Gertrude Stein(1874 — 1946)
Gertrude Stein
États-Unis
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Écrivaine et critique d'art américaine expatriée à Paris, Gertrude Stein est une figure centrale des avant-gardes littéraires et artistiques du début du XXe siècle. Son salon de la rue de Fleurus réunissait Picasso, Matisse, Hemingway et Fitzgerald.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Une rose est une rose est une rose est une rose.»
« L'Amérique est mon pays, et Paris est ma ville natale.»
Faits marquants
- 1874 : Naissance à Allegheny (Pennsylvanie), États-Unis
- 1903 : Installation définitive à Paris, au 27 rue de Fleurus
- 1909 : Publication de Trois Vies, sa première œuvre majeure
- 1933 : Publication de L'Autobiographie d'Alice B. Toklas, son succès populaire
- 1946 : Mort à Paris, le 27 juillet
Œuvres & réalisations
Premier livre publié de Stein, composé de trois portraits de femmes américaines de condition modeste. Il inaugure son style répétitif et son usage du présent continu, influencé par Cézanne et William James.
Recueil poétique en prose organisé autour d'objets, d'aliments et de pièces d'une maison. Considéré comme l'un des textes fondateurs du modernisme littéraire américain, il rompt radicalement avec la syntaxe conventionnelle.
Roman-fleuve de plus de 900 pages retraçant l'histoire d'une famille américaine sur trois générations. Écrit entre 1906 et 1908, il reste l'œuvre la plus ambitieuse de Stein sur le plan formel.
Mémoires de Stein rédigés à la première personne comme si c'était Alice qui parlait. Ce récit alerte et malicieux fit connaître Stein au grand public et reste son œuvre la plus lue.
Livret d'opéra mis en musique par Virgil Thomson et créé à Broadway avec une distribution entièrement afro-américaine. Ce projet collaboratif novateur mêle abstraction poétique et spectacle populaire.
Essai critique consacré à l'œuvre de Pablo Picasso, ami de quarante ans. Stein y analyse le génie cubiste et son rapport à l'Espagne, affirmant que Picasso est le seul à avoir réellement représenté le XXe siècle.
Journal de guerre rédigé pendant l'Occupation, publié juste avant la mort de Stein. Il documente la vie quotidienne sous le régime de Vichy et la libération, avec un regard à la fois intime et historique.
Anecdotes
Gertrude Stein est à l'origine de l'expression « génération perdue » (Lost Generation). Un garagiste lui aurait dit, à propos de ses jeunes mécaniciens peu sérieux : « Vous êtes tous une génération perdue. » Stein reprit cette formule pour désigner les écrivains américains expatriés à Paris après la Première Guerre mondiale, comme Hemingway et Fitzgerald. Hemingway immortalisa cette conversation dans son livre de souvenirs Paris est une fête.
Le salon du 27 rue de Fleurus que Gertrude Stein partageait avec sa compagne Alice B. Toklas était tapissé de tableaux de Picasso, Matisse et Cézanne, achetés pour quelques francs avant que ces artistes ne soient célèbres. Les murs étaient si couverts de toiles que les visiteurs disaient entrer dans un musée privé. Picasso venait lui rendre visite presque chaque semaine et lui fit plusieurs portraits.
Pendant la Première Guerre mondiale, Gertrude Stein obtint un Ford T et conduisit des convois de ravitaillement pour des hôpitaux militaires français. Elle et Alice sillonnèrent les routes de province pour livrer des fournitures médicales, ce qui leur valut une médaille de la Reconnaissance française. Cette expérience nourrit profondément sa vision de la guerre et de la modernité.
Son style littéraire, fait de répétitions obsessionnelles et de phrases dépouillées, déconcertait ses contemporains. Sa phrase la plus célèbre, « Rose is a rose is a rose is a rose », tirée du poème Sacred Emily (1913), fut moquée puis admirée comme une révolution du langage. Stein cherchait à capter le « présent continu » de la conscience, influencée par son professeur le philosophe William James.
Pendant l'Occupation allemande (1940-1944), Stein et Toklas restèrent dans leur maison de Bilignin puis de Culoz, dans l'Ain, refusant de fuir malgré leur judéité. Elles survécurent grâce à des relations locales et à une discrétion prudente. Cette période troublée reste l'une des plus énigmatiques de sa biographie.
Sources primaires
She was not at all timid, she was very particular, always very particular about what she ate and drank, she had to like it enormously or she would not have it at all.
Paris is where the twentieth century is. It is not that one works better here but that one feels there is something going on.
A carafe, that is a blind glass. A kind in glass and a cousin, a spectacle and nothing strange a single hurt color and an arrangement in a system to pointing.
It is not what France gave you but what it did not take away from you that was important.
The French people are the most interesting people in the world and the most civilised and they do not separate these two things, being interesting and being civilised.
Lieux clés
Ville natale de Gertrude Stein, aujourd'hui intégrée à Pittsburgh. Elle y naît le 3 février 1874 dans une famille juive d'origine alsacienne.
Appartement parisien où Stein vécut de 1903 à 1938 avec Alice B. Toklas. Ses samedis soir réunissaient Picasso, Matisse, Hemingway, Fitzgerald et les figures majeures des avant-gardes.
Stein y étudia de 1893 à 1897 sous la direction de William James, philosophe pragmatiste dont les théories sur la conscience influencèrent profondément son style littéraire.
Maison de campagne louée par Stein et Toklas à partir de 1929, où elles passaient les étés. Stein y travaillait dans le jardin et reçut notamment Thornton Wilder.
Gertrude Stein y fut opérée d'un cancer en juillet 1946 et y mourut le 27 juillet. C'est là que furent prononcées ses dernières paroles enigmatiques sur « la question ».






