Beelzebub

Belzébuth

SpiritualitéMythologieAntiquitéOrigine dans les religions sémitiques de l'Antiquité, réinterprétée au Moyen Âge dans la démonologie chrétienne

Ancienne divinité philistine (Baal-Zebub, « Seigneur des Mouches »), vénérée à Ekron. Réinterprétée dans la tradition judéo-chrétienne comme l'un des princes des démons, figure centrale de la démonologie médiévale.

Faits marquants

  • Baal-Zebub était vénéré à Ekron (Philistie) comme oracle et divinité guérisseuse, mentionné dans le Livre des Rois (IIe Rois 1:2-3)
  • Le nom « Baal-Zebub » signifie « Seigneur des Mouches » en hébreu
  • Dans le Nouveau Testament (Matthieu 12:24), Belzébuth est désigné comme « prince des démons »
  • Au Moyen Âge, la démonologie chrétienne en fait l'un des sept princes de l'Enfer, associé au péché de la gourmandise ou de l'orgueil selon les sources
  • Le roman « Sa Majesté des Mouches » (Lord of the Flies) de William Golding (1954) s'inspire directement du symbole de Belzébuth

Œuvres & réalisations

Second Livre des Rois (Bible hébraïque) (VIIIe-VIIe siècle av. J.-C.)

Seul texte canonique de la Bible hébraïque à mentionner explicitement Baal-Zebub comme divinité philistine consultée à Ekron. Il constitue la source première sur l'origine historique du personnage.

Évangiles synoptiques (Matthieu, Marc, Luc) (Ier siècle apr. J.-C.)

Ces textes fondateurs du christianisme transforment Béelzébul en prince des démons, assurant la transmission de son nom et de sa puissance symbolique dans toute la culture occidentale.

De Praestigiis Daemonum — Johann Weyer (1563)

Première tentative systématique de classification des démons à la Renaissance. Weyer y décrit Belzébuth comme un grand prince de l'enfer, influençant durablement la démonologie moderne.

Dictionnaire Infernal — Collin de Plancy (1818)

Encyclopédie de la démonologie médiévale et moderne qui popularise les représentations iconographiques de Belzébuth, notamment sa forme de mouche géante, encore présente dans l'imaginaire collectif.

Paradise Lost — John Milton (1667)

Épopée anglaise majeure dans laquelle Belzébuth apparaît comme le second de Satan après sa chute. Milton en fait un personnage éloquent et stratège, contribuant à sa dimension littéraire.

Sa Majesté des Mouches (Lord of the Flies) — William Golding (1954)

Roman qui s'inspire directement du nom Belzébuth (« Seigneur des Mouches ») pour explorer la part sombre de la nature humaine. Œuvre au programme de nombreux lycées, elle illustre la postérité culturelle du personnage.

Anecdotes

Le nom Belzébuth vient de l'hébreu Baal-Zebub, qui signifie « Seigneur des Mouches ». Certains historiens pensent que ce nom était en réalité une déformation moqueuse du titre Baal-Zebul (« Seigneur de la Demeure Céleste »), inventée par les auteurs bibliques hébreux pour tourner en dérision une divinité rivale des Philistins. Ce jeu de mots ironique transformait un dieu prestigieux en maître des insectes nuisibles.

Dans le Second Livre des Rois (chapitre 1), le roi d'Israël Ochozias, blessé après une chute, envoie des messagers consulter Baal-Zebub à Ekron pour savoir s'il guérira. Le prophète Élie intercepte les messagers et leur reproche d'aller consulter un dieu étranger plutôt que le Dieu d'Israël. Cet épisode constitue la seule mention explicite de Baal-Zebub dans la Bible hébraïque.

Au Moyen Âge, les démonologues chrétiens ont intégré Belzébuth dans de véritables hiérarchies infernales. Dans le Dictionnaire infernal de Collin de Plancy (1818, s'appuyant sur des traditions médiévales), il est décrit comme le « prince des démons », parfois confondu ou associé à Lucifer lui-même. On lui attribuait la puissance de susciter l'orgueil et la gourmandise chez les humains.

Le théologien Johann Weyer, au XVIe siècle, publia De Praestigiis Daemonum (1563), dans lequel il proposa une classification rigoureuse des démons. Belzébuth y figure comme l'un des lieutenants de Satan, commandant une légion de soixante-dix-neuf démons. Cette tentative de « rationaliser » la démonologie reflète la fascination de la Renaissance pour la taxinomie et l'ordre naturel.

Sources primaires

Second Livre des Rois (Bible hébraïque) (VIIIe-VIIe siècle av. J.-C.)
« Ochozias tomba par la fenêtre de sa chambre haute à Samarie et se blessa. Il envoya des messagers en leur disant : Allez consulter Baal-Zebub, le dieu d'Ekron, pour savoir si je guérirai de cette blessure. »
Évangile de Matthieu (Nouveau Testament) (Ier siècle apr. J.-C.)
« Les pharisiens disaient : C'est par Béelzébul, le prince des démons, qu'il chasse les démons. » Jésus leur répondit en montrant la contradiction interne de cette accusation.
De Praestigiis Daemonum — Johann Weyer (1563)
Weyer décrit Belzébuth comme un prince de rang élevé dans la hiérarchie infernale, commandant des légions de démons, et à l'origine de plusieurs vices capitaux parmi les hommes.
Dictionnaire Infernal — Collin de Plancy (1818 (synthèse de traditions médiévales))
« Belzébuth, l'un des plus puissants démons après Lucifer ; il est représenté sous la forme d'une énorme mouche et préside aux mouches qui se multiplient en été. »

Lieux clés

Ekron (Tel Miqne, Israël)

Principale cité philistine et centre du culte de Baal-Zebub, mentionnée dans la Bible comme le lieu où le roi Ochozias envoya consulter l'oracle du dieu. Les fouilles archéologiques ont révélé un important sanctuaire du Ier millénaire av. J.-C.

Jérusalem (Temple de Salomon)

Depuis Jérusalem, les prophètes hébreux condamnaient la consultation de divinités étrangères comme Baal-Zebub, opposant le monothéisme yahviste aux cultes cananéens environnants.

Samarie (Israël antique)

Capitale du royaume d'Israël du Nord, d'où le roi Ochozias envoya ses messagers à Ekron pour consulter Baal-Zebub. Le prophète Élie les intercepta en chemin.

Rome (bibliothèques pontificales)

C'est à Rome que se constitua, au cours des siècles médiévaux, la doctrine officielle sur les démons. Les théologiens de la curie romaine fixèrent le statut de Belzébuth dans la hiérarchie infernale chrétienne.

Galerie

La virgen del apocalipsis y San Miguel Arcángel de Cristóbal de Villalpando 03

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La virgen del apocalipsis y San Miguel Arcángel de Cristóbal de Villalpando 06

La virgen del apocalipsis y San Miguel Arcángel de Cristóbal de Villalpando 06

Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Luis Alvaz

La virgen del apocalipsis y San Miguel Arcángel de Cristóbal de Villalpando 04

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Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Luis Alvaz

La virgen del apocalipsis y San Miguel Arcángel de Cristóbal de Villalpando 07

La virgen del apocalipsis y San Miguel Arcángel de Cristóbal de Villalpando 07

Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Luis Alvaz


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El Ángel Caído, Ricardo Bellver

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Swansea Devil at Swansea Museum

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Strasbourg - Notre-Dame de Strasbourg - West façade of the cathedral - Right Portal - The Foolish Virgins (Matthew 25, with their oil reserve down & empty) - On the left with apple 'le tentateur' (tem

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Relief of a devil's head with golden horns and sharp teeth in Rue du Grand Hospice Brussels Belgium

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