Bernardino Campi(1520 — 1591)
Bernardino Campi
7 min de lecture
Peintre maniériste italien (1522-1591), né à Cremone. Élève de Giulio Campi, il développa un style élégant influencé par le maniérisme lombard. Il est notamment connu pour avoir été le maître de Sofonisba Anguissola.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1522 à Cremone, dans une famille d'artistes
- Formé auprès de Giulio Campi, peintre de l'école crémonaise
- Maître de Sofonisba Anguissola, l'une des premières femmes peintres reconnues en Europe
- Réalisa d'importantes fresques pour des églises de Cremone et Milan
- Décédé en 1591 à Reggio d'Émilie
Œuvres & réalisations
Vaste programme décoratif dans l'église dynastique des Sforza où Bernardino Campi peignit des scènes religieuses révélant sa maîtrise du grand format mural et son assimilation du maniérisme lombard.
Peintures d'autel commandées par des confréries et des institutions religieuses, dans lesquelles Campi conjugue la douceur du coloris lombard et l'élégance maniériste des poses, conformément aux directives post-tridentines.
Bernardino Campi fut un portraitiste apprécié par les familles nobles crémonaises. Ces œuvres témoignent de l'influence espagnole sur la société lombarde et de sa maîtrise de la psychologie des personnages.
Tableau célèbre peint par Sofonisba Anguissola représentant son maître Bernardino Campi en train d'exécuter son portrait — une mise en abyme remarquable témoignant de la relation pédagogique entre les deux artistes. Conservé à la Pinacothèque nationale de Sienne.
Programmes décoratifs profanes réalisés pour les grandes familles de Crémone, alliant scènes mythologiques et allégories dans un style maniériste élégant très prisé par les commanditaires nobiliaires.
Anecdotes
Bernardino Campi accueillit dans son atelier crémonais la jeune Sofonisba Anguissola vers 1546, fille d'un noble local convaincu du talent exceptionnel de sa fille. Cette décision était inhabituelle pour l'époque, où les femmes accédaient rarement à une formation artistique rigoureuse auprès d'un maître reconnu, et témoigne de l'ouverture d'esprit de Campi.
Sofonisba Anguissola réalisa un tableau saisissant représentant son propre maître Bernardino Campi en train de peindre son portrait : une mise en abyme audacieuse qui témoigne de sa maîtrise précoce et de la confiance que lui accordait son professeur. Cette œuvre est aujourd'hui conservée à la Pinacothèque nationale de Sienne.
Bernardino Campi travailla sous la domination espagnole de la Lombardie et reçut des commandes importantes de grandes familles aristocratiques crémonaises. Il dut adapter sa production aux exigences artistiques et doctrinales imposées par la Contre-Réforme, qui encadrait strictement l'iconographie religieuse après le concile de Trente.
La famille Campi — Giulio, Antonio, Vincenzo et Bernardino — forma une véritable dynastie artistique à Crémone. Plusieurs membres de cette famille travaillèrent ensemble sur le vaste programme décoratif de l'église San Sigismondo, faisant de ce lieu un véritable manifeste du maniérisme lombard.
Sources primaires
Amilcare Anguissola confia ses filles à Bernardino Campi pour leur formation artistique ; sa correspondance atteste la relation maître-élève et la reconnaissance de la compétence pédagogique du peintre crémonais.
Documents d'archives attestant les commandes de peintures religieuses passées à Bernardino Campi par des confréries et des institutions ecclésiastiques crémonaises, précisant sujets, dimensions et rémunérations.
Vasari décrit la scène artistique lombarde du XVIe siècle et mentionne les peintres crémonais, offrant un contexte essentiel pour comprendre la place de Bernardino Campi parmi ses contemporains.
Lieux clés
Ville natale et principal lieu d'activité de Bernardino Campi, Crémone était un centre artistique et intellectuel lombard de premier plan. Il y décora plusieurs églises et palais tout au long de sa carrière.
Église dynastique fondée par les Sforza où Bernardino Campi participa au vaste programme décoratif maniériste aux côtés d'autres membres de la famille Campi, faisant de ce lieu un manifeste du maniérisme lombard.
Capitale de la Lombardie espagnole, Milan était un foyer de commandes artistiques et de contacts avec l'aristocratie. Campi y entretint des relations avec les milieux nobiliaires et artistiques.
Campi reçut des commandes dans cette ville d'Émilie et y séjourna, étendant ainsi son activité bien au-delà de sa seule cité natale et attestant sa réputation interrégionale.






