Peintre et graveur français (1796-1875), Corot est l'une des figures majeures du paysagisme du XIXe siècle. Précurseur de l'impressionnisme, il fut un membre éminent de l'école de Barbizon et influença profondément les générations suivantes.
Camille Corot(1796 — 1875)
Camille Corot
France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Il faut avoir pour tout son art un seul maître : la nature.»
« Le beau dans l'art, c'est la vérité baignée dans l'impression reçue en face de la nature.»
Faits marquants
- 1796 : Naissance à Paris le 16 juillet
- 1822 : Premier séjour en Italie, découverte décisive de la lumière méditerranéenne
- Années 1830 : Fréquentation régulière de la forêt de Fontainebleau et du village de Barbizon
- 1855 : Succès à l'Exposition universelle de Paris, consécration officielle
- 1875 : Décès à Paris le 22 février, laissant une œuvre de plus de 3000 toiles
Œuvres & réalisations
Vue monumentale de la cathédrale depuis les champs environnants, cette toile révèle la maîtrise de Corot dans le rendu de l'architecture et de la lumière naturelle. Elle est conservée au musée du Louvre.
Étude en plein air réalisée lors du premier séjour en Italie, représentant le pont antique de Narni dans la campagne ombrienne. Ce tableau témoigne de la rigueur de sa formation et de sa sensibilité à la lumière méditerranéenne.
Grande composition symbolique montrant des nymphes dansant dans un sous-bois argenté. Cette toile illustre le tournant lyrique de l'œuvre de Corot, entre observation réaliste de la nature et vision poétique.
Chef-d'œuvre de la maturité de Corot, ce tableau représente un paysage lacustre baigné d'une brume dorée avec des silhouettes de femmes cueillant des fleurs. Acheté par l'État au Salon de 1864, il est conservé au musée du Louvre.
Série de toiles représentant les étangs proches de la propriété familiale de Corot. Ces paysages aux tons argentés et aux reflets aquatiques sont parmi ses œuvres les plus personnelles et annoncent directement l'impressionnisme.
Portrait d'une jeune femme italienne, témoignant de la capacité de Corot à exceller dans la figure humaine au-delà du seul paysage. Cette toile, aujourd'hui à la National Gallery of Art de Washington, révèle une psychologie subtile et une touche lumineuse.
Anecdotes
Corot était réputé pour sa générosité envers les artistes dans le besoin. Lorsqu'il apprit que son ami Honoré Daumier, âgé et presque aveugle, risquait d'être expulsé de sa maison de Valmondois faute de pouvoir payer son loyer, Corot acheta discrètement la maison et la lui offrit, permettant au grand caricaturiste de terminer ses jours en paix.
Corot avait l'habitude de se lever avant l'aube pour aller peindre dans la campagne, cherchant à saisir les effets de brume et de lumière du petit matin. Cette discipline rigoureuse lui valut le surnom affectueux de « le père Corot » parmi les jeunes peintres qui l'admiraient et l'accompagnaient parfois dans ses expéditions matinales en forêt de Fontainebleau.
La reconnaissance officielle fut longue à venir pour Corot : il n'exposa pour la première fois au Salon de Paris qu'à l'âge de 31 ans et ne connut le succès qu'après la cinquantaine. Jusqu'alors, son père, modeste commerçant, lui versait une rente mensuelle pour lui permettre de peindre, ce qui était considéré à l'époque comme une excentricité bourgeoise.
Corot aimait profondément la musique et jouait de la flûte avec talent. Il chantait souvent en travaillant dans son atelier ou en plein air, et ses amis rapportaient que son atelier était un lieu de vie joyeux, bien éloigné de l'image austère que l'on prête souvent aux grands peintres.
Corot peignit un si grand nombre de toiles — plus de trois mille — que les faussaires s'emparèrent rapidement de son style. Une boutade célèbre circulait dans les milieux artistiques : « Corot a peint trois mille tableaux, dont dix mille sont en Amérique. » Cette plaisanterie illustrait le problème des copies et des faux qui ont longtemps compliqué le catalogue de son œuvre.
Sources primaires
Je n'ai qu'un but dans la vie que je veux suivre avec ténacité : faire des paysages. Le beau en art, c'est la vérité baignée dans l'impression que nous avons reçue à la vue de la nature.
Il se levait avant le jour, et quand ses compagnons le rejoignaient dans la campagne, il avait déjà posé son chevalet et commençait à rendre le ton argent du matin. Il disait : « Il faut prendre la nature sur le fait. »
M. Corot est le poète du paysage. Ses toiles ont cette douceur vaporeuse, ce sfumato lumineux que nul autre ne sait atteindre. Il peint non ce qu'il voit, mais ce qu'il ressent en voyant.
Rome, 1826. Le Colisée au crépuscule. La lumière tombe en nappe d'or sur les pierres antiques. Je dois noter les valeurs avant que tout ne bascule dans le violet du soir. Jamais je n'oublierai cette heure.
Lieux clés
Corot est né au 125 rue du Bac à Paris en 1796. Il y passa sa jeunesse et installa plus tard son atelier au Faubourg-Poissonnière, point de départ de ses expéditions de peinture dans la région parisienne.
La propriété familiale des Corot se trouvait à Ville-d'Avray, au bord de ses étangs célèbres. Corot y revint tout au long de sa vie et en fit le motif de plusieurs de ses œuvres les plus connues.
Haut lieu de l'École de Barbizon, cette forêt fut un terrain d'exploration essentiel pour Corot et ses contemporains. Il y peignit de nombreuses études de sous-bois et de clairières dès les années 1820.
Lors de ses trois séjours en Italie (1825-1828, 1834, 1843), Corot peignit Rome, Tivoli et la campagne ombrienne. Ces années italiennes furent décisives pour la formation de son sens de la lumière et de la composition.
En 1830, Corot peignit la cathédrale depuis les champs environnants dans un tableau célèbre pour sa rigueur architecturale et la luminosité de son ciel, illustrant sa capacité à allier précision et poésie.
Corot séjourna plusieurs fois en Normandie, attiré par la lumière particulière des côtes et des estuaires. Ces paysages du Nord influencèrent sa palette argentée et firent de lui un précurseur de l'impressionnisme normand.
Objets typiques

Petite boîte portative contenant les couleurs et fixant une petite toile ou un panneau, indispensable pour peindre en plein air. Corot l'emportait dès l'aube dans la campagne pour saisir les effets lumineux fugitifs.

Léger et démontable, ce chevalet permettait au peintre de travailler debout face au motif dans la nature. Corot en usait quotidiennement dans les forêts de Fontainebleau et au bord des étangs de Ville-d'Avray.

Surface sur laquelle Corot mélangeait ses couleurs à l'huile, caractérisées par une gamme de verts argentés, de gris nacrés et de blancs lumineux qui définissent son style particulier.

Corot remplissait des dizaines de carnets de dessins et de notes prises sur le vif lors de ses voyages en Italie, en Normandie et dans la campagne française, constituant un témoignage précieux de sa méthode.

Instrument dont Corot jouait avec passion dans ses moments de loisir. La musique était pour lui indissociable de la peinture : il chantait souvent en travaillant et comparait ses paysages à des mélodies visuelles.

Grande ombrelle fixée au chevalet pour protéger la toile des reflets directs du soleil, essentielle lors des séances en plein air. Elle permettait à Corot de travailler sans que la lumière crue ne fausse ses valeurs tonales.
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Vie quotidienne
Matin
Corot se levait avant l'aube, souvent à cinq heures du matin, pour partir peindre dans la campagne ou au bord des étangs de Ville-d'Avray. Il emportait sa boîte à pochade et son chevalet léger, cherchant à capturer les effets de brume et la lumière argentée du petit matin, qu'il considérait comme les plus beaux moments pour peindre.
Après-midi
Après un repas simple pris sur le motif ou dans une auberge de village, Corot reprenait le travail en atelier ou continuait ses études en plein air. Il travaillait dans une concentration silencieuse, corrigeant et reprenant ses toiles avec patience, et recevait parfois de jeunes peintres venus lui demander conseil.
Soir
Les soirées de Corot étaient souvent consacrées à la musique et à l'amitié. Il jouait de la flûte, chantait avec ses amis et fréquentait les salons bourgeois parisiens. Il aimait aussi relire ses carnets de voyage et préparer ses prochaines expéditions en notant les lieux et les effets lumineux qu'il souhaitait explorer.
Alimentation
Corot appréciait la cuisine simple et bourgeoise de son époque : soupe, ragoût, volaille rôtie, fromage et pain. Il mangeait volontiers à la table des aubergistes de campagne lors de ses sorties de peinture, sobre et sans excès, préférant la convivialité à la gastronomie.
Vêtements
Dans l'atelier et en plein air, Corot portait une blouse de peintre grise ou bleue, un pantalon sombre et un chapeau à large bord pour se protéger du soleil. En ville, il adoptait la mise bourgeoise discrète de son milieu — redingote, gilet, cravate — sans aucune affectation bohème.
Habitat
Corot partagea toute sa vie entre son appartement-atelier de Paris (rue du Faubourg-Poissonnière) et la maison familiale de Ville-d'Avray. Son atelier parisien était encombré de toiles, d'études et de carnets, mais aussi égayé par des instruments de musique et des souvenirs rapportés d'Italie.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
La Cathédrale de Chartres
1830
La Danse des nymphes
1850
L'Étang de Ville-d'Avray
vers 1855-1865
Agostina
1866






