Orateur et homme politique français, Mirabeau est l'une des figures majeures des débuts de la Révolution française. Élu aux États généraux en 1789 par le tiers état, il incarne le pont entre la noblesse et le peuple, plaidant pour une monarchie constitutionnelle. Sa mort en 1791 lui vaut des funérailles nationales et l'entrée au Panthéon.
Mirabeau(1749 — 1791)
Honoré-Gabriel Riqueti de Mirabeau
Royaume de France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté nationale et qu'on ne nous en arrachera que par la puissance des baïonnettes.»
« La parole est au peuple.»
Faits marquants
- 1749 : Naissance au château du Bignon (Loiret), dans une famille de haute noblesse provençale.
- 1789 : Élu aux États généraux par le tiers état d'Aix-en-Provence, malgré son titre de comte.
- 23 juin 1789 : Célèbre réplique au marquis de Dreux-Brézé lors de la séance royale, symbole de la résistance du tiers état.
- 1789-1791 : Joue un rôle central à l'Assemblée nationale constituante, défendant une monarchie constitutionnelle.
- 2 avril 1791 : Mort à Paris ; premier à entrer au Panthéon lors de funérailles nationales.
Œuvres & réalisations
Pamphlet politique rédigé lors d'un emprisonnement, dans lequel Mirabeau dénonce le pouvoir arbitraire et pose les bases de sa pensée libérale. L'œuvre lui vaut une notoriété sulfureuse mais lui ouvre les cercles philosophiques.
Rédigé à Vincennes, ce texte réclame l'abolition des emprisonnements arbitraires et la garantie de la liberté individuelle. Fondé sur sa propre expérience, il est l'un des plaidoyers les plus personnels et les plus puissants contre l'Ancien Régime.
Vaste ouvrage en plusieurs volumes analysant le gouvernement de Frédéric II de Prusse. Il établit Mirabeau comme penseur politique sérieux, reconnu bien au-delà des cercles révolutionnaires.
L'ensemble de ses interventions à l'Assemblée constitue une œuvre oratoire majeure. Ses discours sur la liberté de la presse, la constitution, le budget ou la guerre fixèrent durablement les grands débats révolutionnaires.
Publiée au XIXe siècle, cette correspondance révèle la pensée politique intime de Mirabeau : partisan d'une monarchie constitutionnelle à l'anglaise, il cherchait à sauver à la fois la liberté et la royauté.
Anecdotes
Mirabeau fut emprisonné plusieurs fois sur ordre de son propre père, qui obtint des lettres de cachet contre lui pour couvrir ses dettes et ses scandales. C'est derrière les barreaux du donjon de Vincennes, de 1777 à 1780, qu'il rédigea une partie de ses œuvres et perfectionna son style oratoire. Cette injustice le rendit plus combatif que jamais contre l'arbitraire royal.
Le 23 juin 1789, le marquis de Dreux-Brézé vint ordonner aux députés du tiers état de quitter la salle au nom du roi. Mirabeau se leva et lança : « Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple, et qu'on ne nous en arrachera que par la puissance des baïonnettes. » Cette réponse tonitruante fit de lui le héros du moment et contraignit Louis XVI à reculer.
Bien qu'il siège au côté du tiers état, Mirabeau était en réalité noble. Rejeté par ses pairs qui refusèrent de l'élire comme représentant de la noblesse, il se fit élire simultanément par le tiers état d'Aix-en-Provence et de Marseille en 1789 — un exploit inédit qui montre l'extraordinaire popularité qu'il avait su se forger auprès du peuple.
Après sa mort en avril 1791, on découvrit que Mirabeau avait secrètement conseillé Louis XVI et reçu de l'argent de la Cour depuis 1790. Cette correspondance, trouvée dans la fameuse « armoire de fer » aux Tuileries en novembre 1792, brisa sa légende révolutionnaire. Ses restes furent alors expulsés du Panthéon, où il avait été le tout premier inhumé seulement un an et demi plus tôt.
Mirabeau était réputé pour sa laideur physique — visage grêlé par la petite vérole, corpulence imposante — mais aussi pour une voix et un charisme qui subjuguaient les foules. On raconte qu'il disait lui-même : « Plus laid que moi, impossible ; plus éloquent, impossible aussi. » Son physique repoussant et son éloquence foudroyante formaient un contraste qui fascinait ses contemporains.
Sources primaires
Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple, et qu'on ne nous en arrachera que par la puissance des baïonnettes.
Le despotisme n'est autre chose que le pouvoir sans loi et sans frein ; il n'a d'autre règle que le caprice, d'autre mesure que sa propre volonté.
La liberté individuelle est le premier des biens sociaux ; tout gouvernement qui l'immole à des prétextes d'ordre ou de sûreté publique mérite le nom de tyrannique.
La liberté de la presse est la base de toutes les libertés publiques ; détruisez-la, vous n'aurez plus que des esclaves.
Je veux servir la royauté parce qu'elle est nécessaire ; je veux servir la liberté parce qu'elle est juste ; et si l'on ne peut pas tout avoir, mieux vaut sacrifier une partie de la liberté que toute la royauté.
Lieux clés
Lieu de naissance de Mirabeau le 9 mars 1749. C'est dans ce domaine familial que grandit l'enfant difficile que son père surnommait « l'ouragan ».
Mirabeau y fut emprisonné de 1777 à 1780 sur lettre de cachet de son père. C'est là qu'il écrivit ses premières œuvres majeures et entretint sa correspondance passionnée avec Sophie de Monnier.
Lieu de réunion des États généraux en 1789. C'est ici que Mirabeau prononça ses discours les plus historiques, dont sa célèbre réponse à Dreux-Brézé le 23 juin 1789.
Ville où Mirabeau fut élu par le tiers état en 1789, après avoir été refusé par la noblesse provençale. Cette élection populaire le transforma en symbole du pont entre les ordres.
Dernière résidence parisienne de Mirabeau, où il mourut le 2 avril 1791. Une foule immense se rassembla sous ses fenêtres lors de son agonie.
Temple de la Nation inauguré en 1791, Mirabeau en fut le tout premier hôte. Son expulsion en 1792, après la découverte de sa correspondance secrète avec le roi, illustre les retournements brutaux de la Révolution.
Objets typiques

Mirabeau préparait ses discours avec soin, couvrant de feuillets serrés ses arguments et ses effets de style. Sa rhétorique paraissait spontanée mais résultait d'un travail acharné de nuit.

Ce document royal, signé du roi et scellé de cire, permettait d'emprisonner sans procès ni jugement. Mirabeau en subit plusieurs, ordonnées par son propre père, ce qui fit de lui un ennemi viscéral de l'arbitraire royal.

C'est depuis ce pupitre de bois que Mirabeau prononça les discours qui façonnèrent la Révolution. Monter à la tribune était pour lui son territoire naturel, celui où son éloquence faisait plier les assemblées.

Comme tout gentilhomme de son époque, Mirabeau prisait le tabac et possédait des tabatières richement ornées, symboles de son appartenance à la noblesse malgré ses dettes chroniques.

Instruments de sa vie d'écrivain et de polémiste, la plume et l'encrier lui permirent de produire pamphlets, essais et correspondances depuis ses prisons comme depuis ses appartements parisiens.

Aux États généraux, le tiers état portait l'habit noir, simple et austère, par opposition aux costumes brodés de la noblesse. Mirabeau, noble de naissance, dut revêtir cet habit de roturier, symbole de son ralliement au peuple.
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Vie quotidienne
Matin
Mirabeau se levait tard, après des nuits souvent longues passées à écrire, à corriger ses discours ou à recevoir des visiteurs. Il dictait parfois à plusieurs secrétaires simultanément, couvrant la table de feuillets avant même le petit déjeuner.
Après-midi
Ses après-midis étaient dominés par les séances de l'Assemblée nationale constituante, où il intervenait fréquemment depuis la tribune. Hors des séances, il recevait des délégations, négociait en coulisses ou se rendait aux comités.
Soir
Le soir, Mirabeau fréquentait les salons aristocratiques et bourgeois de Paris, où la conversation politique régnait. Il était réputé pour ses excès de table et son goût du vin, compensés par une résistance physique étonnante.
Alimentation
Grand mangeur et grand buveur, Mirabeau aimait les repas fastueux malgré ses dettes permanentes. Il consommait de larges quantités de vin et de viande, ce qui contribua probablement à ruiner une santé déjà fragilisée par ses années d'emprisonnement.
Vêtements
Mirabeau portait l'habit noir du tiers état à l'Assemblée, mais en dehors il s'habillait en gentilhomme : habit à basques, perruque poudrée, bas de soie et épée au côté, fidèle aux codes vestimentaires de la noblesse du XVIIIe siècle.
Habitat
Mirabeau habita successivement plusieurs appartements parisiens loués à crédit, toujours au bord de la faillite malgré ses honoraires de représentant et les subsides secrets versés par la Cour. Il vivait entouré de livres, de manuscrits et d'une correspondance monumentale.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Essai sur le despotisme
1772
Des lettres de cachet et des prisons d'État
1782
De la monarchie prussienne sous Frédéric le Grand
1788
Discours à l'Assemblée nationale constituante (recueil)
1789-1791
Correspondance avec le comte de La Marck
1789-1791






