Économiste serbo-américain spécialiste de l'étude des inégalités de revenus à l'échelle mondiale. Ancien économiste en chef du département recherche de la Banque mondiale, il est l'un des principaux théoriciens contemporains de la mesure des inégalités globales.
Branko Milanović(1953 — ?)
Branko Milanović
Serbie
7 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1953 à Belgrade (ex-Yougoslavie), il étudie l'économie et soutient une thèse sur les inégalités en Yougoslavie
- Devient économiste en chef au département recherche de la Banque mondiale, où il développe ses travaux sur les inégalités mondiales
- Popularise la « courbe de l'éléphant » (vers 2012-2016) montrant les gagnants et perdants de la mondialisation entre 1988 et 2008
- Publie « Inégalités mondiales » (Global Inequality, 2016), ouvrage de référence sur la répartition des revenus à l'échelle planétaire
- Publie « Le capitalisme, sans rivaux » (Capitalism, Alone, 2019) comparant capitalisme libéral et capitalisme politique
Œuvres & réalisations
Première grande synthèse de sa méthode : il y distingue inégalités entre pays et inégalités entre tous les individus du monde.
Histoire vivante et accessible des inégalités, mêlant données chiffrées, histoire et exemples tirés de la littérature.
Graphique devenu mondialement célèbre montrant qui a gagné et qui a perdu avec la mondialisation entre 1988 et 2008.
Son livre le plus influent, qui propose les « vagues de Kuznets » et le concept de prime de citoyenneté pour penser l'inégalité mondiale.
Analyse de la victoire planétaire du capitalisme et de la rivalité entre sa version libérale et sa version « politique » chinoise.
Histoire de la manière dont les grands économistes, d'Adam Smith à Kuznets, ont pensé les inégalités à travers les siècles.
Anecdotes
En 2013, Branko Milanović et son collègue Christoph Lakner publient un graphique surnommé la « courbe de l'éléphant » : sa silhouette montante puis retombante ressemble à un éléphant levant sa trompe. Elle montre que, entre 1988 et 2008, les classes moyennes des pays émergents (surtout en Asie) et les très riches ont vu leurs revenus exploser, tandis que les classes populaires des pays riches stagnaient. Ce dessin est devenu l'une des images les plus célèbres pour expliquer la mondialisation.
Milanović aime dire que le facteur qui détermine le plus votre revenu n'est ni votre talent ni votre travail, mais le simple pays où vous êtes né : il appelle cela la « prime de citoyenneté ». Selon ses calculs, naître au bon endroit explique à lui seul plus de la moitié des écarts de revenus dans le monde.
Né à Belgrade dans la Yougoslavie communiste de Tito, Milanović a grandi dans un pays « socialiste de marché » unique en son genre. Cette expérience d'un système ni vraiment soviétique ni vraiment capitaliste a nourri toute sa réflexion sur les différentes formes que peut prendre le capitalisme.
Pour mesurer les inégalités à l'échelle de la planète, Milanović a passé des années à réunir et harmoniser des centaines d'enquêtes auprès des ménages de dizaines de pays. Comparer le revenu d'un paysan chinois et celui d'un cadre allemand demande des ajustements minutieux : c'est ce travail patient de données qui a rendu possible la première mesure des inégalités « mondiales » entre individus.
Dans son livre « Les Nantis et les démunis » (2011), Milanović s'amuse à classer les personnages de romans selon leur richesse : il calcule par exemple où se situerait M. Darcy d'« Orgueil et Préjugés » ou Anna Karénine dans la hiérarchie sociale de leur époque, pour rendre l'économie concrète et vivante.
Sources primaires
La prime ou la pénalité de citoyenneté est, pour la plupart des gens dans le monde, le déterminant le plus important de leur niveau de revenu.
Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, il est possible de parler d'inégalité mondiale, c'est-à-dire de l'inégalité entre tous les habitants de la planète.
Le monde entier est désormais organisé selon les mêmes principes économiques : la production pour le profit, le travail salarié et le capital coordonnés de manière décentralisée. Le capitalisme règne seul.
L'endroit où vous vivez détermine en grande partie ce que vous gagnerez tout au long de votre vie ; c'est la loterie de la naissance.
Lieux clés
Ville natale de Milanović, alors capitale de la Yougoslavie socialiste, où il fait ses études et soutient sa thèse sur les inégalités.
Siège de l'institution où Milanović a été économiste de premier plan au département de la recherche pendant près de vingt ans.
Établissement new-yorkais où il poursuit ses recherches sur les inégalités au sein du Stone Center on Socio-Economic Inequality.
L'une des universités américaines où Milanović a enseigné l'économie du développement et des inégalités.
Grande école d'économie où il a été chercheur invité, dans une ville centrale du débat international sur les inégalités.
Objets typiques

Indice chiffré entre 0 et 1 qui résume le degré d'inégalité des revenus dans une population. C'est l'outil central que Milanović utilise et discute pour comparer pays et époques.

Graphique en forme d'éléphant montrant comment les revenus mondiaux ont évolué entre 1988 et 2008 selon les groupes sociaux. Il est devenu le symbole visuel des effets de la mondialisation.

Vastes questionnaires statistiques recensant les revenus et dépenses des familles dans chaque pays. Milanović en a harmonisé des centaines pour reconstituer l'inégalité mondiale.

Outil de travail quotidien de l'économiste contemporain, qui sert à traiter d'immenses bases de données. Sans lui, le calcul de l'inégalité entre tous les habitants de la planète serait impossible.

Méthode de conversion des monnaies qui tient compte du coût réel de la vie dans chaque pays. Elle permet de comparer équitablement le revenu d'un Indien et celui d'un Américain.

Ouvrages comme « Global Inequality » ou « Les Nantis et les démunis », écrits pour le grand public et truffés d'exemples concrets. Ils ont fait connaître ses idées bien au-delà des universités.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Comme beaucoup de chercheurs contemporains, Milanović commence souvent sa journée en lisant l'actualité économique et en consultant les nouvelles données statistiques publiées par les institutions internationales. La matinée est consacrée à l'écriture d'articles ou de chapitres de livre, au calme.
Après-midi
L'après-midi se partage entre l'analyse de bases de données sur ordinateur, les échanges avec d'autres économistes et la préparation de cours ou de conférences. Il anime aussi un blog et des réseaux sociaux où il discute des inégalités avec un large public.
Soir
La soirée peut être occupée par des conférences en visioconférence avec des collègues d'autres continents, ou par la lecture d'ouvrages d'histoire et d'économie. Milanović est connu pour son goût des références littéraires et historiques.
Alimentation
Sa vie se déroule entre l'Europe et les États-Unis, au gré d'une alimentation urbaine et internationale, sans particularité notable. Le café accompagne souvent les longues heures de travail sur les données.
Vêtements
Il porte la tenue habituelle de l'universitaire contemporain : veste, chemise et vêtements de ville sobres pour les conférences et les enseignements.
Habitat
Économiste partageant sa vie entre Washington et New York, il vit dans des logements urbains modernes, proches des grandes universités et institutions où il travaille.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Worlds Apart: Measuring International and Global Inequality
2005
The Haves and the Have-Nots (Les Nantis et les démunis)
2011
Courbe de l'éléphant (avec Christoph Lakner)
2013
Global Inequality: A New Approach for the Age of Globalization
2016
Capitalism, Alone: The Future of the System That Rules the World
2019
Visions of Inequality: From the French Revolution to the End of the Cold War
2023






