Bona Dea

Bona Dea

6 min de lecture

SpiritualitéMythologieAntiquitéRome antique, des origines de la République jusqu'à l'Empire romain

Bona Dea (« la Bonne Déesse ») est une divinité romaine de la fertilité, de la guérison et de la chasteté, vénérée exclusivement par les femmes. Son culte secret excluait les hommes, et l'impératrice Livie fit restaurer et rededier son temple sur l'Aventin.

Questions fréquentes

Bona Dea, « la Bonne Déesse », est une divinité romaine de la fertilité, de la guérison et de la chasteté féminine. Ce qu'il faut retenir, c'est que son culte était exclusivement réservé aux femmes et se déroulait dans le plus grand secret : aucun homme ne pouvait y assister, au point que les statues masculines du lieu étaient voilées. Son véritable nom était tenu caché – certains auteurs antiques comme Macrobe l'identifient à Fauna, épouse ou fille du dieu Faunus. Bona Dea n'était pas une déesse majeure du panthéon officiel, mais elle jouait un rôle central dans la vie religieuse des matrones romaines, qui l'invoquaient pour la santé, la grossesse et la protection du foyer.

Faits marquants

  • Divinité romaine de la fertilité, de la guérison et de la chasteté, honorée principalement par les femmes
  • Possédait un temple sur l'Aventin à Rome, lieu central de son culte
  • Son culte excluait strictement les hommes ; ses cérémonies nocturnes étaient secrètes
  • En 62 av. J.-C., le scandale de Publius Clodius Pulcher, qui s'introduisit déguisé en femme lors des rites célébrés chez Jules César, provoqua un procès retentissant
  • Sous le règne d'Auguste (Ier siècle av. J.-C. - Ier siècle apr. J.-C.), l'impératrice Livie fit restaurer et rededier son temple

Œuvres & réalisations

Fondation du temple de l'Aventin (tradition : 272 av. J.-C.)

Sanctuaire devenu centre du culte exclusivement féminin et lieu de distribution de remèdes.

Cérémonie nocturne de décembre (annuelle, République et Empire)

Rite secret tenu chez le magistrat suprême, présidé par les matrones et les vestales, dont les hommes étaient exclus.

Restauration du temple par Livie (vers 10 av. J.-C.)

Réfection impériale liant Bona Dea à l'idéal de la matrone vertueuse promu par le régime augustéen.

Fonction oraculaire et guérisseuse (période républicaine et impériale)

La déesse était invoquée pour la santé, la fertilité et la guérison ; son temple servait de lieu de soin pour les femmes.

Diffusion du culte dans les provinces (Ier-IIIe siècle ap. J.-C.)

Inscriptions et dédicaces votives attestent la vénération de Bona Dea bien au-delà de Rome.

Mémoire littéraire (Ier siècle av. - Ve siècle ap. J.-C.)

Ovide, Cicéron, Plutarque et Macrobe ont transmis les rites et les légendes de la déesse.

Anecdotes

Le culte de Bona Dea était si secret qu'aucun homme ne pouvait y assister, et l'on dit que même les statues masculines du lieu de la cérémonie devaient être voilées. Le vin lui-même y était appelé « lait » et servi dans un récipient nommé « pot à miel », pour masquer son interdiction officielle aux femmes.

En 62 av. J.-C., un scandale éclata : le jeune patricien Publius Clodius Pulcher se déguisa en musicienne pour s'introduire dans la cérémonie nocturne tenue chez Jules César, où sa femme officiait. Démasqué, il provoqua un procès retentissant pour sacrilège et César divorça aussitôt, déclarant que sa femme « devait être au-dessus de tout soupçon ».

Des serpents vivants étaient gardés dans le temple de Bona Dea, symboles de fertilité et de guérison. Le sanctuaire abritait aussi des plantes médicinales que les prêtresses distribuaient, faisant du lieu une sorte de dispensaire sacré réservé aux femmes.

L'impératrice Livie, épouse d'Auguste, fit restaurer le temple de Bona Dea sur l'Aventin, associant ainsi la déesse à l'image de l'épouse vertueuse et de la matrone romaine idéale que le régime impérial cherchait à promouvoir.

Le vrai nom de la déesse était tenu secret : « Bona Dea » (la Bonne Déesse) n'est qu'une appellation respectueuse. Certains auteurs anciens l'identifiaient à Fauna, fille ou épouse du dieu Faunus, qui aurait refusé de boire du vin avant son mariage.

Sources primaires

Plutarque, Vie de César (vers 100 ap. J.-C.)
Les Romains ont une déesse qu'ils appellent Bona... Aucun homme ne peut assister à ses cérémonies sacrées, ni même se trouver dans la maison pendant qu'on les célèbre.
Cicéron, Sur la réponse des haruspices (De haruspicum responso) (56 av. J.-C.)
Ce sacrifice si ancien, le seul dont le nom même ne puisse être entendu d'un homme, que Clodius a profané.
Ovide, Les Fastes (livre V) (vers 8 ap. J.-C.)
Il existe sous la roche un lieu consacré à la Bonne Déesse... d'où les yeux des hommes sont écartés.
Macrobe, Saturnales (début Ve siècle ap. J.-C.)
On dit que cette déesse est Fauna, qui de son vivant ne fut jamais vue d'aucun homme hormis son époux, et dont aucun homme n'entendit le nom.

Lieux clés

Temple de Bona Dea sur l'Aventin

Principal sanctuaire de la déesse à Rome, situé sur la pente de la colline de l'Aventin, restauré par l'impératrice Livie.

Colline de l'Aventin (Rome)

L'une des sept collines de Rome, associée aux cultes plébéiens et féminins, où se dressait le temple de la déesse.

Maison du magistrat suprême (Rome)

Chaque année, le rite nocturne de décembre se tenait dans la demeure d'un consul ou préteur, présidé par son épouse et les vestales.

Forum Romain

Cœur politique et religieux de Rome où se jugea le procès de Clodius pour la profanation du culte en 61 av. J.-C.

Sanctuaire rupestre du Latium

Ovide situe un lieu consacré à la Bonne Déesse sous une roche, à l'écart du regard des hommes, illustrant le caractère caché du culte.

Voir aussi