La carte de Assis Chateaubriand
Almoço de festa (le grand déjeuner dominical)

Feijoada completa

FestifDocumentée🧂 🍄 🫙moyen3 h (+ trempage la veille)

Ragoût mijoté de haricots noirs et d'un assortiment de viandes de porc salées et fumées, servi avec riz blanc, farofa, chou émincé et tranches d'orange. Un plat dense, profond, qui se partage en grande compagnie sur toute une après-midi.

Almoço de festa (le grand déjeuner dominical)

Ragoût mijoté de haricots noirs et d'un assortiment de viandes de porc salées et fumées, servi avec riz blanc, farofa, chou émincé et tranches d'orange. Un plat dense, profond, qui se partage en grande compagnie sur toute une après-midi.

Mon cher ami, quand je reçois, je ne lésine pas : une feijoada digne de ce nom exige une marmite où mijotent toutes les pièces du cochon, et il faut y consacrer la journée entière sans regarder l'heure. Tu mets les haricots noirs à tremper la veille, tu y jettes le lard, la côtelette salée, la saucisse fumée, et tu laisses le feu faire son œuvre, lentement, comme on bâtit un empire de journaux. On l'arrose de cachaça avant de passer à table, on tranche l'orange pour alléger l'estomac, et l'on cause politique jusqu'au soir. C'est là, autour de ce plat noir et fumant, que se nouent les amitiés et que se défont les ministères.
Assis Chateaubriand
Ingrédients
  • Haricots noirsune grande mesure (base du ragoût)
  • Viandes de porc salées (côtes, queue, oreille, pied)à profusion (coeur carné et sel)
  • Lard fumé et saucisse paioselon la tablée (fumé et gras)
  • Carne-seca (bœuf séché-salé)quelques morceaux (umami, profondeur)
  • Ail, oignon, feuille de lauriergénéreusement (aromates)
  • Farine de maniocun bol (farofa d'accompagnement)
  • Orangesplusieurs (fraîcheur, digestion)
Comment on faisait : Longtemps présentée comme un plat né dans les senzalas à partir des bas morceaux du porc, la feijoada est en réalité héritière des ragoûts de haricots ibériques et européens, enrichie au Brésil par l'abondance du porc et du haricot noir. Au XXe siècle, elle s'est imposée comme plat national et rituel social du week-end. On la cuisait dans de grandes marmites de fonte sur feu de bois, toute la matinée durant.
Sources : Luís da Câmara Cascudo, História da Alimentação no Brasil, 1967 · Gilberto Freyre, Casa-Grande & Senzala, 1933

Voir aussi