Biographie

Charles Erskine (1739-1811) est un cardinal écossais au service du Saint-Siège. Diplomate de l'Église catholique, il joua un rôle d'intermédiaire entre Rome et les puissances européennes à l'époque napoléonienne.

Charles Erskine de Kellie(1739 — 1811)

Charles Erskine de Kellie

Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande

8 min de lecture

SpiritualitéPolitiqueReligieux/seXIXe siècleFin du XVIIIe siècle et début du XIXe siècle, période marquée par la Révolution française, les guerres napoléoniennes et les bouleversements des rapports entre l'Église et les États européens.

Questions fréquentes

Charles Erskine (1739-1811) était un cardinal écossais au service du Saint-Siège, mais ce qu'il faut retenir, c'est qu'il n'a jamais été évêque : il était cardinal-diacre, un rang souvent réservé aux experts en droit ou en administration. Ce qui le rend singulier, c'est qu'il a passé l'essentiel de sa carrière comme diplomate, d'abord comme avvocato concistoriale (avocat canoniste) à la Curie romaine, puis comme représentant officieux du pape à Londres de 1793 à 1801. Imagine un prêtre écossais parlant couramment anglais, formé à Rome, chargé de maintenir des relations discrètes entre le Saint-Siège et un royaume protestant en pleine guerre contre la France révolutionnaire : voilà le profil unique d'Erskine.

Faits marquants

  • Né en 1739 en Écosse dans la famille Erskine de Kellie, famille noble catholique
  • Ordonné prêtre et entré au service de la curie romaine au XVIIIe siècle
  • Créé cardinal par le pape Pie VI ou Pie VII dans le contexte des tensions avec la France napoléonienne
  • Servit comme agent diplomatique du Saint-Siège auprès des puissances britanniques
  • Décédé en 1811 à Rome

Œuvres & réalisations

Mission diplomatique à Londres (1793-1801)

Erskine fut le principal représentant officieux du Saint-Siège auprès du gouvernement britannique pendant près d'une décennie. Cette mission permit de maintenir des relations discrètes entre Rome et Londres dans un contexte de guerres révolutionnaires.

Contribution aux négociations du Concordat de 1801 (1800-1801)

Bien que les négociations directes aient été conduites par le cardinal Consalvi, Erskine contribua aux tractations préliminaires grâce à ses réseaux diplomatiques européens, facilitant le rapprochement entre Napoléon et Pie VII.

Consultations juridiques canoniques pour la Curie romaine (vers 1765-1803)

Comme avvocato concistoriale, Erskine rédigea pendant des décennies des avis juridiques pour les tribunaux ecclésiastiques romains, contribuant à la pratique du droit canon à une période de bouleversements majeurs.

Correspondance diplomatique avec les chancelleries européennes (1793-1811)

Vaste ensemble de lettres et de dépêches échangées avec les gouvernements britannique, français et d'autres puissances, constituant une source précieuse pour l'histoire des relations entre l'Église catholique et les États à l'époque napoléonienne.

Anecdotes

En 1793, alors que la Révolution française bouleversait l'Europe, le pape Pie VI confia à Charles Erskine une mission délicate : se rendre à Londres pour servir d'intermédiaire officieux entre le Saint-Siège et le gouvernement britannique. Fils d'une famille jacobite écossaise exilée, Erskine parlait couramment anglais et comprenait la mentalité protestante britannique, ce qui faisait de lui un diplomate idéal pour naviguer en terrain hostile.

Né à Volterra en 1739 de parents nobles écossais ayant fui après la défaite des Stuarts, Charles Erskine grandit immergé dans la culture italienne tout en gardant une identité écossaise fière. Il étudia au Collège Pontifical Écossais de Rome, qui formait les prêtres catholiques destinés à travailler dans des pays à majorité protestante — une formation qui marqua profondément toute sa carrière diplomatique.

En 1800, lors du conclave qui allait élire Pie VII, Erskine joua un rôle discret mais influent. Sa connaissance des positions des différentes puissances européennes et ses relations avec les milieux diplomatiques romains en firent un conseiller précieux à un moment où l'Église devait se repositionner face à Napoléon Bonaparte, maître de la France depuis le coup d'État du 18 Brumaire.

Lorsque Napoléon entreprit de négocier le Concordat de 1801 pour réconcilier la France révolutionnaire et l'Église catholique, Erskine fut impliqué dans les tractations préliminaires. Sa nomination comme cardinal en 1803 par Pie VII récompensa ses services et symbolisa la reconnaissance de son rôle dans ce rapprochement historique entre Rome et Paris.

À sa mort en 1811, Charles Erskine laissait derrière lui une carrière atypique : jamais évêque, il était pourtant cardinal ; né de parents exilés, il avait servi l'une des institutions les plus puissantes du monde. Son parcours illustre comment l'Église catholique savait utiliser des personnalités issues de minorités persécutées pour ses missions diplomatiques les plus sensibles.

Sources primaires

Correspondance diplomatique de Charles Erskine avec le Secrétariat d'État du Saint-Siège (1793-1801)
Les lettres d'Erskine depuis Londres, conservées aux Archives secrètes du Vatican, témoignent de sa mission d'intermédiaire : il y rapporte les dispositions du gouvernement britannique à l'égard du catholicisme et les perspectives d'un rapprochement officieux entre Londres et Rome.
Bref apostolique de Pie VII créant Charles Erskine cardinal-diacre de Sant'Agata dei Goti (1803)
Le souverain pontife Pie VII, reconnaissant les services rendus par Charles Erskine à la cause du Saint-Siège dans des temps particulièrement difficiles, le crée cardinal-diacre en récompense de son zèle et de sa fidélité inébranlable à l'Église romaine.
Mémoires du cardinal Consalvi, secrétaire d'État de Pie VII (rédigés vers 1810-1824)
Ercole Consalvi mentionne Erskine comme l'un des prélats ayant facilité les communications entre le Saint-Siège et les puissances du Nord durant les années de crise, soulignant sa discrétion et sa connaissance approfondie des affaires anglaises.
Archives du Collège Pontifical Écossais de Rome — registres des alumni (vers 1755-1765)
Charles Erskine, fils de Sir Henry Erskine et de Lady Euphemia Douglas, né à Volterra en 1739, est inscrit parmi les élèves du Collège Pontifical Écossais de Rome, où il reçut sa formation en droit canonique et en théologie avant d'entrer au service de la Curie.

Lieux clés

Volterra, Toscane (Italie)

Ville médiévale perchée sur les collines toscanes, lieu de naissance de Charles Erskine en 1739. Ses parents, nobles écossais jacobites en exil, s'y étaient établis loin de l'Angleterre protestante qui les avait chassés.

Collège Pontifical Écossais, Rome

Institution fondée pour former les prêtres catholiques écossais destinés à exercer leur ministère dans un pays à majorité protestante. Erskine y reçut une formation en droit canonique qui orienta toute sa carrière vers la diplomatie ecclésiastique.

Curie romaine, Rome

Centre administratif et gouvernemental du Saint-Siège où Erskine exerça d'abord comme avvocato concistoriale, puis comme cardinal après 1803. Il y passa l'essentiel de sa vie adulte au service des papes Pie VI et Pie VII.

Londres, Angleterre

Capitale du Royaume-Uni où Erskine fut envoyé en mission par le Saint-Siège à partir de 1793. Sa connaissance de la langue et de la culture britannique en faisait l'intermédiaire idéal entre Rome et un pays officiellement protestant.

Paris — négociations du Concordat

Ville où se jouèrent les grandes négociations entre Napoléon et le Saint-Siège aboutissant au Concordat de 1801. Erskine, en contact étroit avec les milieux diplomatiques romains, suivit de près ces tractations historiques.

Liens externes & ressources

Œuvres

Mission diplomatique à Londres

1793-1801

Contribution aux négociations du Concordat de 1801

1800-1801

Consultations juridiques canoniques pour la Curie romaine

vers 1765-1803

Correspondance diplomatique avec les chancelleries européennes

1793-1811

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