Brigantia

Brigantia

5 min de lecture

MythologieSpiritualitéAntiquitéAntiquité tardive, durant la période gallo-romaine et romano-britannique (environ Ier–IVe siècle apr. J.-C.)

Brigantia est une déesse celtique honorée dans la Bretagne romaine, notamment par la confédération des Brigantes, dans le nord de l'actuelle Angleterre. Divinité tutélaire et protectrice, elle fut associée par syncrétisme à la Minerve romaine et à la Victoire. On la rapproche souvent de la Brigid irlandaise.

Faits marquants

  • Déesse éponyme et protectrice de la confédération des Brigantes, dans le nord de la Bretagne romaine.
  • Honorée durant la période romano-britannique, attestée par des inscriptions et autels datés des environs du IIe–IIIe siècle apr. J.-C.
  • Assimilée par syncrétisme à des divinités romaines comme Minerve, la Victoire et Caelestis.
  • Son nom dérive d'une racine celtique signifiant « l'Élevée » ou « la Haute », évoquant souveraineté et hauteur.
  • Fréquemment rapprochée de la déesse irlandaise Brigid, témoignant d'un fond mythologique celtique commun.

Œuvres & réalisations

Le relief de Birrens (IIe–IIIe siècle apr. J.-C.)

Chef-d'œuvre sculpté qui synthétise les attributs de Minerve, de la Victoire et d'une déesse-cité ; l'image la plus célèbre de Brigantia.

L'autel de Victoria Brigantia (Greetland) (208 apr. J.-C.)

Témoignage daté de son culte comme déesse de la victoire associée au culte impérial.

L'autel de Caelestis Brigantia (Corbridge) (IIe–IIIe siècle apr. J.-C.)

Inscription qui rapproche Brigantia de la Dea Caelestis orientale, illustrant l'ampleur du syncrétisme religieux.

Déesse tutélaire des Brigantes (Antiquité)

Brigantia incarnait la souveraineté et la protection de la confédération qui dominait le nord de la Bretagne romaine.

Le syncrétisme avec Minerve et la Victoire (période gallo-romaine)

Son assimilation aux déesses romaines illustre concrètement l'interpretatio romana en Bretagne.

L'héritage toponymique et le lien avec Brigid (Antiquité à aujourd'hui)

Des rivières (Brent, Braint) et le rapprochement avec Brigid / sainte Brigitte de Kildare perpétuent son souvenir.

Anecdotes

Au fort romain de Birrens, en Écosse, on a découvert une dalle sculptée représentant Brigantia comme une déesse 'tout-en-un' : elle porte la couronne murale d'une protectrice de cité, l'égide à tête de Gorgone et la lance de Minerve, ainsi que les ailes et le globe de la Victoire romaine. Une inscription précise qu'elle fut réalisée par 'Amandus l'architecte' sur ordre impérial. Ce monument montre comment Romains et Bretons fusionnaient leurs divinités.

Le nom de Brigantia vient d'une racine celtique, *brigantī, qui signifie 'la Très-Haute' ou 'l'Exaltée'. La puissante confédération des Brigantes, qui occupait le nord de l'actuelle Angleterre, portait le même nom : la déesse et son peuple partageaient ainsi une seule identité, celle des 'hauts' ou des 'nobles'.

Un autel découvert à Greetland, dans le Yorkshire, est dédié à 'la déesse Victoria Brigantia'. Grâce aux noms des consuls gravés dessus, on peut le dater très précisément de l'an 208 apr. J.-C. : preuve que Brigantia était alors honorée comme une déesse de la victoire, aux côtés du culte des empereurs.

Les spécialistes rapprochent souvent Brigantia de la déesse irlandaise Brigid, fille du Dagda, patronne des poètes, des guérisseurs et des forgerons. Cette Brigid fut plus tard christianisée sous les traits de sainte Brigitte de Kildare. Le nom commun suggère l'existence d'une très ancienne 'déesse haute' partagée par le monde celtique.

Plusieurs rivières pourraient garder le souvenir de Brigantia : la Brent à Londres et la Braint, sur l'île d'Anglesey, tireraient leur nom de la déesse. Comme beaucoup de divinités celtiques, elle était étroitement liée à l'eau et à la terre qu'elle protégeait.

Sources primaires

Inscription de Birrens (RIB 2091) (IIe–IIIe siècle apr. J.-C.)
Brigantiae sacrum Amandus architectus ex imperio imperatoris fecit. (Consacré à Brigantia ; Amandus l'architecte l'a réalisé sur ordre impérial.)
Autel de Greetland, Yorkshire (RIB 627) (208 apr. J.-C.)
Deae Victoriae Brigantiae et numinibus Augustorum Titus Aurelius Aurelianus dono dedit pro se et suis... (À la déesse Victoria Brigantia et aux numina des empereurs, Titus Aurelius Aurelianus a offert ce présent pour lui et les siens.)
Autel de Corbridge (RIB 1131) (IIe–IIIe siècle apr. J.-C.)
Iovi aeterno Dolicheno et Caelesti Brigantiae et Saluti... (À Jupiter Dolichenus éternel, à la Céleste Brigantia et à Salus...)

Lieux clés

Birrens (Blatobulgium), Écosse

Fort romain où fut découvert le célèbre relief de Brigantia mêlant attributs de Minerve et de la Victoire.

Greetland, Yorkshire

Lieu de l'autel daté de 208 apr. J.-C. dédié à 'Victoria Brigantia'.

Corbridge (Coria), Northumberland

Site d'un autel associant Brigantia à la Dea Caelestis et à Jupiter Dolichenus.

Isurium Brigantum (Aldborough)

Chef-lieu (civitas) de la confédération des Brigantes, peuple placé sous la protection de la déesse.

Territoire des Brigantes (Pennines, nord de l'Angleterre)

Vaste région montagneuse dominée par les Brigantes, dont Brigantia était la déesse tutélaire.

Voir aussi