Catherine Malabou, née en 1959, est une philosophe française, élève de Jacques Derrida. Elle a développé le concept de « plasticité », articulant philosophie continentale, neurosciences et politique.
Catherine Malabou(1959 — ?)
Catherine Malabou
France
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1959 à Sucy-en-Brie, philosophe française contemporaine
- Soutient en 1994 une thèse sur Hegel dirigée par Jacques Derrida, publiée sous le titre « L'Avenir de Hegel » (1996)
- Développe le concept de « plasticité » au croisement de la philosophie et des neurosciences
- Publie « Que faire de notre cerveau ? » (2004), ouvrage majeur sur le lien entre cerveau et société
- Enseigne notamment à l'Université de Paris-Nanterre et à l'Université de Californie à Irvine
Œuvres & réalisations
Sa thèse de doctorat, qui réinterprète la philosophie de Hegel et fonde son concept clé de plasticité.
Essai grand public qui met en dialogue les neurosciences et une critique politique du capitalisme contemporain.
Réflexion sur les traumatismes et les lésions cérébrales, confrontant la psychanalyse de Freud à la neurologie.
Court essai qui explore comment un accident peut faire surgir un être radicalement nouveau.
Ouvrage où elle relie la biologie de l'épigenèse à la théorie de la connaissance de Kant.
Essai féministe reliant l'anatomie, l'histoire des idées et la philosophie du plaisir.
Livre dans lequel Malabou interroge la tradition anarchiste et la possibilité de penser sans pouvoir.
Anecdotes
Catherine Malabou a soutenu sa thèse de doctorat sous la direction de Jacques Derrida, l'un des philosophes les plus célèbres du XXe siècle. De cette rencontre est née une longue amitié intellectuelle : ils ont même écrit ensemble un livre, où ils échangeaient des lettres sur le thème du voyage.
Pour bâtir sa philosophie, Malabou a fait quelque chose d'inhabituel pour une philosophe : elle s'est plongée dans les neurosciences et a étudié le fonctionnement réel du cerveau. Elle s'est demandé ce que la découverte de la « plasticité cérébrale » par les médecins pouvait changer à notre manière de penser la liberté humaine.
Son idée la plus connue est celle de « plasticité ». Le mot vient du grec et a donné « plastique » : Malabou explique qu'être plastique, c'est à la fois pouvoir recevoir une forme (comme l'argile) et pouvoir en donner une, mais aussi, parfois, exploser sa propre forme, comme le « plastic » des explosifs.
Dans un livre marquant, Malabou a réfléchi aux personnes dont la personnalité change brutalement après un accident, une blessure au cerveau ou un grand traumatisme. Elle se demande si l'on devient alors une personne totalement nouvelle, une sorte d'« inconnu » pour ses proches.
Bien que française, Catherine Malabou enseigne surtout à l'étranger, en Angleterre puis aux États-Unis. Cela fait d'elle un pont entre la philosophie « continentale » européenne et le monde universitaire anglophone, deux traditions qui se parlent souvent peu.
Sources primaires
La plasticité désigne à la fois la capacité de recevoir la forme et la capacité de donner la forme.
Que faire de notre cerveau ? Telle est aujourd'hui une question politique avant d'être une question scientifique : il s'agit de prendre conscience que nous sommes plastiques.
Une blessure cérébrale peut faire surgir un être nouveau, un sujet qui n'a plus de rapport avec celui qu'il était auparavant.
Il existe une plasticité destructrice, une forme issue de la perte de la forme, où le sujet survit en devenant tout autre.
Lieux clés
Ville d'Algérie où Catherine Malabou est née en 1959, à la fin de la période coloniale française.
À l'École des hautes études en sciences sociales, Malabou a travaillé aux côtés de Jacques Derrida, son directeur de thèse.
Elle y a longtemps enseigné la philosophie avant de poursuivre sa carrière à l'étranger.
Au Centre de recherche en philosophie européenne moderne de cette université britannique, Malabou a mené une grande partie de ses recherches.
Elle enseigne dans cette université californienne, prolongeant le lien historique entre Derrida et la côte ouest américaine.
Objets typiques

Ses essais publiés, comme Que faire de notre cerveau ?, sont l'outil principal par lequel Malabou diffuse ses idées. Le livre reste le support central du travail philosophique.

Les images médicales du cerveau obtenues par IRM symbolisent le dialogue que Malabou établit entre philosophie et neurosciences. La plasticité cérébrale y est rendue visible.

Matière souple qui reçoit et garde une forme, l'argile illustre concrètement le concept de plasticité au cœur de sa pensée. Elle peut être façonnée puis refaçonnée.

Instrument quotidien de l'écriture, de la recherche et des cours à distance entre l'Europe et les États-Unis. Il accompagne la vie d'une philosophe internationale.

Le « plastic » qui explose donne son sens le plus radical à la plasticité : la capacité d'anéantir une forme. Malabou y voit la métaphore de la « plasticité destructrice ».
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Comme beaucoup d'universitaires, Catherine Malabou consacre ses matinées à la lecture et à l'écriture, l'esprit encore frais. Elle peut préparer un cours, annoter des articles de neurosciences ou avancer la rédaction d'un essai.
Après-midi
L'après-midi est souvent réservé à l'enseignement : séminaires, cours et discussions avec les étudiants, en France, en Angleterre ou en Californie. Le métier de philosophe est aussi celui de la transmission orale et du débat.
Soir
Le soir peut être consacré à la relecture, à la correspondance avec d'autres chercheurs ou à la préparation de conférences internationales. La vie intellectuelle ne s'arrête pas aux horaires de bureau.
Alimentation
Vivant entre l'Europe et les États-Unis, Malabou partage l'alimentation ordinaire d'une universitaire du XXIe siècle, mêlant cuisine française et habitudes des pays où elle séjourne. Les repas sont souvent des moments d'échange et de discussion.
Vêtements
Elle porte les vêtements sobres et contemporains du milieu universitaire, sans uniforme particulier. La tenue reste discrète, au service de la pensée plutôt que de l'apparence.
Habitat
Sa vie professionnelle la conduit à résider dans plusieurs pays, notamment au Royaume-Uni et aux États-Unis. Elle connaît ainsi la mobilité et le partage de la vie entre plusieurs lieux, typique des chercheurs internationaux.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
L'Avenir de Hegel. Plasticité, temporalité, dialectique
1996
Que faire de notre cerveau ?
2004
Les Nouveaux Blessés
2007
Ontologie de l'accident. Essai sur la plasticité destructrice
2009
Avant demain. Épigenèse et rationalité
2014
Le Plaisir effacé. Clitoris et pensée
2020
Au voleur ! Anarchisme et philosophie
2022






