Acteur, réalisateur et cascadeur américain, figure majeure du cinéma burlesque muet. Surnommé « l'homme qui ne rit jamais », il incarne un personnage impassible affrontant un monde mécanique et hostile.
Buster Keaton(1895 — 1966)
Buster Keaton
États-Unis
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1895 à Piqua (Kansas), il débute enfant dans le music-hall au sein du numéro familial des « Three Keatons »
- Réalise et interprète Le Mécano de la Générale (The General) en 1926, considéré comme son chef-d'œuvre
- Tourne des classiques comme La Croisière du Navigator (1924) et Les Lois de l'hospitalité (1923)
- Exécute lui-même ses cascades dangereuses, comme la façade qui s'effondre autour de lui dans Steamboat Bill Jr. (1928)
- Mort en 1966 à Woodland Hills (Californie), redécouvert et célébré en fin de vie
Œuvres & réalisations
Court-métrage où un couple monte une maison en kit aux résultats catastrophiques ; chef-d'œuvre de gags mécaniques qui le révèle comme auteur.
Long-métrage mêlant comédie et reconstitution historique, célèbre pour ses cascades sur une cascade d'eau.
Un projectionniste s'endort et entre dans l'écran de cinéma : réflexion vertigineuse et avant-gardiste sur l'illusion filmique.
Comédie sur un paquebot à la dérive, l'un de ses plus grands succès commerciaux.
Épopée burlesque pendant la guerre de Sécession, souvent citée comme son chef-d'œuvre absolu et l'un des plus grands films muets.
Comédie célèbre pour la cascade de la façade qui s'effondre, une des images les plus iconiques du cinéma.
Premier film à la MGM, dernier grand succès avant la perte de son indépendance créative.
Court-métrage expérimental écrit par Samuel Beckett, ultime grand rôle qui consacre Keaton auprès de l'avant-garde.
Anecdotes
Dans « Steamboat Bill, Jr. » (1928), Buster Keaton tourne l'un des cascades les plus dangereuses de l'histoire du cinéma : la façade d'une maison de deux tonnes s'effondre sur lui, et il n'est sauvé que parce qu'une fenêtre ouverte passe exactement à l'emplacement de son corps. La marge d'erreur était de quelques centimètres ; toute l'équipe avait préféré détourner le regard pendant la prise.
On surnomme Keaton « l'homme qui ne rit jamais » ou « the Great Stone Face » (le visage de pierre). Très tôt, il comprend que son visage impassible fait davantage rire le public que s'il souriait, et il en fait sa marque de fabrique pour le reste de sa carrière.
Pendant le tournage de « Sherlock Jr. » (1924), Keaton se fracture une vertèbre du cou lors d'une scène où un jet d'eau d'un château d'eau le projette sur des rails. Il termine la prise et ne découvre la gravité de la blessure que des années plus tard, lors d'un examen médical.
Keaton vient du music-hall : enfant, il fait partie du numéro familial « The Three Keatons », où son père le projette littéralement à travers la scène. Cet apprentissage des chutes et des acrobaties dès le plus jeune âge explique sa maîtrise corporelle exceptionnelle au cinéma.
Pour « The General » (1926), Keaton fait précipiter une véritable locomotive à vapeur dans une rivière depuis un pont qui s'effondre : ce fut le plan le plus cher du cinéma muet. La carcasse de la machine resta dans le cours d'eau de l'Oregon pendant des décennies et devint une attraction touristique.
Sources primaires
« The secret of the comic effect of my deadpan face was that I refused to laugh at my own gags. » (Le secret de l'effet comique de mon visage impassible, c'est que je refusais de rire de mes propres gags.)
« I never tried to use a double or a stuntman. I did all my own falls and stunts. » (Je n'ai jamais cherché à utiliser une doublure ou un cascadeur. Je faisais moi-même toutes mes chutes et mes cascades.)
Le film y est jugé décevant à sa sortie, le critique reprochant à Keaton de mêler comédie burlesque et reconstitution de la guerre de Sécession, avant sa réévaluation comme chef-d'œuvre.
Lieux clés
Petite ville où Buster Keaton naît en 1895, pendant une tournée de ses parents artistes de vaudeville.
Capitale du cinéma muet où Keaton tourne l'essentiel de son œuvre et installe son studio dans les années 1920.
Studio indépendant où il conçoit et réalise ses chefs-d'œuvre entre 1920 et 1928.
Région où fut tournée la célèbre scène du pont effondré de « The General » en 1926, avec la chute d'une vraie locomotive.
Quartier où Buster Keaton meurt d'un cancer du poumon en 1966.
Objets typiques

Chapeau à fond plat que Keaton fabriquait lui-même en aplatissant un Stetson. Il devint le signe distinctif de son personnage à l'écran.

Caméra de cinéma muet actionnée à la main par l'opérateur. Keaton la maîtrisait techniquement, calculant lui-même la vitesse de prise de vue de ses gags.

Locomotive de la guerre de Sécession au cœur de son film de 1926. Keaton en fit un véritable personnage, allant jusqu'à en précipiter une dans une rivière.

Panneau de texte inséré entre les images pour donner les dialogues ou commentaires dans un film muet. Keaton en usait avec parcimonie, privilégiant l'action visuelle.

Appareil projetant la pellicule sur grand écran dans les salles obscures. Au cœur de « Sherlock Jr. », où Keaton entre littéralement dans l'écran.

Costume burlesque mal ajusté typique de son personnage, qui accentuait le comique de ses chutes et acrobaties.
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Vie quotidienne
Matin
Au sommet de sa carrière, Keaton arrivait tôt à son studio de Hollywood. Il consacrait souvent la matinée à imaginer et tester des gags avec son équipe de gagmen, en improvisant les mécanismes d'une scène avant de filmer.
Après-midi
L'après-midi était réservé aux tournages et aux cascades, qu'il exécutait lui-même au péril de sa vie. Ingénieur autodidacte, il supervisait personnellement les accessoires, les trucages et les calculs techniques de ses cascades.
Soir
Le soir, Keaton aimait jouer au baseball ou au bridge avec son équipe, qu'il considérait comme une famille. Il visionnait aussi les rushes du jour pour décider du montage et affiner le rythme comique.
Alimentation
Keaton mangeait simplement, à l'américaine de son époque, mais sa consommation d'alcool devint un problème majeur après la perte de son studio dans les années 1930, période sombre dont il finit par se relever.
Vêtements
À l'écran, il portait son costume burlesque reconnaissable : veste étriquée, pantalon trop large et surtout son chapeau plat (porkpie). En privé, il s'habillait avec l'élégance discrète d'une star d'Hollywood des années 1920.
Habitat
Dans ses années fastes, Keaton vivait dans une vaste demeure de Beverly Hills surnommée « l'Italian Villa », symbole de sa réussite. Après ses revers financiers, il connut des logements bien plus modestes avant de retrouver une vie stable à Woodland Hills.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
One Week
1920
Our Hospitality
1923
The Navigator
1924






