Réalisateur, scénariste et producteur américain d'origine austro-hongroise, Billy Wilder est l'une des figures majeures du cinéma hollywoodien classique. Maître de la comédie comme du film noir, il a réalisé des chefs-d'œuvre tels que *Sunset Boulevard*, *Certains l'aiment chaud* et *La Garçonnière*.
Billy Wilder(1906 — 2002)
Billy Wilder
États-Unis, Autriche, Autriche-Hongrie
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1906 à Sucha (Galicie, Autriche-Hongrie) et mort en 2002 à Los Angeles
- Émigre aux États-Unis en 1934 pour fuir le nazisme, après des débuts de scénariste à Berlin
- Réalise *Assurance sur la mort* (1944), classique du film noir
- Réalise *Sunset Boulevard* (1950), regard critique sur Hollywood
- Remporte six Oscars au cours de sa carrière, dont ceux de *La Garçonnière* (1960)
Œuvres & réalisations
Film noir fondateur sur un meurtre maquillé en accident ; un modèle du genre par sa noirceur et ses dialogues acérés.
Portrait sans complaisance d'un alcoolique ; il remporta l'Oscar du meilleur film et celui du meilleur réalisateur.
Satire cruelle de Hollywood vue à travers une ancienne star du muet oubliée ; un des plus grands films sur le cinéma lui-même.
Comédie avec Marilyn Monroe, source de l'image mythique de sa robe soulevée par la bouche d'aération du métro.
Adaptation virtuose d'Agatha Christie, salle de tribunal à suspense célèbre pour son retournement final.
Comédie burlesque sur deux musiciens déguisés en femmes, souvent citée parmi les meilleures comédies de l'histoire du cinéma.
Comédie douce-amère sur l'arrivisme dans les bureaux ; vainqueur de cinq Oscars, dont meilleur film, réalisateur et scénario.
Anecdotes
Juif autrichien, Billy Wilder fuit l'Allemagne en 1933 dès l'arrivée d'Hitler au pouvoir : il passe par Paris avant de rejoindre Hollywood en 1934. Sa mère, sa grand-mère et son beau-père, restés en Europe, périrent dans la Shoah. Cette blessure intime hanta discrètement son œuvre toute sa vie.
En débarquant aux États-Unis, Wilder parlait à peine anglais. Il raconta souvent l'avoir appris en écoutant la radio, les retransmissions de matchs de baseball et les paroles des chansons populaires, un dictionnaire à portée de main. Quelques années plus tard, il écrivait pourtant les dialogues les plus mordants de Hollywood.
La célèbre réplique finale de *Certains l'aiment chaud* (1959), « Personne n'est parfait », n'était au départ qu'une formule provisoire griffonnée par Wilder et son coscénariste I.A.L. Diamond, faute de mieux. Faute d'idée plus brillante, ils la gardèrent — et elle devint l'une des fins les plus célèbres du cinéma.
En 1960, *La Garçonnière* rapporta trois Oscars à Wilder lui-même la même nuit (meilleur film comme producteur, meilleur réalisateur et meilleur scénario), un exploit alors inédit. Il fut nommé 21 fois aux Oscars au cours de sa carrière.
Wilder était un collectionneur d'art passionné, amassant Picasso, Miró, Calder ou Schiele. En 1989, il vendit une partie de sa collection chez Christie's pour environ 32,6 millions de dollars, prouvant qu'il avait l'œil aussi sûr derrière une caméra que devant un tableau.
Sources primaires
Si vous avez un problème avec le troisième acte, le vrai problème est dans le premier acte.
Captez l'attention du public dès le début, puis ne la lâchez plus.
J'en ai parlé à mon médecin et à mon psychiatre : ils me disent que je suis trop vieux et trop riche pour recommencer.
Je remercie l'Amérique de m'avoir accueilli quand j'étais un réfugié qui parlait à peine anglais.
Lieux clés
Petite ville de l'Empire austro-hongrois, aujourd'hui Sucha Beskidzka en Pologne, où naît Billy Wilder en 1906.
Capitale autrichienne où Wilder grandit et débute comme journaliste dans les années 1920, au cœur d'une vie culturelle intense.
Métropole de la République de Weimar où Wilder travaille comme scénariste pour les studios UFA avant l'arrivée des nazis.
Première étape de l'exil de Wilder en 1933, où il réalise un film avant de gagner les États-Unis.
Quartier de Los Angeles et capitale mondiale du cinéma, où Wilder bâtit sa carrière de scénariste puis de réalisateur à partir de 1934.
Lieu de résidence de Wilder à Los Angeles, où il conserva longtemps son bureau et sa collection d'art, et où il mourut en 2002.
Objets typiques

Outil central du réalisateur classique de Hollywood, lourde et montée sur trépied ou chariot (dolly). Wilder l'utilisait avec sobriété, au service du récit plutôt que de l'effet.

Ardoise frappée devant la caméra pour synchroniser l'image et le son et identifier chaque prise. Symbole universel du tournage hollywoodien.

Instrument de travail du scénariste : Wilder, écrivain avant d'être cinéaste, ciselait ses dialogues à la machine avec ses partenaires Charles Brackett puis I.A.L. Diamond.

Document de travail où sont consignés dialogues, plans et indications de mise en scène. Pour Wilder, tout commençait par la qualité du texte.

Trophée de l'Académie des arts et sciences du cinéma. Wilder en remporta six au total, symbole de sa réussite dans le système des studios.

Petite badine ou stick que Wilder aimait tenir et faire tournoyer en arpentant le plateau ou son bureau pendant qu'il réfléchissait à une scène.
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Vie quotidienne
Matin
En réalisateur méticuleux, Wilder commençait tôt, café à la main, en relisant le scénario du jour. Quand il écrivait, il rejoignait son coscénariste dans un bureau modeste pour faire et refaire les dialogues, ligne par ligne.
Après-midi
Sur un plateau, l'après-midi se passait à diriger acteurs et techniciens, souvent en peu de prises car il préparait tout à l'avance. Hors tournage, il arpentait son bureau en réfléchissant à une scène, parfois une badine à la main.
Soir
Le soir, Wilder fréquentait les dîners et les cercles d'émigrés européens de Hollywood, où l'on parlait allemand et cinéma. Amateur de bons mots, il y aiguisait l'esprit caustique qui nourrissait ses films.
Alimentation
Sa table reflétait son double monde : la cuisine viennoise de son enfance (schnitzel, pâtisseries, café viennois) et les habitudes américaines de Los Angeles. Il appréciait les restaurants où se retrouvaient les gens du cinéma.
Vêtements
Wilder soignait son allure d'homme de studio : costume bien coupé, chemise et cravate, souvent coiffé d'un chapeau. Son élégance discrète tranchait avec l'extravagance de certaines stars qu'il dirigeait.
Habitat
Installé à Beverly Hills, il vivait dans un appartement et un bureau remplis d'œuvres d'art moderne, sa grande passion. Ce cadre raffiné contrastait avec les origines modestes de sa jeunesse en Europe centrale.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Sept ans de réflexion (The Seven Year Itch)
1955
Témoin à charge (Witness for the Prosecution)
1957






