Chimiste et homme politique français, collaborateur de Lavoisier dans la réforme de la nomenclature chimique. Membre de la Convention nationale, il joua un rôle majeur dans la réorganisation de l'enseignement scientifique pendant la Révolution.
Antoine François de Fourcroy(1755 — 1809)
Antoine-François Fourcroy
Royaume de France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1755 à Paris, mort en 1809
- Co-auteur en 1787 de la nouvelle nomenclature chimique avec Lavoisier, Guyton de Morveau et Berthollet
- Élu député à la Convention nationale en 1793
- Contribua à la création de l'École polytechnique et des écoles centrales (1794-1795)
- Auteur du Système des connaissances chimiques (1801-1802), vaste synthèse de la chimie de son temps
Œuvres & réalisations
Ouvrage collectif fondateur qui rationalisa les noms des substances chimiques. Il établit le langage encore utilisé par la chimie moderne.
Manuel de chimie clair et pédagogique, plusieurs fois réédité et traduit, qui diffusa largement les idées nouvelles de la discipline.
Vaste synthèse en onze volumes rassemblant l'ensemble des savoirs chimiques de son temps.
Effort scientifique et logistique pour fournir aux armées de la République la poudre dont elles manquaient cruellement.
Contribution à la fondation de la grande école destinée à former les ingénieurs et savants de la nation.
En tant que conseiller d'État, Fourcroy fut l'un des principaux artisans de la réorganisation de l'enseignement secondaire français.
Recherches sur les substances animales (matières grasses, fluides du corps) qui ouvrirent la voie à la chimie organique et biologique.
Anecdotes
Fourcroy était un orateur si éloquent que ses cours de chimie au Jardin du roi attiraient des foules immenses : on raconte qu'il fallait arriver très tôt pour trouver une place, car même des gens du monde et des dames venaient l'écouter expliquer les réactions chimiques comme un spectacle.
Avec Lavoisier, Guyton de Morveau et Berthollet, Fourcroy participa en 1787 à une véritable révolution du langage : ils inventèrent une nouvelle nomenclature chimique qui remplaça les noms poétiques et confus de l'alchimie (comme « huile de vitriol ») par des termes logiques (acide sulfurique) encore utilisés aujourd'hui.
Pendant la Révolution, alors que la France manquait de poudre à canon, Fourcroy organisa avec d'autres savants la fabrication accélérée du salpêtre : on grattait la terre des caves et des écuries dans tout le pays pour en extraire le précieux nitre nécessaire aux armées.
Fourcroy fut l'un des grands architectes de l'école nouvelle après la Révolution : il participa à la création des lycées en 1802 et de l'École de médecine, jouant un rôle clé dans la réorganisation de tout l'enseignement scientifique français.
Bien qu'il ait été membre de la Convention pendant la Terreur, Fourcroy ne put — ou n'osa — sauver son maître Lavoisier de la guillotine en 1794, ce qui lui fut longtemps reproché ; il défendit toutefois plus tard la mémoire et l'œuvre du grand chimiste.
Sources primaires
Une langue bien faite, c'est-à-dire une langue dans laquelle on aura réussi à présenter les idées dans un ordre naturel et conséquent, entraînera une révolution nécessaire et même prompte dans la manière d'enseigner.
La chimie est la science des changements intérieurs et de composition que les corps éprouvent les uns sur les autres par l'effet de leurs attractions réciproques.
Tout l'art du chimiste consiste à séparer les principes des corps, puis à les recombiner pour en reconnaître la véritable nature.
L'instruction doit être répandue dans toutes les classes de la société, car d'elle dépend la formation de citoyens éclairés et utiles à la République.
Lieux clés
Ville natale de Fourcroy, où il vécut, enseigna et exerça ses fonctions politiques jusqu'à sa mort.
Établissement scientifique parisien où Fourcroy professa la chimie à partir de 1784 devant un public nombreux.
Assemblée révolutionnaire où Fourcroy siégea comme député et contribua aux réformes de l'enseignement et à l'effort de guerre.
Grande école scientifique fondée en 1794, à la création de laquelle Fourcroy participa pour former les ingénieurs de la République.
Établissement où Fourcroy obtint son doctorat en médecine en 1780 et qu'il contribua plus tard à réorganiser.
Objets typiques

Récipient de verre à col long et recourbé servant à distiller et à recueillir les vapeurs des substances chauffées. Outil fondamental du laboratoire de chimie au XVIIIe siècle.

Instrument permettant de peser très exactement les substances avant et après réaction. Symbole de la chimie nouvelle fondée sur la mesure, héritée des travaux de Lavoisier.

Document présentant les nouveaux noms rationnels des substances, classés selon leur composition. Il fixa le vocabulaire de la chimie moderne.

Foyer permettant de chauffer fortement les substances pour provoquer fusions et calcinations. Pièce maîtresse de tout cabinet de chimie de l'époque.

Insigne porté par les membres de la Convention nationale pendant la Révolution. Marque l'engagement politique de Fourcroy au service de la République.

Nitre extrait des terres de caves et d'écuries, ingrédient essentiel de la poudre à canon. Fourcroy organisa sa production massive pour les armées de la République.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Fourcroy se levait tôt pour préparer ses cours et ses expériences. La matinée était souvent consacrée à la lecture, à la rédaction de ses ouvrages et à la correspondance avec d'autres savants.
Après-midi
L'après-midi se passait au laboratoire ou dans l'amphithéâtre du Jardin du roi, où il donnait ses célèbres leçons de chimie devant un public nombreux et attentif. Pendant la Révolution, il y ajoutait ses obligations politiques et administratives.
Soir
Le soir, il fréquentait les salons et les réunions de savants où l'on discutait des dernières découvertes. Il poursuivait aussi ses lectures et la mise au point de ses publications scientifiques.
Alimentation
L'alimentation d'un bourgeois parisien aisé de la fin du XVIIIe siècle comprenait pain, viandes, légumes, vin et café, boisson alors très à la mode dans les cercles intellectuels. Les repas pouvaient être l'occasion d'échanges savants.
Vêtements
Avant la Révolution, Fourcroy portait l'habit, la culotte et la perruque poudrée des hommes instruits de son temps. Après 1789, la mode se simplifia : on délaissa la perruque pour des tenues plus sobres, et il revêtait l'écharpe tricolore lors de ses fonctions de conventionnel.
Habitat
Il résidait à Paris, dans un logement adapté à sa condition de professeur puis de haut fonctionnaire, à proximité des lieux où il enseignait et travaillait. Son cadre de vie reflétait l'ascension d'un homme parti d'un milieu modeste.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Méthode de nomenclature chimique
1787
Éléments d'histoire naturelle et de chimie
1782
Système des connaissances chimiques
1801-1802
Organisation de la fabrication du salpêtre et de la poudre
1794
Participation à la création de l'École polytechnique
1794
Loi sur l'instruction publique et création des lycées
1802
Travaux de chimie et de physiologie animale
vers 1790






