Peintre italien de la Renaissance (vers 1495-1576), actif principalement en Lombardie et en Émilie. Élève de Correggio, il développa un style influencé par le maniérisme lombard, réalisant fresques et retables pour les grandes églises de Crémone et Pavie.
Bernardino Gatti(1495 — 1576)
Bernardino Gatti
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né vers 1495, probablement à Pavie ou Crémone
- Formé dans l'entourage de Correggio, dont il adopta le style doux et lumineux
- Réalisa d'importantes fresques dans la cathédrale de Crémone
- Travailla également à Pavie, notamment à l'église San Pietro in Ciel d'Oro
- Décédé en 1576, laissant une œuvre essentiellement religieuse
Œuvres & réalisations
Ensemble de fresques réalisées pour l'église San Sigismondo de Crémone, l'un des chantiers artistiques les plus importants de Lombardie au XVIe siècle. Gatti y contribua aux côtés d'autres peintres crémonais dans un style maniériste teinté de l'influence de Corrège.
Grande fresque monumentale ornant l'abside de la cathédrale de Pavie, représentant la montée de la Vierge au ciel entourée d'anges et d'apôtres. Cette composition aux figures en raccourci vertigineux est directement inspirée des fresques de Corrège à Parme et constitue le sommet de l'art de Gatti.
Retable typique de la production de Gatti pour les grandes églises lombardes, illustrant sa capacité à marier la douceur corégianesque avec le sens lombard de la couleur et du détail textile dans les draperies.
Peinture de dévotion montrant le Christ en prière à Gethsémani, sujet fréquent dans l'art de la Contre-Réforme ; l'œuvre témoigne de l'adaptation de Gatti aux nouvelles exigences spirituelles de l'Église post-tridentine.
Participation aux décors peints de cet édifice milanais, attestant le rayonnement de Gatti au-delà de Crémone et sa capacité à obtenir des commandes dans la capitale culturelle de la Lombardie.
Anecdotes
Bernardino Gatti est universellement connu sous le surnom de 'Il Sojaro', qu'il porta toute sa vie bien plus que son nom de naissance. Ce sobriquet, dont l'origine précise reste débattue par les historiens de l'art, était celui sous lequel les commanditaires des grandes églises lombardes le reconnaissaient et le sollicitaient. Il témoigne de l'importance des surnoms dans les milieux artistiques de la Renaissance italienne, où l'identité d'un peintre se forge autant par sa réputation que par son œuvre.
La grande fresque de l'abside de la cathédrale de Pavie, représentant l'Assomption de la Vierge, est considérée comme le chef-d'œuvre de Gatti. Réalisée dans la seconde moitié du XVIe siècle, cette composition monumentale révèle son admiration profonde pour le style de Corrège, son maître de référence, avec ses figures en raccourci vertigineux et ses nuages lumineux qui donnent l'impression de regarder le ciel depuis l'intérieur de l'église.
Gatti fut l'un des nombreux peintres qui contribuèrent à la décoration de l'église San Sigismondo à Crémone, édifice construit pour commémorer le mariage de Bianca Maria Sforza et Francesco Sforza. Ce chantier exceptionnel réunit plusieurs grands peintres crémonais et lombards sur plusieurs décennies, et Gatti y laissa plusieurs fresques importantes, s'inscrivant dans une émulation artistique collective caractéristique de la Renaissance.
Élève ou du moins admirateur fervent de Corrège, Gatti assimila si profondément le style du maître de Parme que certains de ses tableaux furent longtemps attribués à Corrège lui-même par des collectionneurs et marchands d'art. Cette confusion, flatteuse pour Gatti, illustre la capacité des peintres de la Renaissance à s'inscrire dans une tradition stylistique au point d'en devenir des continuateurs presque indiscernables.
Actif pendant plus de quarante ans, Gatti traversa l'une des périodes les plus troublées de l'histoire lombarde : guerres d'Italie, domination espagnole, Concile de Trente. Loin de freiner sa production, le renouveau catholique issu du concile stimula de nouvelles commandes d'œuvres religieuses, et Gatti sut adapter son style lyrique et dévot aux exigences de clarté et de ferveur prônées par l'Église réformée.
Sources primaires
Les archives de la fabrique de la cathédrale de Pavie conservent des registres de paiement attestant les commandes passées à Bernardino Gatti pour la réalisation des fresques de l'abside, précisant les termes du contrat et les sommes versées au peintre.
Les archives de l'église San Sigismondo de Crémone contiennent des documents comptables attestant l'intervention de Bernardino Gatti dans la décoration intérieure de l'édifice, aux côtés d'autres peintres crémonais de renom.
Lomazzo, théoricien milanais de l'art, évoque les peintres lombards du XVIe siècle et leur rapport à l'héritage de Corrège, dans lequel s'inscrit pleinement la manière de Gatti par ses compositions lumineuses et ses figures en raccourci.
Zaist consacre une notice à Bernardino Gatti dit Il Sojaro, retraçant ses principales commandes à Crémone et Pavie et soulignant l'influence déterminante de Corrège sur sa formation et son style.
Lieux clés
Ville lombarde où Gatti passa la majeure partie de sa carrière active, réalisant d'importantes fresques pour l'église San Sigismondo et d'autres édifices religieux. Crémone était alors un centre artistique majeur de Lombardie, réunissant plusieurs grands peintres.
Édifice où Gatti réalisa ses fresques les plus ambitieuses, notamment l'Assomption de la Vierge dans l'abside, considérée comme son chef-d'œuvre et directement inspirée des compositions en raccourci de Corrège à Parme.
Ville où Corrège, le maître dont Gatti s'inspira toute sa vie, avait réalisé ses chefs-d'œuvre. Gatti étudia probablement les fresques du Dôme et du couvent de San Paolo pour y puiser des modèles de composition en raccourci et des effets lumineux.
Capitale culturelle et politique de la Lombardie sous domination espagnole, Milan offrait des débouchés artistiques importants et servait de point de rayonnement des idées maniéristes venues d'Italie centrale.
Petite ville de Lombardie avec laquelle la famille Gatti aurait eu des liens selon certaines hypothèses sur les origines du peintre, bien que les sources documentaires restent rares et contradictoires sur ce point.
Objets typiques

Grand dessin à grandeur réelle tracé sur papier épais, servant de modèle pour transférer la composition sur le mur enduit avant de peindre la fresque. Outil indispensable de tout fresquiste de la Renaissance, il témoigne du travail de conception en amont de la peinture murale.

Gatti utilisait des pigments minéraux et végétaux — azurite, lapis-lazuli, ocre, vermillon — mélangés à l'eau pour la fresque ou à l'huile de lin pour les tableaux de chevalet, produisant les tonalités chaudes et dorées caractéristiques de son style lombard.

Les pinceaux fins en poils de martre permettaient au peintre de réaliser les détails délicats des visages et des draperies, typiques du style lombard raffiné que cultivait Gatti, héritier de la manière douce de Corrège.

Pour la fresque, l'intonaco — couche d'enduit frais de chaux et de sable — devait être appliqué chaque matin sur la surface à peindre dans la journée, imposant un rythme de travail rigoureux et une parfaite maîtrise de la composition.

Les grandes peintures d'autel de Gatti étaient encadrées de structures en bois sculpté et doré, commandées aux menuisiers et doreurs locaux de Crémone ou Pavie pour magnifier l'œuvre dans son contexte liturgique.

Carnet de croquis dans lequel le peintre collectait des études de figures, des compositions inspirées d'autres maîtres et des notes visuelles ; pour Gatti, les œuvres de Corrège à Parme servaient de référence permanente et inépuisable.
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Vie quotidienne
Matin
Gatti débutait sa journée dès l'aube pour profiter de la lumière naturelle indispensable au travail pictural. Dans sa bottega — l'atelier-boutique où il dirigeait apprentis et collaborateurs —, il préparait les pigments, vérifiait l'état de l'enduit posé la veille et dessinait sur le carton les portions à peindre dans la journée.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux séances de peinture proprement dites, particulièrement exigeantes lors des travaux de fresque où chaque journata — portion d'enduit frais — devait être peinte avant que la chaux ne sèche. Pour les tableaux de chevalet, Gatti pouvait travailler plus longuement, affinant les détails à l'aide de glacis successifs.
Soir
Le soir, le peintre recevait parfois ses commanditaires — un chanoine, un représentant de confrérie, un noble local — pour présenter l'avancement des travaux et discuter des modifications souhaitées sur l'iconographie, les couleurs et les délais de livraison, toujours source de tension entre l'artiste et ses mécènes.
Alimentation
Comme la plupart des artisans aisés du XVIe siècle lombard, Gatti consommait du pain, des légumes, des légumineuses et de la viande les jours autorisés par l'Église. Le fromage de Crémone, réputé dans toute la région, et les charcuteries locales figuraient régulièrement à sa table, arrosés d'un vin des collines proches de Pavie.
Vêtements
Gatti portait les habits typiques des artisans prospères de son époque : une longue tunique de laine ou de drap sur laquelle il enfilait un tablier de travail pour protéger ses vêtements des éclaboussures de peinture. Lors des rencontres avec ses commanditaires, il revêtait des habits plus soignés, témoins de son statut intermédiaire entre artisan qualifié et intellectuel respecté.
Habitat
Le peintre habitait vraisemblablement dans une maison-atelier au cœur de Crémone, à proximité des grandes églises qui l'employaient. L'espace de vie et l'espace de travail se confondaient dans ces botteghe où vivaient aussi les apprentis, selon une tradition médiévale qui persistait encore au XVIe siècle malgré la montée en prestige social du métier de peintre.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Vierge à l'Enfant avec saints (pala d'altare)
XVIe siècle
Décoration de Santa Maria della Pace, Milan
XVIe siècle






