Beatrice Tinsley(1941 — 1981)

Beatrice Tinsley

États-Unis

6 min de lecture

SciencesAstronomeXXe siècleSeconde moitié du 20e siècle, âge d'or de la cosmologie moderne et de l'astrophysique d'après-guerre.

Beatrice Tinsley est une astronome et cosmologiste néo-zélandaise d'origine britannique, pionnière de l'étude de l'évolution des galaxies. Ses travaux ont transformé la compréhension de la formation et du vieillissement des galaxies au cours de l'histoire de l'Univers.

Questions fréquentes

Beatrice Tinsley (1941-1981) était une astronome et cosmologiste néo-zélandaise qui a révolutionné notre compréhension de l'Univers en montrant que les galaxies évoluent. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'avant elle, on considérait les galaxies comme des objets immuables ; elle a démontré que leur luminosité et leur couleur changent avec le temps à cause du vieillissement de leurs étoiles. Cette découverte a obligé les cosmologistes à repenser les mesures de l'expansion de l'Univers, et ses modèles sont encore utilisés aujourd'hui.

Faits marquants

  • Née en 1941 en Angleterre, elle grandit en Nouvelle-Zélande
  • Soutient en 1967 une thèse pionnière sur l'évolution des galaxies à l'Université du Texas
  • Démontre que les galaxies évoluent dans le temps, bouleversant leur usage comme repères cosmologiques
  • Devient en 1978 la première femme professeure d'astronomie à l'Université Yale
  • Décède prématurément d'un cancer en 1981, à l'âge de 40 ans

Œuvres & réalisations

Thèse « Evolution of Galaxies and Its Significance for Cosmology » (1967)

Thèse de doctorat révolutionnaire qui établit que l'évolution des galaxies doit être prise en compte pour mesurer correctement l'Univers.

« Evolution of the Stars and Gas in Galaxies » (The Astrophysical Journal) (1968)

Article fondateur posant les bases des modèles modernes d'évolution des galaxies, encore utilisés aujourd'hui.

Modèles d'évolution photométrique des galaxies (1970-1978)

Série de travaux montrant comment la couleur et la luminosité des galaxies changent avec l'âge de leurs étoiles, outil clé de la cosmologie.

Travaux sur l'évolution chimique des galaxies (années 1970)

Recherches sur la façon dont les éléments chimiques s'enrichissent dans les galaxies au fil des générations d'étoiles.

« The Evolution of Galaxies and Stellar Populations » (codirection avec Richard Larson) (1977)

Actes d'un colloque de référence organisé à Yale, qui réunit les spécialistes mondiaux du domaine qu'elle avait contribué à créer.

Étude sur l'Univers ouvert ou fermé (années 1970)

En corrigeant les mesures par l'évolution des galaxies, ses travaux ont alimenté le débat sur l'avenir de l'Univers : continuera-t-il à s'étendre pour toujours ?

Anecdotes

Pour préparer son doctorat, Beatrice Tinsley devait parcourir près de 320 kilomètres aller-retour entre Dallas, où vivait sa famille, et l'université du Texas à Austin. Malgré ces trajets épuisants et l'éducation de ses deux enfants adoptés, elle acheva sa thèse en à peine deux ans, en 1967. Le jury la considéra comme l'une des plus brillantes qu'il ait eu à juger.

Avant Tinsley, beaucoup d'astronomes croyaient que les galaxies lointaines pouvaient servir de « phares » immuables pour mesurer l'Univers. Elle démontra que les galaxies vieillissent : leurs étoiles naissent, brillent, puis s'éteignent, ce qui modifie leur éclat au fil de milliards d'années. Cette découverte obligea les cosmologistes à corriger leurs mesures de l'expansion de l'Univers.

Bien qu'elle fût reconnue dans le monde entier, l'université où travaillait son mari ne lui offrit jamais de véritable poste de chercheuse : on attendait surtout d'elle qu'elle reste « l'épouse d'un professeur ». Lasse de cette injustice, elle accepta en 1975 un poste à l'université Yale, où elle devint professeure d'astronomie.

Atteinte d'un mélanome (un cancer de la peau) diagnostiqué en 1978, Beatrice Tinsley continua de travailler jusqu'au bout. Elle rédigea ses derniers articles scientifiques depuis son lit, peu de temps avant sa mort en 1981, à seulement 40 ans.

Passionnée de montagne et excellente violoniste, Beatrice Tinsley aimait arpenter les sommets de Nouvelle-Zélande. Après sa mort, son pays lui rendit hommage en donnant son nom à une montagne, le mont Tinsley, et un astéroïde fut baptisé « 3087 Beatrice Tinsley » en son honneur.

Sources primaires

Beatrice Tinsley, « Evolution of Galaxies and Its Significance for Cosmology » (thèse de doctorat, université du Texas) (1967)
Tinsley y établit que les galaxies ne sont pas des objets figés : la luminosité et la couleur d'une galaxie changent à mesure que ses populations d'étoiles se forment, évoluent et disparaissent, un effet que l'on doit prendre en compte pour mesurer la géométrie et l'âge de l'Univers.
Beatrice M. Tinsley, « Evolution of the Stars and Gas in Galaxies », The Astrophysical Journal, vol. 151 (1968)
L'article calcule des modèles d'évolution des galaxies dans lesquels les étoiles se forment, évoluent puis meurent, et en déduit comment la couleur et l'éclat d'une galaxie se transforment au cours du temps cosmique.
Richard Larson et Beatrice Tinsley (dir.), « The Evolution of Galaxies and Stellar Populations » (actes du colloque de Yale) (1977)
Ce volume rassemble les contributions d'un colloque organisé à Yale, faisant le point sur la manière dont les populations d'étoiles façonnent l'évolution des galaxies, sujet que Tinsley avait fondé.
Edward Hill, « My Daughter Beatrice » (mémoire rassemblant la correspondance de Beatrice Tinsley) (1986)
Le père de Beatrice Tinsley y publie de nombreuses lettres personnelles de sa fille, témoignant de sa passion pour la recherche et des obstacles qu'elle rencontra en tant que femme dans le monde scientifique des années 1960-1970.

Lieux clés

Chester (Angleterre)

Ville d'Angleterre où Beatrice Hill naît en 1941, pendant la Seconde Guerre mondiale.

New Plymouth (Nouvelle-Zélande)

Ville côtière où sa famille s'installe après son émigration en 1946, et où elle grandit.

Université de Canterbury, Christchurch (Nouvelle-Zélande)

Université où Beatrice Tinsley fait ses études supérieures de physique avant de partir aux États-Unis.

Université du Texas à Austin (États-Unis)

Université où elle obtient en 1967 son doctorat consacré à l'évolution des galaxies, après de longs trajets depuis Dallas.

Université Yale, New Haven (États-Unis)

Université où elle devient professeure d'astronomie à partir de 1975 et où elle meurt en 1981.

Mont Tinsley (Fiordland, Nouvelle-Zélande)

Sommet de Nouvelle-Zélande baptisé en son honneur après sa mort, en hommage à la scientifique et à son amour de la montagne.

Voir aussi