Cesare Pavese est un écrivain, poète et traducteur italien, figure majeure de la littérature du XXe siècle. Auteur de romans et de poèmes marqués par la solitude et le destin, il fut aussi un grand traducteur de la littérature américaine. Il met fin à ses jours en 1950, peu après avoir reçu le prix Strega.
Cesare Pavese(1908 — 1950)
Cesare Pavese
Italie, royaume d'Italie
6 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Nous ne nous souvenons pas des jours, nous nous souvenons des instants.»
Faits marquants
- Né en 1908 à Santo Stefano Belbo, dans le Piémont
- Publie en 1936 son recueil de poèmes Lavorare stanca (Travailler fatigue)
- Confiné (confino) en Calabre en 1935 pour ses liens antifascistes
- Collaborateur et traducteur de la maison d'édition Einaudi, il fait connaître Melville, Whitman et la littérature américaine en Italie
- Reçoit le prix Strega en 1950 pour La Lune et les Feux (La luna e i falò), puis se suicide à Turin la même année
Œuvres & réalisations
Sa traduction pionnière fait découvrir la grande littérature américaine au public italien.
Premier recueil de poèmes, mêlant le monde paysan et la solitude des villes dans un style nouveau.
Son premier roman, ancré dans la campagne piémontaise.
Recueil de dialogues inspirés des mythes grecs, l'une de ses œuvres les plus personnelles.
Roman sur un homme face à la guerre et à la Résistance, marqué par le doute et la culpabilité.
Trois récits qui lui valent le prix Strega en 1950.
Son dernier roman, considéré comme son chef-d'œuvre, sur le retour au village natal des Langhe.
Journal intime publié après sa mort, devenu un classique de la littérature.
Anecdotes
En 1932, Cesare Pavese traduit en italien le gigantesque roman de Herman Melville, « Moby Dick ». À seulement 24 ans, il fait découvrir aux lecteurs italiens la littérature américaine alors méconnue, et son travail de traducteur influence toute une génération d'écrivains.
En 1935, Pavese est arrêté par la police fasciste et envoyé en « confino » (résidence surveillée) à Brancaleone Calabro, un village pauvre du sud de l'Italie. Il avait été pris avec des lettres compromettantes appartenant à une amie militante communiste ; il fut ainsi puni pour un engagement qui n'était pas tout à fait le sien.
Pavese a passé presque toute sa vie à Turin et dans les collines des Langhe, sa région natale du Piémont. Ces collines, leurs vignes et leurs villages reviennent sans cesse dans ses romans, comme un paysage à la fois aimé et chargé de souvenirs douloureux.
En 1950, Pavese reçoit le prix Strega, la plus prestigieuse récompense littéraire italienne, pour « La bella estate ». Quelques semaines plus tard seulement, au sommet de sa gloire, il met fin à ses jours dans une chambre d'hôtel à Turin, laissant derrière lui un journal intime devenu célèbre.
Pendant des années, Pavese a tenu un journal secret, qu'il a intitulé « Il mestiere di vivere » (Le métier de vivre). Publié après sa mort, ce carnet où il note ses idées, ses doutes et ses chagrins est devenu l'un des journaux d'écrivain les plus lus du XXe siècle.
Sources primaires
Tout cela fait horreur. Pas des mots. Un geste. Je n'écrirai plus.
La mort viendra et elle aura tes yeux — cette mort qui nous accompagne du matin au soir, sans dormir, sourde, comme un vieux remords ou un vice absurde.
Il y a une raison pour laquelle je suis revenu dans ce village, ici plutôt qu'à Canelli, à Barbaresco ou à Alba. Il est presque certain que je ne suis pas né ici.
Travailler fatigue. Le poète y mêle la vie quotidienne des paysans et des ouvriers à la solitude des hommes des villes.
Lieux clés
Village natal de Pavese, au cœur des collines viticoles du Piémont, décor central de plusieurs de ses romans.
Ville où Pavese a étudié, travaillé chez Einaudi et passé l'essentiel de sa vie ; il y meurt en 1950.
Où il soutient en 1930 sa thèse sur le poète américain Walt Whitman.
Village de Calabre où Pavese fut envoyé en résidence surveillée (« confino ») par le régime fasciste en 1935-1936.
Objets typiques

Outil de travail quotidien de l'écrivain et de l'éditeur, sur laquelle Pavese tapait romans, traductions et articles.

Le carnet où il notait pensées, doutes et réflexions sur la vie et l'écriture, publié après sa mort sous le titre « Il mestiere di vivere ».

Pavese, grand fumeur, est souvent représenté la pipe à la bouche, dans les cafés ou penché sur ses manuscrits.

Les livres américains qu'il traduisait avec passion, faisant entrer Melville, Faulkner ou Dos Passos dans la littérature italienne.

Les textes qu'il lisait et corrigeait comme directeur littéraire chez l'éditeur turinois Einaudi.

Indispensable à son travail de traducteur de l'anglais et de l'américain.
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Vie quotidienne
Matin
Pavese se levait tôt et marchait souvent dans les rues de Turin avant de gagner les bureaux de la maison d'édition Einaudi. Il aimait le calme du matin pour réfléchir et lire.
Après-midi
L'après-midi se partageait entre son travail d'éditeur — lire des manuscrits, conseiller, corriger — et ses propres écrits : poèmes, romans et traductions de l'anglais.
Soir
Le soir, il retrouvait des amis écrivains dans les cafés de Turin, discutant de littérature et de politique, ou rentrait écrire seul, notant ses pensées dans son journal intime.
Alimentation
Sa cuisine était celle du Piémont : pâtes, polenta, légumes, fromages locaux et vin des Langhe. En ville, il prenait volontiers un café serré dans les bars turinois.
Vêtements
Pavese portait les vêtements sobres d'un intellectuel urbain de son temps : costume, chemise et cravate, manteau et écharpe l'hiver, souvent la pipe à la main.
Habitat
Il vivait dans des appartements de Turin, entouré de livres et de manuscrits, tout en restant attaché à la maison familiale et aux collines de son village natal de Santo Stefano Belbo.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Une ambiance mélancolique et automnale entre les collines viticoles des Langhe et le Turin brumeux des années 1930-40, dans l'esprit du néoréalisme italien.
Ambiance sonore
Le cliquetis d'une machine à écrire dans un bureau turinois, mêlé aux cloches et aux cafés de la ville, et au vent dans les vignes des collines des Langhe.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Traduction de Moby Dick (Herman Melville)
1932
Lavorare stanca (Travailler fatigue)
1936
Paesi tuoi
1941
Dialoghi con Leucò (Dialogues avec Leucò)
1947
La casa in collina (La maison sur la colline)
1948
La bella estate
1949
La luna e i falò (La lune et les feux)
1950





