Cafezinho
Petit café noir, serré et très sucré, servi brûlant dans une tasse minuscule. La boisson sociale par excellence du Brésil : on l'offre à l'arrivée d'un visiteur, on le boit debout au comptoir, on le sert à la fin de chaque repas.
Petit café noir, serré et très sucré, servi brûlant dans une tasse minuscule. La boisson sociale par excellence du Brésil : on l'offre à l'arrivée d'un visiteur, on le boit debout au comptoir, on le sert à la fin de chaque repas.
Ah, le cafezinho ! C'est l'âme du Brésil dans une tasse grande comme un dé à coudre. Dans mes rédactions, on en buvait des dizaines par jour, brûlant et sucré à l'excès, pour tenir jusqu'au bouclage du journal. On le passe dans un filtre de tissu, on sucre l'eau avant même d'y verser la poudre — c'est le secret — et on le sert si chaud qu'il faut souffler dessus. Refuser un cafezinho à un Brésilien, mon ami, c'est presque une insulte.
- •Café moulu (grain brésilien torréfié foncé) — généreusement (base)
- •Eau — selon le nombre de tasses (infusion)
- •Sucre — abondant (douceur caractéristique)
Cafezinho
Petit café noir, serré et très sucré, servi brûlant dans une tasse minuscule. La boisson sociale par excellence du Brésil : on l'offre à l'arrivée d'un visiteur, on le boit debout au comptoir, on le sert à la fin de chaque repas.
Pourquoi ce plat ? Le café a fait la richesse du Brésil de Chateaubriand et nourri l'économie qu'il commentait dans ses Diários Associados. Petit, très sucré, servi à toute heure, le cafezinho ponctuait les nuits de bouclage des rédactions et les conversations interminables où ce journaliste tissait son pouvoir.
Ah, le cafezinho ! C'est l'âme du Brésil dans une tasse grande comme un dé à coudre. Dans mes rédactions, on en buvait des dizaines par jour, brûlant et sucré à l'excès, pour tenir jusqu'au bouclage du journal. On le passe dans un filtre de tissu, on sucre l'eau avant même d'y verser la poudre — c'est le secret — et on le sert si chaud qu'il faut souffler dessus. Refuser un cafezinho à un Brésilien, mon ami, c'est presque une insulte.
Ingrédients (version d’époque)
- Café moulu (grain brésilien torréfié foncé) — généreusement (base)
- Eau — selon le nombre de tasses (infusion)
- Sucre — abondant (douceur caractéristique)
Ingrédients
- Café moulu torréfaction foncée — 4 cuillères à soupe bombées (base aromatique)
- Eau — 500 ml (infusion)
- Sucre — 3 à 4 cuillères à soupe (au goût) (douceur)
Préparation
- Porter l'eau à frémissement (sans la faire bouillir à gros bouillons) dans une petite casserole.
- Ajouter le sucre directement dans l'eau chaude et remuer pour le dissoudre.
- Hors du feu, incorporer le café moulu, remuer puis laisser infuser 2 à 3 minutes.
- Filtrer à travers un filtre en tissu (coador) ou un filtre papier, en pressant doucement.
- Servir aussitôt, brûlant, dans de très petites tasses.
Comment on faisait : Le Brésil fut au XXe siècle le premier producteur mondial de café, pilier de son économie (la 'politique du café au lait' dominait la République). Le cafezinho se préparait traditionnellement par infusion filtrée au coador de tissu, avec un sucrage généreux ajouté à l'eau elle-même. Boisson démocratique, offerte partout, des fazendas aux rédactions des grandes villes.
Le twist contemporain : Servir le cafezinho avec un carré de chocolat noir et un zeste d'orange — clin d'œil aux deux autres grandes cultures d'exportation brésiliennes.
Sources : Luís da Câmara Cascudo, História da Alimentação no Brasil, 1967 · Sérgio Buarque de Holanda, Raízes do Brasil, 1936
Assis Chateaubriand · Charactorium