Bernardo Bertolucci (1941-2018) est un réalisateur et scénariste italien, figure majeure du cinéma d'auteur européen. Il a marqué l'histoire du septième art par des fresques historiques ambitieuses et un style visuel somptueux.
Bernardo Bertolucci(1941 — 2018)
Bernardo Bertolucci
Italie, royaume d'Italie
7 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1941 à Parme, en Italie, fils du poète Attilio Bertolucci
- Réalise Le Conformiste en 1970, adapté du roman d'Alberto Moravia
- Provoque un scandale avec Le Dernier Tango à Paris (1972)
- Le Dernier Empereur (1987) remporte 9 Oscars, dont meilleur film et meilleur réalisateur
- Décédé en 2018 à Rome
Œuvres & réalisations
Portrait d'un jeune bourgeois italien tiraillé entre idéaux révolutionnaires et conformisme. Le film révèle le talent du jeune Bertolucci.
Adaptation d'Alberto Moravia sur un homme qui se range au fascisme par lâcheté. Sa beauté visuelle en fait un classique étudié dans le monde entier.
Drame intime au cœur d'un scandale international, qui fait de Bertolucci une figure mondiale et controversée du cinéma.
Fresque historique de plus de cinq heures retraçant un demi-siècle d'histoire italienne à travers deux familles paysannes et propriétaires.
Récit de la vie de Puyi, dernier empereur de Chine, tourné dans la Cité interdite. Lauréat de neuf Oscars, sommet de sa carrière.
Adaptation du roman de Paul Bowles, tournée dans le désert nord-africain, sur un couple perdu loin de chez lui.
Film mêlant la vie de Bouddha et une histoire contemporaine, explorant la spiritualité entre l'Asie et l'Occident.
Plongée dans la jeunesse parisienne de Mai 68, passionnée de cinéma et de politique.
Anecdotes
Bernardo Bertolucci est le fils du célèbre poète italien Attilio Bertolucci. À 21 ans, il publie lui-même un recueil de poèmes et remporte le prix Viareggio, l'une des plus hautes distinctions littéraires d'Italie. Mais c'est finalement vers le cinéma, et non la poésie, qu'il choisit de tourner sa vie.
À tout juste 20 ans, le jeune Bertolucci devient l'assistant du réalisateur et poète Pier Paolo Pasolini sur le tournage de son premier film, « Accattone » (1961). C'est cette rencontre qui le décide à abandonner l'université pour faire du cinéma son métier.
Pour tourner « Le Dernier Empereur » (1987), Bertolucci obtient une autorisation exceptionnelle : il devient le premier réalisateur occidental autorisé à filmer à l'intérieur de la Cité interdite de Pékin, un palais resté longtemps fermé aux étrangers. Le film y mobilise des milliers de figurants.
« Le Dernier Empereur » remporte les neuf Oscars pour lesquels il était nommé en 1988, dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur. Un sans-faute extrêmement rare dans l'histoire des Oscars.
En 2011, le Festival de Cannes lui décerne une Palme d'or d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. Affaibli par des opérations du dos, Bertolucci la reçoit assis dans un fauteuil roulant, profondément ému d'être récompensé là où il avait présenté ses films pendant un demi-siècle.
Sources primaires
Avant le cinéma, Bertolucci se rêve poète, dans le sillage de son père Attilio ; ce premier livre, primé, marque ses adieux à l'écriture en vers au profit de la caméra.
Le réalisateur racontait l'émotion de pénétrer avec ses caméras dans un lieu interdit pendant des siècles, où il fallait recréer la cour impériale chinoise avec des milliers de figurants.
Récompensé du meilleur réalisateur, Bertolucci salue une victoire collective de toute son équipe, soulignant qu'un film aussi vaste est avant tout le fruit d'un travail commun.
Bertolucci confie son émotion de recevoir cette distinction là même où il avait montré ses films durant toute sa carrière, faisant de Cannes le lieu de sa mémoire de cinéaste.
Lieux clés
Ville d'Émilie-Romagne où naît Bertolucci en 1941. Il y grandit dans une famille de lettres, marquée par la poésie de son père Attilio.
Capitale italienne où Bertolucci fait carrière, travaille avec Pasolini et tourne de nombreux films. Il y meurt en 2018.
Ancien palais des empereurs de Chine, où Bertolucci obtient l'autorisation exceptionnelle de tourner « Le Dernier Empereur ». Premier film occidental filmé dans ce lieu.
Cadre du « Dernier Tango à Paris » (1972) et d'« Innocents » (2003), où il met en scène la jeunesse de Mai 68. La capitale française traverse toute son œuvre.
Grand rendez-vous mondial du cinéma où Bertolucci présente ses films pendant des décennies et reçoit en 2011 la Palme d'or d'honneur.
Objets typiques

Appareil professionnel qui impressionne l'image sur une pellicule de 35 millimètres, format de référence du cinéma d'auteur de son époque. C'est l'outil central avec lequel Bertolucci composait ses plans somptueux.

Petit tableau à bras articulé que l'on claque devant la caméra au début de chaque prise. Il sert à identifier la scène et à synchroniser l'image et le son.

Texte détaillant l'histoire, les dialogues et le déroulement des scènes d'un film. Bertolucci, fils de poète, accordait une grande importance à l'écriture, qu'il signait souvent lui-même.

Petit instrument optique porté autour du cou qui permet au cinéaste de cadrer une scène à l'œil avant de placer la caméra. Il aide à choisir l'angle et la focale de chaque plan.

Siège pliant en toile, souvent marqué du nom du metteur en scène, depuis lequel le réalisateur dirige le plateau. Elle est devenue le symbole même de l'autorité du cinéaste.

Trophée doré décerné par l'Académie des arts et sciences du cinéma américain. Bertolucci en remporta neuf en une seule soirée pour « Le Dernier Empereur ».

Long ruban de film enroulé sur une bobine, support physique des images avant l'ère du numérique. Une fois développée et montée, elle constituait le film projeté en salle.
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Vie quotidienne
Matin
En période de tournage, la journée d'un réalisateur comme Bertolucci commençait très tôt, souvent avant le lever du soleil pour profiter de la lumière. Il relisait le découpage des scènes du jour et discutait les plans avec son directeur de la photographie.
Après-midi
L'après-midi se passait sur le plateau, à diriger les acteurs, régler les éclairages et enchaîner les prises. Cinéaste exigeant, il recommençait une scène autant de fois que nécessaire pour atteindre l'image qu'il avait en tête.
Soir
Le soir, après le tournage, venait le moment de visionner les « rushes », les images filmées dans la journée. Hors tournage, Bertolucci fréquentait écrivains, intellectuels et autres cinéastes, dans la tradition du cinéma d'auteur italien.
Alimentation
Italien attaché à sa culture, il appréciait la cuisine de son pays, notamment les pâtes et les spécialités de sa région d'Émilie-Romagne, réputée pour le parmesan et le jambon de Parme. Les longs tournages à l'étranger l'amenaient aussi à découvrir des cuisines très différentes, en Chine ou au Maghreb.
Vêtements
Sur les plateaux, Bertolucci portait des tenues décontractées et pratiques, à l'image des cinéastes de son temps, parfois écharpe ou lunettes de réalisateur autour du cou. Lors des grandes cérémonies comme les Oscars ou Cannes, il endossait costume sombre et tenue de soirée.
Habitat
Bertolucci vivait principalement à Rome, dans un appartement de la capitale italienne. Ses tournages le menaient toutefois à séjourner de longs mois loin de chez lui, dans des hôtels à Pékin, à Paris ou dans le désert.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Le Conformiste
1970
Novecento (1900)
1976
Le Dernier Empereur
1987
Un thé au Sahara
1990






