra près de cinquante ans de sa vie à son opéra Nerone, sur lequel il travailla de façon obsessionnelle sans jamais le terminer. À sa mort en 1918, il laissait des dizaines de cahiers de notes et des partitions incomplètes. L'ouvrage fut finalement créé à titre posthume en 1924 à la Scala, dans une version reconstruite par le chef d'orchestre Arturo Toscanini.
Né d'un père peintre miniaturiste et d'une mère comtesse polonaise, Boito grandit dans un univers cosmopolite et polyglotte. Sa mère Josephine Radolinska, elle-même artiste, initia ses fils aux littératures européennes. Cette double culture forgea chez Boito un amour profond pour la poésie de Goethe — qu'il lisait en allemand — et influença directement la conception philosophique de son opéra Mefistofele.
Sources primaires
Maintenant Iago est vraiment le diable que nous voulions, impénétrable et fascinant. Le personnage a acquis une cohérence dramatique que la pièce de Shakespeare laissait dans l'ombre. Relis l'acte deux et dis-moi si tu es satisfait.
L'art fut ma seule loi, mon seul pays ; j'ai cherché dans la beauté des formes ce que d'autres cherchent dans la foi ou dans la gloire — une raison de vivre et de souffrir.
Il y a une chose extraordinaire dans tout cela : que vous, à votre âge, écriviez quelque chose d'aussi joyeux et puissant à la fois. C'est une chose qui ne s'est jamais vue et qui ne se reverra probablement jamais.
J'ai tenté de condenser en un seul drame les deux parties du Faust de Goethe, en conservant la vérité philosophique et poétique du grand original sans sacrifier la vérité scénique ni la nécessité dramaturgique de chaque acte.
Lieux clés
Ville natale d'Arrigo Boito, né le 24 février 1842. Padoue était alors sous domination autrichienne, et Boito grandit dans un contexte de revendications nationales italiennes qui marquèrent durablement sa sensibilité patriotique.
Boito y étudia la composition de 1853 à 1861 et y noua des amitiés durables, notamment avec le chef d'orchestre Franco Faccio. Le Conservatoire était alors le principal centre de formation musicale en Italie.
Lieu des premières de Mefistofele (1868), Otello (1887) et Falstaff (1893) ; la Scala représentait la scène lyrique la plus prestigieuse d'Italie, et y triompher signifiait la consécration nationale et internationale.
Demeure de campagne de Giuseppe Verdi, où Boito séjournait régulièrement pour travailler avec le compositeur sur leurs collaborations ; c'est ici que furent élaborés les livrets d'Otello et de Falstaff au fil de longues discussions.
C'est dans cette salle que la version révisée de Mefistofele triompha en 1875, effaçant définitivement l'échec de 1868 et lançant l'opéra de Boito vers une carrière internationale durable.






