Portrait de Caracalla

Caracalla

Caracalla

188 — 217

Rome antique

PolitiqueMonarqueJuristeAntiquitéIIIe siècle apr. J.-C. (début de la crise du IIIe siècle)

Empereur romain de 211 à 217 apr. J.-C., Caracalla est surtout connu pour l'Édit de Caracalla (212 apr. J.-C.) qui accorde la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l'Empire. Malgré ses réformes, son règne est marqué par l'instabilité politique et son assassinat en 217 apr. J.-C.

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Faits marquants

  • 211 apr. J.-C. : accession au pouvoir après la mort de Septime SĂ©vère, d'abord en co-rĂ©gence avec son frère GĂ©ta
  • 212 apr. J.-C. : promulgation de l'Édit de Caracalla (Constitutio Antoniniana) accordant la citoyennetĂ© romaine Ă  tous les habitants libres de l'Empire
  • 213-217 apr. J.-C. : campagnes militaires contre les Parthes et les populations germaniques aux frontières
  • 217 apr. J.-C. : assassinat de Caracalla, mettant fin Ă  son règne de six ans

Œuvres & réalisations

Édit de Caracalla (Constitutio Antoniniana) (212 apr. J.-C.)

Édit impérial accordant la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l'Empire. Mesure révolutionnaire qui unifia juridiquement l'Empire et transforma profondément le droit romain.

Thermes de Caracalla (212-216 apr. J.-C.)

Gigantesque complexe thermal de Rome, deuxième plus grand de l'Antiquité. Leur architecture monumentale et leurs mosaïques en font un témoignage majeur de l'art romain.

Antoninianus (réforme monétaire) (215 apr. J.-C.)

Création d'une nouvelle monnaie d'argent pour financer les dépenses militaires. Cette dévaluation monétaire marqua le début d'une longue crise inflationniste dans l'Empire.

Arc de Caracalla Ă  Volubilis (vers 217 apr. J.-C.)

Arc de triomphe érigé en l'honneur de Caracalla dans la cité romaine de Volubilis (actuel Maroc), témoignant de la portée de l'Édit jusque dans les provinces les plus occidentales.

Via Nova (route militaire en Germanie) (213 apr. J.-C.)

Travaux de renforcement du limes germanique et construction de routes militaires lors de la campagne contre les Alamans, consolidant les défenses frontalières de l'Empire.

Anecdotes

Le surnom « Caracalla » vient d'un long manteau gaulois à capuchon que l'empereur affectionnait et qu'il portait en toute occasion. Ce vêtement, la caracallus, était d'origine populaire et détonnait avec la dignité impériale, mais il plaisait aux soldats.

En 215 apr. J.-C., Caracalla ordonna un massacre dans la ville d'Alexandrie après que ses habitants eurent composé des satires moqueuses à son encontre. Des milliers de jeunes Alexandrins furent tués par les légionnaires lors de ce qu'on appelle le massacre d'Alexandrie.

Caracalla vouait une admiration sans bornes à Alexandre le Grand. Lors de son séjour à Alexandrie, il visita le tombeau du conquérant macédonien et y déposa sa propre cuirasse et ses bijoux en offrande. Il organisait même ses troupes en phalanges macédoniennes pour imiter son héros.

Après la mort de leur père Septime Sévère en 211, Caracalla et son frère Géta furent co-empereurs pendant moins d'un an. Caracalla fit assassiner Géta dans les bras de leur mère Julia Domna, puis ordonna une damnatio memoriae : le nom et le visage de Géta furent effacés de tous les monuments et documents officiels.

Caracalla fut assassiné le 8 avril 217 près de Carrhes, en Mésopotamie, alors qu'il se rendait dans un temple. C'est un simple soldat de sa garde, manipulé par le préfet du prétoire Macrin, qui le poignarda pendant qu'il s'était écarté pour satisfaire un besoin naturel.

Sources primaires

Constitutio Antoniniana (Édit de Caracalla) (212 apr. J.-C.)
Cet édit impérial de 212 apr. J.-C., partiellement conservé sur le Papyrus de Giessen, accorde la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l'Empire, à l'exception probable des dediticii.
Histoire romaine, Dion Cassius (livres 77-78) (vers 230 apr. J.-C.)
Dion Cassius, sénateur et témoin contemporain, décrit Caracalla comme un homme cruel et imprévisible : « Il était l'ennemi commun de l'humanité tout entière », rapportant le meurtre de Géta et les persécutions qui suivirent.
Histoire Auguste, Vie de Caracalla (fin du IVe siècle apr. J.-C.)
Ce recueil biographique tardif rapporte que Caracalla, dès son enfance, se montrait sombre et violent, et qu'il ne souriait que rarement. L'auteur insiste sur sa passion pour la vie militaire et son mépris pour les activités civiles.
Histoire de l'Empire romain après Marc Aurèle, Hérodien (livre IV) (vers 250 apr. J.-C.)
Hérodien, contemporain des faits, relate le fratricide de Géta et la terreur qui s'ensuivit à Rome, décrivant comment vingt mille partisans supposés de Géta furent massacrés sur ordre de Caracalla.

Lieux clés

Thermes de Caracalla, Rome

Immense complexe thermal inauguré en 216, pouvant accueillir environ 1 600 baigneurs simultanément. Chef-d'œuvre d'architecture, il comprenait bibliothèques, gymnases et jardins.

Lugdunum (Lyon)

Ville natale de Caracalla, capitale des Gaules et l'une des plus importantes cités de l'Empire romain d'Occident.

Eboracum (York)

Ville de Bretagne romaine où mourut Septime Sévère en 211. C'est là que Caracalla et Géta furent proclamés co-empereurs.

Alexandrie, Égypte

Grande métropole de l'Orient romain où Caracalla ordonna un massacre en 215 après avoir été moqué par les habitants. Il visita aussi le tombeau d'Alexandre le Grand.

Carrhes (Harran, Turquie)

Ville de Mésopotamie romaine où Caracalla fut assassiné le 8 avril 217, alors qu'il préparait une campagne contre les Parthes.

Palatin, Rome

Colline de Rome abritant le palais impérial où Caracalla résidait et où Géta fut assassiné dans les appartements de leur mère Julia Domna.

Objets typiques

Caracallus (manteau Ă  capuchon)

Long manteau gaulois Ă  capuchon qui donna son surnom Ă  l'empereur. Il le portait constamment et en fit distribuer au peuple romain.

Antoninianus (monnaie)

Nouvelle pièce d'argent introduite par Caracalla, valant théoriquement deux deniers mais contenant moins de métal précieux. Elle témoigne des difficultés financières de l'Empire.

Gladius (épée courte romaine)

Arme emblématique des légionnaires que Caracalla portait en permanence, cultivant son image d'empereur-soldat proche de ses troupes.

Buste impérial en marbre

Les portraits sculptés de Caracalla sont reconnaissables à son expression sévère et son regard tourné de côté, un style réaliste qui rompt avec l'idéalisation des empereurs précédents.

Papyrus de Giessen

Fragment de papyrus découvert en Égypte qui conserve une copie partielle de l'Édit de Caracalla de 212, document fondamental du droit romain.

Strigile

Racloir en bronze utilisé aux thermes pour nettoyer la peau après l'exercice physique. Les thermes de Caracalla en nécessitaient des milliers pour leurs usagers quotidiens.

Programmes scolaires

LycéeHistoire
LycéeHistoire — L'Édit de Caracalla et l'expansion de la citoyenneté romaine
LycéeHistoire — La crise du IIIe siècle et l'instabilité de l'Empire romain
LycéeHistoire — Les réformes administratives et juridiques du Haut-Empire
LycéeHistoire — L'évolution du droit de cité romain
LycéeHistoire — Le rôle de l'armée dans la politique impériale

Vocabulaire & tags

Vocabulaire clé

Constitutio AntoninianaCitoyenneté romaineÉditEmpire romainHaut-EmpireDroit de citéCo-régenceFrontière de l'Empire

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Vie quotidienne

Matin

Caracalla se levait à l'aube dans le palais impérial du Palatin. Il commençait sa journée par une salutatio où il recevait courtisans et officiers militaires. Contrairement à beaucoup d'empereurs, il prenait un petit-déjeuner frugal de pain et de fromage, cultivant une image de sobriété militaire.

Après-midi

L'après-midi était consacré aux affaires de l'Empire : audiences, correspondance avec les gouverneurs de province et décisions judiciaires. Caracalla privilégiait cependant les exercices militaires avec ses soldats, partageant leurs entraînements et leurs repas pour entretenir leur loyauté.

Soir

Le soir, l'empereur se rendait volontiers aux thermes, qu'il fréquentait comme un simple citoyen. Le repas du soir (cena) était pris en compagnie de ses proches et officiers, souvent dans une relative simplicité comparée aux banquets des empereurs précédents.

Alimentation

Caracalla affectait une alimentation simple de soldat : pain de froment, viande grillée, légumes, fromage et vin coupé d'eau. En campagne, il partageait la nourriture de ses légionnaires, mangeant du lard, des lentilles et du pain de munition pour renforcer son image d'empereur-soldat.

VĂŞtements

L'empereur portait son fameux caracallus, un long manteau à capuchon d'origine gauloise, plutôt que la toge sénatoriale. En contexte officiel, il revêtait la pourpre impériale et le paludamentum (manteau militaire). Il portait des caligae (sandales militaires) plutôt que les chaussures patriciennes.

Habitat

Caracalla résidait au palais impérial du Palatin à Rome, un vaste complexe de salles d'audience, jardins, thermes privés et appartements luxueux. En campagne militaire, il dormait sous la tente avec ses soldats, refusant les quartiers confortables réservés aux généraux.

Frise contextuelle

188Naissance de Lucius Septimius Bassianus (futur Caracalla) à Lugdunum (Lyon), fils de Septime Sévère.
193Septime Sévère est proclamé empereur, début de la dynastie des Sévères.
198Caracalla reçoit le titre d'Auguste à l'âge de dix ans, devenant co-empereur avec son père.
208-211Campagnes militaires de Septime Sévère en Bretagne (actuelle Grande-Bretagne), auxquelles participe Caracalla.
211Mort de Septime Sévère à Eboracum (York). Caracalla et Géta deviennent co-empereurs.
211Assassinat de Géta sur ordre de Caracalla, qui devient seul empereur. Damnatio memoriae de Géta.
212Promulgation de l'Édit de Caracalla (Constitutio Antoniniana), accordant la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l'Empire.
213Campagne militaire contre les Alamans sur le limes germanique.
214-215Construction des thermes de Caracalla à Rome, parmi les plus grands de l'Antiquité.
215Massacre d'Alexandrie ordonné par Caracalla en représailles contre les moqueries des habitants.
216Campagne militaire contre l'Empire parthe en Mésopotamie.
217Assassinat de Caracalla près de Carrhes par un soldat sur instigation du préfet du prétoire Macrin.
217Macrin devient empereur, premier empereur romain d'origine non sénatoriale.

Vocabulaire d'époque

Constitutio Antoniniana — Nom officiel de l'Édit de Caracalla de 212, qui accorda la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l'Empire.
Damnatio memoriae — Condamnation de la mémoire d'un individu : son nom est effacé des inscriptions, ses statues détruites et ses actes annulés. Caracalla l'appliqua à son frère Géta.
Préfet du prétoire — Chef de la garde prétorienne, devenu le personnage le plus puissant après l'empereur. Macrin occupait cette fonction quand il fit assassiner Caracalla.
Thermae — Grands établissements de bains publics romains, lieux de sociabilité comprenant piscines, gymnases, bibliothèques et jardins.
Limes — Système de fortifications et de routes militaires marquant les frontières de l'Empire romain, notamment face aux peuples germaniques.
Antoninianus — Monnaie d'argent créée par Caracalla en 215, reconnaissable à la couronne radiée de l'empereur. Sa teneur en argent diminua progressivement.
Deditici — Peuples soumis par la force qui ne bénéficiaient d'aucun droit de cité. Ils furent probablement exclus de la citoyenneté accordée par l'Édit de 212.
Paludamentum — Manteau militaire pourpre porté par les généraux et l'empereur en tant que commandant suprême des armées romaines.
Cives Romani — Citoyens romains, statut juridique privilégié donnant accès au droit romain complet. Avant 212, seule une partie des habitants de l'Empire en bénéficiait.
Salutatio — Cérémonie matinale durant laquelle les clients et courtisans venaient saluer leur patron ou l'empereur, rituel essentiel de la vie sociale romaine.

Galerie


Portrait d'un homme tenant un buste de Caracalla  Ancien titre : Portrait de l'artiste par lui-même

Portrait d'un homme tenant un buste de Caracalla Ancien titre : Portrait de l'artiste par lui-même

Overmantel UpcottBarton CheritonFitzpaine Devon

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Tempera painting on wood panel - Septimius Severus and his family - Egypt - Berlin AS 31329 - 02

Tempera painting on wood panel - Septimius Severus and his family - Egypt - Berlin AS 31329 - 02

Tempera painting on wood panel - Septimius Severus and his family - Egypt - Berlin AS 31329 - 01

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Schools and masters of painting : with an appendix on the principal galleries of Europe

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Technique of sculpture

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Greek sculpture

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Tombs in and near Rome ; Sculpture among the Greeks and Romans, mythology in funereal sculpture, and early Christian sculpture

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Wonders of sculpture

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Bohemia, an historical sketch

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Style visuel

Esthétique impériale romaine de la dynastie des Sévères : architecture monumentale en marbre et brique, portraits au réalisme psychologique intense, tons chauds méditerranéens et pourpre impériale.

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Prompt IA
Roman imperial aesthetic of the Severan dynasty, early 3rd century AD. Monumental architecture with massive brick and concrete structures, barrel vaults and domes. Rich marble surfaces in white, red porphyry, and green serpentine. Elaborate floor mosaics in black and white geometric patterns. Portrait style marked by intense psychological realism: furrowed brows, short military haircut, stern sideways gaze characteristic of Caracalla's busts. Military iconography with legionary eagles, lorica segmentata armor, and crimson paludamentum cloaks. Warm Mediterranean light casting deep shadows through colonnades. Gold and bronze accents on imperial regalia.

Ambiance sonore

Ambiance sonore de la Rome impériale du IIIe siècle : échos des thermes monumentaux, rumeur des rues animées, marche rythmée des légionnaires et sonneries militaires.

Prompt IA
Ambient sounds of imperial Rome in the early 3rd century AD. The deep resonant echoes of the vast Baths of Caracalla: water cascading into marble pools, distant splashing, murmured conversations reverberating under immense vaulted ceilings. Outside, the noise of a bustling Roman street with cart wheels on stone pavement, merchants calling out, the clank of legionary armor and hobnailed sandals marching in formation. Distant trumpet calls (tubae and cornua) signaling military movements. The low rumble of crowds in the Colosseum. Occasional ritual chanting from a nearby temple.

Source du portrait

Wikimedia Commons — CC BY 2.5