Cesare Ripa (v. 1555-1622) est un érudit et iconographe italien, auteur de l'Iconologia (1593), traité encyclopédique qui codifie la représentation allégorique des vertus, vices et concepts abstraits. Son œuvre devient la référence incontournable pour les artistes et décorateurs européens du XVIIe au XVIIIe siècle.
Cesare Ripa(1555 — 1622)
Cesare Ripa
Italie
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Naissance vers 1555 à Pérouse (Ombrie), en Italie
- Publication de l'Iconologia en 1593 à Rome, d'abord sans illustrations
- Édition illustrée de l'Iconologia en 1603, avec plus de 150 gravures
- L'Iconologia est traduite dans toute l'Europe et rééditée plus de 40 fois jusqu'au XVIIIe siècle
- Mort vers 1622 à Pérouse
Œuvres & réalisations
Premier ouvrage de codification systématique des allégories visuelles en Europe, décrivant par les mots comment représenter des centaines de concepts abstraits. Sans gravures, il pose néanmoins les fondements du système iconographique qui deviendra la référence des artistes européens.
Version augmentée et illustrée de l'Iconologia, avec environ 400 figures gravées en taille-douce. Cette édition connaît un succès immédiat et est adoptée dans les ateliers de peinture, de sculpture et de décoration d'intérieur dans toute l'Italie et au-delà des Alpes.
Nouvelle édition enrichie publiée à Padoue, qui étend encore le corpus des allégories à près de 500 entrées. Elle témoigne du succès commercial et intellectuel de l'œuvre et sera la base de nombreuses traductions européennes.
Publiée après la mort de Ripa, cette édition porte le nombre d'entrées à plus de 700 allégories. Elle assure la pérennité de l'Iconologia comme référence encyclopédique tout au long du XVIIe et du XVIIIe siècle, dans toute l'Europe baroque.
Anecdotes
Cesare Ripa n'était pas peintre ni sculpteur, mais intendant (maestro di casa) au service du cardinal Anton Maria Salviati à Rome. C'est précisément cette position, qui lui donnait accès à de vastes collections d'art et à de riches bibliothèques, qui lui permit d'écrire son encyclopédie des allégories. Un homme de maison devenu la référence des plus grands artistes européens.
La première édition de l'Iconologia, publiée à Rome en 1593, ne contenait aucune illustration : Ripa décrivait uniquement par les mots comment représenter chaque concept abstrait. Ce n'est qu'en 1603, avec la deuxième édition romaine, que des gravures vinrent illustrer les quelque 400 figures allégoriques, rendant l'ouvrage encore plus accessible aux artistes qui ne lisaient pas toujours le latin.
L'Iconologia décrit par exemple la Vérité comme une femme nue tenant un soleil dans une main et un livre dans l'autre, debout sur un globe terrestre. Ces descriptions précises servirent de guide à des peintres comme Rubens, Poussin et plus tard Tiepolo, qui consultaient l'ouvrage comme d'autres utilisent aujourd'hui un manuel de référence iconographique.
Ripa fut membre de l'Académie degli Insensati de Pérouse, société savante qui rassemblait les intellectuels de sa région natale. Son appartenance à ce réseau humaniste lui permit de bénéficier de la caution intellectuelle nécessaire à la publication d'un ouvrage aussi ambitieux que l'Iconologia.
L'Iconologia connut un succès européen fulgurant : traduite en néerlandais dès 1644, puis en français, en allemand et en anglais, elle fut rééditée plus d'une trentaine de fois jusqu'au XVIIIe siècle. Né sous la plume d'un érudit de province, cet ouvrage devint l'un des livres les plus consultés dans les ateliers d'artistes de toute l'Europe baroque.
Sources primaires
Nella presente opera si descrivono diverse Imagini di Virtù, Vitij, Affetti, Passioni humane, Arti, Discipline, Humori, Elementi, Corpi Celesti... La Verità è una donna ignuda, perché la verità è semplice e aperta, et non ha bisogno di ornamenti.
Con l'aggiunta di molte figure d'Imagini quasi in ogni pagina, per maggiore commodità de' Pittori, Scultori, et altri. L'édition précise pour chaque allégorie les attributs, les vêtements, les couleurs et les animaux associés, avec les sources antiques correspondantes.
À son patron, Ripa affirme que les images allégoriques permettent d'enseigner la morale et les vertus de manière plus efficace que les simples discours, car 'gli occhi toccano l'anima più presto che le orecchie' — les yeux touchent l'âme plus vite que les oreilles.
Edition augmentée qui porte le nombre d'allégories à près de 500 entrées, avec de nombreuses références à Virgile, Ovide et Pline l'Ancien pour légitimer chaque représentation symbolique par l'autorité des Anciens.
L'édition posthume enrichie par Castellini porte le nombre d'allégories à plus de 700 entrées, témoignant de la vitalité du projet encyclopédique de Ripa et de la demande persistante des artistes pour ce type de référentiel iconographique.
Lieux clés
Ville natale de Cesare Ripa, Pérouse était un foyer intellectuel actif avec ses académies savantes. Ripa y fut membre de l'Académie degli Insensati et y reçut sa formation humaniste.
Ripa passa la majeure partie de sa vie active à Rome au service du cardinal Anton Maria Salviati, dont il gérait le palais comme intendant. C'est dans cet environnement, riche en collections d'art et en bibliothèques, qu'il rédigea et publia l'Iconologia.
Les premières éditions de l'Iconologia furent imprimées à Rome, centre majeur de l'édition italienne de la Contre-Réforme. L'édition illustrée de 1603 sortit des presses de Lepido Faci, dans ce quartier dense en ateliers typographiques.
L'une des bibliothèques les plus riches d'Europe, accessible aux érudits romains de bonne réputation. Elle constitua probablement une ressource essentielle pour les recherches de Ripa sur l'iconographie antique, médiévale et humaniste.
Objets typiques

Instruments principaux de l'érudit humaniste, la plume d'oie taillée et l'encrier de métal ou de céramique étaient les outils quotidiens de Ripa pour rédiger ses minutieuses descriptions allégoriques. Un intendant de cardinal avait accès à du matériel de qualité.

Les recueils d'emblèmes, notamment l'Emblematum liber d'Alciat (1531) et les Symbolicae Quaestiones de Bocchi, précédèrent et inspirèrent directement l'Iconologia. Ripa les consulta abondamment pour bâtir son propre système symbolique.

Les médailles romaines gravées de figures allégoriques constituaient une source d'inspiration majeure pour Ripa. Il s'appuyait sur l'Antiquité pour légitimer ses descriptions des vertus et des vices, citant fréquemment leurs revers monétaires dans l'Iconologia.

Ripa collectionnait et étudiait les gravures représentant des allégories, notamment les estampes flamandes et italiennes en circulation dans les milieux artistiques romains. Ces images constituaient le corpus visuel à partir duquel il construisait et vérifiait ses descriptions.

Symbole baroque de la maîtrise du monde, le globe apparaît souvent dans les allégories de l'Iconologia — comme attribut de la Fortune, de la Vérité ou de la Renommée. C'était aussi un objet de prestige dans les bibliothèques des prélats romains.

L'éclairage à la bougie conditionnait le travail nocturne de l'érudit. Ripa, intendant d'un cardinal, disposait sans doute de candélabres de qualité pour ses longues sessions de lecture et d'écriture après les obligations domestiques de la journée.
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Vie quotidienne
Matin
Cesare Ripa commençait sa journée très tôt, comme tout intendant d'un grand palais romain : supervision des cuisines, organisation des repas et des réceptions, gestion du personnel domestique. Ces obligations administratives occupaient la première partie de sa matinée avant qu'il puisse se consacrer à ses travaux intellectuels.
Après-midi
L'après-midi, libéré de ses obligations les plus pressantes, Ripa se retirait dans la bibliothèque du palais pour lire des textes de l'Antiquité, feuilleter des recueils d'emblèmes, étudier des médailles et des gravures. Il rédigeait ses descriptions allégoriques à la plume, comparant les sources et vérifiant les attributs symboliques de chaque figure.
Soir
Les soirées au service d'un cardinal romain pouvaient être animées par des banquets ou des réceptions d'hôtes illustres — humanistes, artistes, prélats. Ripa, en qualité d'intendant, supervisait ces événements et profitait des conversations érudites. Il regagnait ensuite ses appartements pour quelques heures de lecture à la chandelle.
Alimentation
La table d'un cardinal romain était abondante et variée : viandes rôties, poissons (surtout les jours maigres du calendrier catholique), légumes du Latium, fromages, pain blanc et vins locaux. En tant qu'intendant, Ripa supervisait ces repas mais partageait sans doute une version plus sobre de ce régime, typique d'un lettré de condition moyenne.
Vêtements
Ripa portait les vêtements d'un homme de lettres au service d'un prélat : pourpoint sombre, haut-de-chausses, cape, col de lin blanc soigneusement entretenu. Ni les habits ecclésiastiques du cardinal ni la tenue de travail d'un artisan, mais le costume civil distingué d'un humaniste de cour, sobre et fonctionnel.
Habitat
Intendant d'un cardinal, Ripa logeait vraisemblablement dans le palais Salviati ou à proximité immédiate, dans des appartements confortables mais sans faste excessif. Il disposait d'un accès à la bibliothèque et aux collections d'art du palais, cadre idéal pour ses recherches iconographiques.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Iconologia overo Descrittione dell'Imagini Universali (1re édition, sans illustrations)
1593
Iconologia, édition augmentée de Padoue (P. P. Tozzi)
1611
Iconologia, édition posthume augmentée par Giovanni Zaratino Castellini
1630






