Buster Keaton(1895 — 1966)

Buster Keaton

États-Unis

6 min de lecture

SpectacleActeur/triceRéalisateur/triceXXe siècleÂge d'or du cinéma muet hollywoodien des années 1920, avant l'avènement du parlant.

Acteur, réalisateur et cascadeur américain, figure majeure du cinéma burlesque muet. Surnommé « l'homme qui ne rit jamais », il incarne un personnage impassible affrontant un monde mécanique et hostile.

Questions fréquentes

Buster Keaton (1895-1966) est un acteur, réalisateur et cascadeur américain, figure majeure du cinéma burlesque muet. Ce qui le distingue de ses contemporains comme Charlie Chaplin, c'est son fameux visage impassible, surnommé « deadpan » ou « visage de pierre ». Ce qu'il faut retenir, c'est que Keaton a compris très tôt que ne pas sourire rendait ses gags plus drôles : le public rit davantage devant un personnage qui ne rit pas lui-même. Il a fait de cette absence d'expression sa marque de fabrique, comme il l'explique dans son autobiographie My Wonderful World of Slapstick.

Faits marquants

  • Né en 1895 à Piqua (Kansas), il débute enfant dans le music-hall au sein du numéro familial des « Three Keatons »
  • Réalise et interprète Le Mécano de la Générale (The General) en 1926, considéré comme son chef-d'œuvre
  • Tourne des classiques comme La Croisière du Navigator (1924) et Les Lois de l'hospitalité (1923)
  • Exécute lui-même ses cascades dangereuses, comme la façade qui s'effondre autour de lui dans Steamboat Bill Jr. (1928)
  • Mort en 1966 à Woodland Hills (Californie), redécouvert et célébré en fin de vie

Œuvres & réalisations

One Week (1920)

Court-métrage où un couple monte une maison en kit aux résultats catastrophiques ; chef-d'œuvre de gags mécaniques qui le révèle comme auteur.

Our Hospitality (1923)

Long-métrage mêlant comédie et reconstitution historique, célèbre pour ses cascades sur une cascade d'eau.

Sherlock Jr. (1924)

Un projectionniste s'endort et entre dans l'écran de cinéma : réflexion vertigineuse et avant-gardiste sur l'illusion filmique.

The Navigator (1924)

Comédie sur un paquebot à la dérive, l'un de ses plus grands succès commerciaux.

The General (1926)

Épopée burlesque pendant la guerre de Sécession, souvent citée comme son chef-d'œuvre absolu et l'un des plus grands films muets.

Steamboat Bill, Jr. (1928)

Comédie célèbre pour la cascade de la façade qui s'effondre, une des images les plus iconiques du cinéma.

The Cameraman (1928)

Premier film à la MGM, dernier grand succès avant la perte de son indépendance créative.

Film (1965)

Court-métrage expérimental écrit par Samuel Beckett, ultime grand rôle qui consacre Keaton auprès de l'avant-garde.

Anecdotes

Dans « Steamboat Bill, Jr. » (1928), Buster Keaton tourne l'un des cascades les plus dangereuses de l'histoire du cinéma : la façade d'une maison de deux tonnes s'effondre sur lui, et il n'est sauvé que parce qu'une fenêtre ouverte passe exactement à l'emplacement de son corps. La marge d'erreur était de quelques centimètres ; toute l'équipe avait préféré détourner le regard pendant la prise.

On surnomme Keaton « l'homme qui ne rit jamais » ou « the Great Stone Face » (le visage de pierre). Très tôt, il comprend que son visage impassible fait davantage rire le public que s'il souriait, et il en fait sa marque de fabrique pour le reste de sa carrière.

Pendant le tournage de « Sherlock Jr. » (1924), Keaton se fracture une vertèbre du cou lors d'une scène où un jet d'eau d'un château d'eau le projette sur des rails. Il termine la prise et ne découvre la gravité de la blessure que des années plus tard, lors d'un examen médical.

Keaton vient du music-hall : enfant, il fait partie du numéro familial « The Three Keatons », où son père le projette littéralement à travers la scène. Cet apprentissage des chutes et des acrobaties dès le plus jeune âge explique sa maîtrise corporelle exceptionnelle au cinéma.

Pour « The General » (1926), Keaton fait précipiter une véritable locomotive à vapeur dans une rivière depuis un pont qui s'effondre : ce fut le plan le plus cher du cinéma muet. La carcasse de la machine resta dans le cours d'eau de l'Oregon pendant des décennies et devint une attraction touristique.

Sources primaires

My Wonderful World of Slapstick (autobiographie de Buster Keaton) (1960)
« The secret of the comic effect of my deadpan face was that I refused to laugh at my own gags. » (Le secret de l'effet comique de mon visage impassible, c'est que je refusais de rire de mes propres gags.)
Entretien de Buster Keaton avec Christopher Bishop, Film Quarterly (1958)
« I never tried to use a double or a stuntman. I did all my own falls and stunts. » (Je n'ai jamais cherché à utiliser une doublure ou un cascadeur. Je faisais moi-même toutes mes chutes et mes cascades.)
Critique de « The General » dans le New York Times (1927)
Le film y est jugé décevant à sa sortie, le critique reprochant à Keaton de mêler comédie burlesque et reconstitution de la guerre de Sécession, avant sa réévaluation comme chef-d'œuvre.

Lieux clés

Piqua, Kansas (États-Unis)

Petite ville où Buster Keaton naît en 1895, pendant une tournée de ses parents artistes de vaudeville.

Hollywood, Los Angeles (Californie)

Capitale du cinéma muet où Keaton tourne l'essentiel de son œuvre et installe son studio dans les années 1920.

Keaton Studio, Lillian Way (Hollywood)

Studio indépendant où il conçoit et réalise ses chefs-d'œuvre entre 1920 et 1928.

Cottage Grove, Oregon (États-Unis)

Région où fut tournée la célèbre scène du pont effondré de « The General » en 1926, avec la chute d'une vraie locomotive.

Woodland Hills, Los Angeles (Californie)

Quartier où Buster Keaton meurt d'un cancer du poumon en 1966.

Voir aussi