Léon XIII
Léon XIII
1810 — 1903
États pontificaux, royaume d'Italie
Pape de 1878 à 1903, Léon XIII modernise la doctrine sociale de l'Église avec l'encyclique Rerum Novarum (1891). Il cherche à réconcilier le catholicisme avec le monde moderne et les démocraties libérales.
Citations célèbres
« La misère et la fortune sont le partage nécessaire de la société humaine. »
« Il faut que la religion et que l'Église catholique soient présentes dans les institutions humaines. »
Faits marquants
- 1878 : Élu pape sous le nom de Léon XIII, succédant à Pie IX
- 1891 : Publication de l'encyclique Rerum Novarum sur la condition des ouvriers
- 1879 : Encyclique Aeterni Patris, qui restaure le thomisme comme philosophie officielle de l'Église
- 1884 : Encyclique Humanum Genus contre la franc-maçonnerie
- 1903 : Mort après 25 ans de pontificat, l'un des plus longs de l'histoire moderne
Œuvres & réalisations
Encyclique fondatrice de la doctrine sociale de l'Église. Elle défend la dignité du travail, le droit à un salaire juste et à la propriété privée, tout en condamnant l'exploitation capitaliste et le collectivisme socialiste.
Encyclique qui remet la philosophie de saint Thomas d'Aquin au cœur de la formation catholique. Elle impulse un puissant mouvement néo-thomiste dans les universités et séminaires du monde entier.
Encyclique qui théorise les rapports entre l'Église et les États modernes. Léon XIII y accepte le principe de la séparation des pouvoirs tout en affirmant la compétence de l'Église sur les questions morales.
Décision historique permettant aux historiens du monde entier d'accéder aux archives pontificales. Acte de confiance envers la recherche historique et rupture majeure avec la politique de fermeture de ses prédécesseurs.
Encyclique sur l'étude scientifique de la Bible, encourageant les catholiques à utiliser les méthodes de la philologie et de l'archéologie pour mieux comprendre les Écritures, dans le respect de la foi.
Institution scientifique créée pour affirmer la compatibilité entre foi catholique et sciences modernes. Léon XIII voulait réfuter l'idée que l'Église s'opposerait au progrès scientifique depuis l'affaire Galilée.
Anecdotes
Élu pape en 1878 à l'âge de 68 ans, Léon XIII fut considéré par beaucoup comme un pape de transition, trop vieux pour marquer durablement l'Église. Il déjoua toutes les prévisions en régnant 25 ans, jusqu'à sa mort à 93 ans, devenant l'un des papes les plus longévifs de l'histoire.
En 1891, Léon XIII publie l'encyclique Rerum Novarum, texte fondateur de la doctrine sociale de l'Église. Pour la première fois, un pape prend position sur la condition ouvrière, défendant le droit à un salaire juste et à la liberté syndicale, tout en condamnant aussi bien le capitalisme sauvage que le socialisme révolutionnaire.
Passionné d'érudition, Léon XIII ouvrit les Archives secrètes du Vatican aux chercheurs du monde entier en 1881, rompant avec des siècles de fermeture. Cette décision courageuse permit à des historiens non catholiques d'accéder à des milliers de documents inestimables sur l'histoire de l'Église.
En 1898, Thomas Edison envoya une équipe filmer le pape au Vatican. Léon XIII bénit la caméra et devint ainsi l'un des premiers chefs d'État à apparaître dans un film. Ces images en mouvement firent le tour du monde et contribuèrent à son image de pape ouvert sur la modernité.
Avant de devenir pape, Gioacchino Pecci fut évêque de Pérouse pendant 32 ans. Durant cette période, il rédigea chaque année une lettre pastorale sur les grands défis intellectuels de son temps, formant ainsi sa pensée sur les rapports entre foi et modernité, bien avant son accession au trône pontifical.
Sources primaires
Il faut donc que salaire soit suffisant pour faire subsister l'ouvrier sobre et honnête. Si le travailleur, contraint par la nécessité ou poussé par la peur d'un mal plus grand, accepte des conditions dures que d'ailleurs il n'accepterait jamais, c'est une violence qu'il subit.
Parmi les docteurs scolastiques, Thomas d'Aquin tient le premier rang. Ayant hérité de tous ses prédécesseurs, il en a enrichi et orné les enseignements ; les ayant recueillis et rassemblés, il les a disposés et augmentés de telle sorte qu'il est regardé, à juste titre, comme la gloire et le rempart de l'Église catholique.
Dieu a divisé le gouvernement du genre humain entre deux puissances : la puissance ecclésiastique et la puissance civile ; celle-là préposée aux choses divines, celle-ci aux choses humaines. Chacune d'elles est souveraine en son genre.
L'Église a reçu les Livres Saints de la main des Apôtres, comme héritage précieux de la famille. Elle en est la gardienne et l'interprète fidèle, et son premier soin doit être de les préserver de toute altération.
L'Église n'a pas à craindre la vérité historique. Nous ordonnons que les Archives secrètes du Saint-Siège soient ouvertes aux savants et aux chercheurs, afin que la lumière de l'histoire dissipe les préjugés.
Lieux clés
Petite ville des monts Lepini où Gioacchino Pecci naquit le 2 mars 1810 dans une famille de la petite noblesse. Ce berceau rural du futur pape est aujourd'hui un lieu de mémoire avec un musée dédié à Léon XIII.
Ville où Pecci fut évêque pendant 32 ans (1846–1878). C'est là qu'il développa sa pensée sur la question sociale et les rapports entre Église et démocratie, publiant chaque année des lettres pastorales remarquées.
Résidence et centre du pouvoir pontifical. Après 1870 et la prise de Rome par l'Italie, Léon XIII se considéra comme « prisonnier du Vatican » et refusa ostensiblement d'en sortir pour protester contre la perte des États pontificaux.
Grande institution jésuite où Pecci fit ses études de théologie et de philosophie dans sa jeunesse. Cette formation rigoureuse forgea son attachement à la méthode scolastique qu'il promeut toute sa vie.
