Avocat, journaliste et homme politique français, figure de la Révolution. Orateur du Palais-Royal en juillet 1789, il fut l'un des pamphlétaires les plus influents de son temps avant d'être guillotiné avec les Indulgents en 1794.
Camille Desmoulins(1760 — 1794)
Camille Desmoulins
France
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 2 mars 1760 à Guise (Picardie)
- Le 12 juillet 1789, harangue la foule au Palais-Royal, appelant aux armes deux jours avant la prise de la Bastille
- Fonde et rédige le journal Les Révolutions de France et de Brabant (1789-1791)
- Lance en 1793-1794 le journal Le Vieux Cordelier, réclamant la clémence face à la Terreur
- Guillotiné le 5 avril 1794 avec Danton et les Indulgents
Œuvres & réalisations
Pamphlet audacieux réclamant l'instauration d'une république, publié peu après la prise de la Bastille.
Brochure satirique qui lui valut le surnom de « Procureur général de la lanterne », évoquant les pendaisons populaires.
Journal hebdomadaire à grand succès mêlant actualité, satire et idées révolutionnaires, qui fit sa renommée de journaliste.
Pamphlet violent contre les Girondins, qui contribua à leur chute et à leur condamnation.
Son œuvre la plus célèbre : sept numéros plaidant pour la clémence et contre la Terreur, qui scellèrent son destin.
Harangue improvisée qui galvanisa la foule parisienne deux jours avant la prise de la Bastille, acte fondateur de sa légende.
Anecdotes
Le 12 juillet 1789, apprenant le renvoi de Necker, Camille Desmoulins bondit sur une table d'un café du Palais-Royal, un pistolet à la main, et harangue la foule en criant « Aux armes ! ». Bègue de naissance, il cessa soudain de bégayer sous l'effet de l'émotion. Deux jours plus tard, la Bastille tombait.
Pour rallier la foule au Palais-Royal, Desmoulins cueillit une feuille verte d'un arbre et la fixa à son chapeau comme cocarde, couleur de l'espérance. La foule l'imita aussitôt, et le vert devint brièvement le symbole de l'insurrection — avant d'être abandonné car c'était aussi la couleur de la livrée du comte d'Artois, frère du roi.
Camille Desmoulins épousa Lucile Duplessis en 1790 lors d'un mariage où Robespierre fut l'un des témoins. Leur amour était célèbre ; lorsque Camille fut guillotiné le 5 avril 1794, Lucile fut elle-même arrêtée et exécutée huit jours plus tard, accusée d'avoir comploté pour le libérer.
Dans son journal Le Vieux Cordelier, fin 1793, Desmoulins osa réclamer la clémence et la fin de la Terreur, citant l'historien romain Tacite pour dénoncer la tyrannie. Ce courage lui coûta la vie : son ancien ami Robespierre se retourna contre lui et le fit envoyer au tribunal révolutionnaire.
Lors de son procès, Camille Desmoulins déclara amèrement qu'il avait « trente-trois ans, l'âge du sans-culotte Jésus », soulignant l'ironie d'être condamné par la République qu'il avait contribué à fonder. Il monta à l'échafaud la chemise déchirée, après avoir résisté au bourreau.
Sources primaires
« Vous voulez exterminer tous vos ennemis par la guillotine ! Mais y eut-il jamais plus grande folie ? Pouvez-vous en faire périr un seul sur l'échafaud, sans vous faire dix ennemis de sa famille ou de ses amis ? »
« Le mot de république a fait crouler partout les trônes... un gouvernement où tous les citoyens sont électeurs et éligibles, voilà ce qui me semble le meilleur. »
« Ô lanterne, toi qui éclairas si bien le 14 juillet, par toi seule sont punis les traîtres et les ennemis du peuple. »
« Le bonheur que j'avais rêvé pour la patrie m'a fui. Adieu, ma Lucile, ma chère Lucile... je sens fuir la rive de la vie, je vois encore Lucile, je la vois, ma bien-aimée. »
Lieux clés
Ville natale de Camille Desmoulins, dans l'Aisne, où il naquit en 1760 dans une famille de juristes.
Prestigieux établissement où il fit ses études et côtoya le jeune Robespierre, futur compagnon puis adversaire.
Lieu de son célèbre discours du 12 juillet 1789, foyer bouillonnant de l'agitation politique pré-révolutionnaire.
Société politique où Desmoulins militait avec Danton et Marat, berceau de la démocratie populaire parisienne.
Actuelle place de la Concorde, où il fut guillotiné le 5 avril 1794 avec les Indulgents.
Prison de l'île de la Cité où il fut détenu avant son procès et son exécution.
Objets typiques

Feuille d'arbre puis ruban vert arboré par Desmoulins au Palais-Royal le 12 juillet 1789, symbole d'espérance et de ralliement insurrectionnel.

Outils de l'écriture quotidienne du pamphlétaire, avec lesquels il rédigea ses articles incendiaires et ses journaux révolutionnaires.

Périodique fondé fin 1793 où Desmoulins plaida pour la clémence et la fin de la Terreur, ce qui lui valut sa perte.

Machine typographique qui permit la diffusion massive des pamphlets et journaux révolutionnaires à Paris.

Coiffe rouge portée par les révolutionnaires, devenue l'emblème de la liberté et des sans-culottes.

Arme brandie par Desmoulins lors de son discours du Palais-Royal pour dramatiser son appel aux armes.
Programmes scolaires
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Avocat puis journaliste, Camille commençait souvent sa matinée par la lecture des nouvelles et la rédaction de ses articles. Dans son appartement parisien, il noircissait des pages destinées à l'imprimeur, la plume vive et la verve mordante.
Après-midi
L'après-midi le menait au Palais de Justice, aux séances de la Convention ou au club des Cordeliers. Il y débattait avec Danton et croisait Robespierre, participant aux décisions qui faisaient et défaisaient la Révolution.
Soir
Le soir, il retrouvait sa femme Lucile et leurs amis pour des dîners animés où l'on refaisait le monde. Ces soirées mêlaient discussions politiques enflammées, lectures et tendresse familiale.
Alimentation
Comme la bourgeoisie parisienne de son temps, il mangeait du pain, des soupes, de la viande quand les finances le permettaient, et buvait du vin. Les cafés du Palais-Royal, où l'on servait café et limonades, étaient ses lieux de rendez-vous.
Vêtements
Il portait l'habit du citoyen révolutionnaire : redingote sombre, gilet, culotte ou pantalon, chemise à jabot et parfois le bonnet phrygien ou la cocarde tricolore. Sa tenue affichait son adhésion aux idéaux de la République.
Habitat
Il vivait dans un appartement parisien bourgeois, près du cœur révolutionnaire de la capitale. Le logement, partagé avec Lucile, servait aussi de cabinet de travail où s'écrivaient ses pamphlets.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
La France libre
1789
Discours de la lanterne aux Parisiens
1789
Révolutions de France et de Brabant
1789-1791
Histoire des Brissotins
1793
Le Vieux Cordelier
1793-1794
Discours du Palais-Royal
12 juillet 1789






