Biographie

Cardinal et légat pontifical, Giovanni Battista Caprara (1733-1810) joua un rôle central dans la réconciliation entre l'Église catholique et la France napoléonienne. Il négocia et signa le Concordat de 1801 au nom du Saint-Siège, puis fut nommé archevêque de Milan.

Giovanni Battista Caprara(1733 — 1810)

Giovanni Battista Caprara

7 min de lecture

SpiritualitéPolitiqueXIXe sièclePériode napoléonienne, entre Révolution française et Premier Empire

Questions fréquentes

Pour comprendre cela, il faut se rappeler que Caprara, cardinal et légat pontifical, fut l’artisan principal du Concordat de 1801 entre le Saint-Siège et la France napoléonienne. Ce qu’il faut retenir, c’est que sans sa diplomatie patiente — Napoléon le surnommait ironiquement « la tortue » — la réconciliation entre l’Église catholique et l’État français, déchirée depuis la Révolution, n’aurait peut-être jamais eu lieu. Il incarne moins un homme de pouvoir qu’un médiateur entre deux mondes en conflit.

Faits marquants

  • Né à Bologne en 1733, issu d'une famille noble
  • Nommé légat a latere par Pie VII en 1801 pour négocier avec Bonaparte
  • Signe le Concordat de 1801 qui rétablit l'Église catholique en France
  • Nommé archevêque de Milan en 1802 par Napoléon
  • Meurt à Paris en 1810, ayant consacré la réconciliation franco-pontificale

Œuvres & réalisations

Concordat de 1801 (15 juillet 1801)

Traité signé entre le Saint-Siège et la France napoléonienne, mettant fin au schisme révolutionnaire. Il redéfinit les relations entre l'État et l'Église catholique pour plus d'un siècle, jusqu'à la loi de séparation de 1905.

Cérémonie du sacre de Napoléon roi d'Italie (26 mai 1805)

Caprara présida la cérémonie du couronnement à Milan, conférant une légitimité religieuse au nouveau royaume napoléonien d'Italie et consolidant l'alliance entre l'Empire et l'Église.

Instructions pastorales pour le diocèse de Milan (1802-1810)

Ensemble de lettres et directives pastorales adressées au clergé milanais pour réorganiser la vie religieuse après les troubles révolutionnaires et adapter le Concordat aux réalités locales.

Correspondance diplomatique avec le Saint-Siège (1800-1810)

Vaste corpus de dépêches et rapports envoyés à Rome, documentant les négociations du Concordat et l'évolution des relations franco-pontificales sous l'Empire — source majeure pour les historiens.

Anecdotes

Nommé légat du pape Pie VII en 1800, Caprara arriva à Paris pour négocier le Concordat alors qu'il était âgé de 67 ans. Napoleon, réputé pour son impatience, fut exaspéré par les longues délibérations du cardinal, au point de le surnommer ironiquement 'la tortue' — mais cette lenteur méthodique permit d'aboutir à un accord solide signé le 15 juillet 1801.

La cérémonie de signature du Concordat de 1801 marqua la fin d'une rupture de dix ans entre la France révolutionnaire et l'Église catholique. Caprara, qui représentait le Saint-Siège, dut accepter des compromis douloureux, notamment la renonciation aux biens ecclésiastiques confisqués depuis 1789, considérée par Rome comme un sacrifice nécessaire pour la paix religieuse.

En 1805, Caprara eut l'insigne honneur de couronner Napoléon roi d'Italie dans la cathédrale de Milan, en présence d'une foule immense. Il posa sur la tête de l'Empereur la couronne de fer des anciens rois lombards, reprenant les mots célèbres : 'Dieu me l'a donnée, malheur à qui y touchera.' C'était le triomphe diplomatique de sa carrière.

Malgré ses liens avec Napoléon, Caprara resta profondément attaché à l'autorité du pape. Lorsque Napoléon fit emprisonner Pie VII en 1809, le cardinal, trop âgé et malade pour résister ouvertement, continua d'exercer ses fonctions à Milan tout en maintenant discrètement sa loyauté envers Rome jusqu'à sa mort en 1810.

Sources primaires

Concordat entre le gouvernement français et Sa Sainteté Pie VII (15 juillet 1801)
Sa Sainteté le pape Pie VII et le gouvernement français de la République reconnaissent que la religion catholique, apostolique et romaine est la religion de la grande majorité des citoyens français.
Lettre de Caprara à Pie VII sur l'état des négociations (1801)
Les discussions avancent lentement en raison des exigences du Premier Consul, qui insiste sur la nomination des évêques par le gouvernement et sur la confirmation pontificale. J'ai cru devoir accepter ce principe pour sauver l'essentiel.
Correspondance de Napoléon Bonaparte, vol. VII (1800-1801)
Le citoyen Caprara est arrivé à Paris avec les pouvoirs du Saint-Siège. Les conférences ont commencé. Je désire que cette affaire soit terminée le plus promptement possible.
Articles organiques du Concordat (8 avril 1802)
Aucun acte du Saint-Siège ne pourra être reçu en France, aucun agent ou légat pontifical ne pourra exercer ses fonctions sur le territoire français, sans l'autorisation du gouvernement de la République.

Lieux clés

Bologne (État pontifical)

Ville natale de Caprara en 1733, alors sous souveraineté papale. Il y fit ses premières études ecclésiastiques dans une cité réputée pour son université et sa tradition juridique et théologique.

Paris, hôtel de la Légation pontificale

Résidence officielle de Caprara durant les négociations du Concordat (1800-1801), puis siège de la légation après la signature. C'est ici que se nouèrent les discussions avec les représentants de Napoléon, dans un contexte de méfiance réciproque.

Cathédrale de Milan (Duomo)

En 1805, Caprara y couronna Napoléon roi d'Italie avec la couronne de fer. Il y exerça ensuite ses fonctions d'archevêque de Milan jusqu'à sa mort, rendant la ville le centre de son action pastorale.

Vatican (Rome)

Centre de l'autorité catholique à laquelle Caprara restait soumis tout au long de sa carrière. C'est là que furent validés ses pouvoirs de légat et que fut ratifié le Concordat par Pie VII.

Vienne (Autriche)

Caprara y fut nonce apostolique avant d'être choisi pour la mission française. Cette expérience diplomatique auprès de la cour des Habsbourg le prépara aux négociations délicates avec le gouvernement napoléonien.

Voir aussi