Charles Martel fut maire du palais d'Austrasie puis souverain de facto du royaume des Francs. Issu de la famille des Pippinides, il imposa l'autorité carolingienne et arrêta la progression arabo-musulmane à la bataille de Poitiers en 732. Grand-père de Charlemagne, il prépara l'avènement de la dynastie carolingienne.
Charles Martel(688 — 741)
Charles Martel
royaume des Francs
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Devient maire du palais d'Austrasie en 717 après la mort de son père Pépin de Herstal
- Remporte la bataille de Poitiers en 732 (ou 733) contre les troupes du gouverneur Abd al-Rahman, stoppant la poussée musulmane vers le nord
- Réunifie sous son autorité l'ensemble des territoires francs (Neustrie, Austrasie, Bourgogne, Aquitaine)
- Exerce le pouvoir de fait sans porter le titre royal jusqu'à sa mort en 741
- Grand-père de Charlemagne et père de Pépin le Bref, fondateur officiel de la dynastie carolingienne
Œuvres & réalisations
Charles arrête l'avancée de l'armée d'Abd al-Rahman venue d'al-Andalus. L'événement fit sa renommée durable comme défenseur de la chrétienté occidentale.
Après ses victoires sur les Neustriens, Charles rassemble sous son autorité l'Austrasie, la Neustrie et la Bourgogne. Il restaure l'unité du pouvoir franc.
Charles développe une armée de cavaliers lourdement équipés, financée par la distribution de terres. Cette évolution annonce la société féodale à venir.
Il mène des expéditions contre Frisons, Saxons, Bavarois, Alamans et Aquitains. Il consolide ainsi et étend les frontières du royaume franc.
Charles protège le missionnaire saint Boniface dans son œuvre de christianisation des peuples germaniques. Il lie ainsi pouvoir franc et expansion de l'Église.
À la mort de Thierry IV, Charles gouverne seul sans nommer de nouveau roi. Il prépare ainsi le passage du pouvoir à sa propre dynastie.
Avant de mourir, Charles divise le royaume entre Pépin le Bref et Carloman comme un véritable souverain. Ce geste ouvre la voie à l'avènement carolingien de 751.
Anecdotes
Son surnom « Martel » signifie « le marteau » : on le lui donna après la bataille de Poitiers de 732, car il aurait frappé ses ennemis comme un marteau écrase le métal. Ce sobriquet, qui n'apparaît dans les textes que bien plus tard, est resté attaché à lui pour toujours.
Charles n'était pas roi : il portait le titre de « maire du palais ». À son époque, les rois mérovingiens étaient si effacés qu'on les a surnommés les « rois fainéants », tandis que les maires du palais détenaient le vrai pouvoir militaire et politique.
À sa mort en 741, Charles Martel partagea le royaume entre ses deux fils, Pépin le Bref et Carloman, comme s'il était roi — alors qu'il ne l'était officiellement pas. Pendant les dernières années, le trône des Francs resta même vacant, sans aucun roi mérovingien.
Pour financer ses armées de cavaliers, Charles Martel n'hésita pas à confisquer des terres et des biens de l'Église pour les distribuer à ses guerriers. Cela lui valut l'hostilité durable d'une partie du clergé, malgré son rôle de défenseur de la chrétienté.
Il est le grand-père de Charlemagne : son fils Pépin le Bref deviendra le premier roi carolingien en 751, et son petit-fils Charlemagne sera couronné empereur en l'an 800. Charles Martel a donc posé les fondations d'une des plus grandes dynasties de l'histoire de France.
Sources primaires
Le prince Charles, ayant disposé ses lignes de bataille contre eux et fondant sur eux comme un vaillant guerrier, les surprit. Avec l'aide du Christ, il renversa leurs tentes et se précipita au combat pour les massacrer.
Charles, à la tête de ses guerriers, livra de nombreuses batailles et soumit les peuples révoltés, gouvernant le royaume des Francs avec fermeté du temps des rois mérovingiens.
Les peuples du Septentrion restèrent immobiles comme un mur, et tels une zone de froid qu'ils sont figés, ils anéantirent les Arabes par le tranchant de l'épée.
Charles, homme d'un courage indomptable, prit en main le gouvernement de tout le royaume des Francs et soumit à son autorité les nations voisines révoltées.
Lieux clés
Domaine familial des Pippinides, près de Liège dans l'actuelle Belgique, berceau du pouvoir de la famille de Charles. C'est l'un des foyers de l'autorité carolingienne naissante.
Ville d'Aquitaine près de laquelle Charles affronta en 732 l'armée venue d'Espagne. La bataille, livrée sur la route de Tours, devint le symbole de son rôle de défenseur des Francs.
Ancienne cité de Neustrie où Charles remporta en 719 une victoire décisive consolidant son autorité sur tout le royaume franc.
Palais royal franc sur l'Oise, lieu de séjour et de gouvernement des maires du palais et des souverains carolingiens.
Grand sanctuaire au nord de Paris où Charles Martel fut inhumé en 741. Le lieu deviendra la nécropole des rois de France.
Ville du Val de Loire abritant le riche sanctuaire de Saint-Martin, objectif présumé de l'expédition arrêtée par Charles en 732 ; la bataille est parfois dite « de Tours ».
Objets typiques

Longue épée à double tranchant utilisée par les guerriers francs pour le combat rapproché. Arme prestigieuse, elle était souvent l'objet d'un grand soin et symbolisait le statut du combattant.

Hache de jet caractéristique des Francs, dont le nom même évoque ce peuple. Les guerriers la lançaient sur l'ennemi avant le choc des lignes pour briser boucliers et rangs adverses.

Armure défensive faite d'anneaux de fer entrelacés ou de plaques cousues sur cuir, protégeant le torse du guerrier. Coûteuse, elle était réservée à l'élite combattante autour du maire du palais.

Bouclier de bois renforcé d'un umbo de fer central, tenu par les fantassins francs. Aligné avec ceux des compagnons, il formait un mur défensif redoutable, comme à Poitiers.

Arme d'hast à pointe de fer, utilisée aussi bien par les fantassins que par les cavaliers en plein essor. C'était l'arme la plus répandue des armées franques.

Documents écrits scellés par lesquels le maire du palais accordait terres, privilèges et donations. Ils étaient l'instrument concret de son autorité politique sur le royaume.
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Vie quotidienne
Matin
La journée d'un maire du palais commençait tôt, souvent dans l'un des domaines royaux où la cour se déplaçait au fil des saisons. Après une prière, Charles recevait ses fidèles, écoutait les messagers et donnait ses ordres. En temps de guerre, la matinée était consacrée à l'organisation des troupes et à l'inspection des armes.
Après-midi
L'après-midi se partageait entre les affaires du royaume — jugements, donations de terres, réception d'ambassadeurs — et les exercices militaires ou la chasse. La chasse à cheval, sport favori de l'aristocratie franque, entretenait l'endurance des guerriers tout en affirmant le prestige du chef.
Soir
Le soir, le maire du palais présidait un grand repas dans la salle commune, entouré de ses guerriers fidèles. On y mangeait, buvait et écoutait les récits des exploits guerriers. Ces banquets renforçaient les liens de fidélité entre le chef et son entourage armé.
Alimentation
L'alimentation de l'aristocratie franque était riche en viandes, surtout le gibier issu de la chasse (cerf, sanglier) et le porc. On consommait aussi du pain, des bouillies de céréales, du fromage et des légumes, le tout arrosé de vin et de bière (cervoise) lors des grands repas.
Vêtements
Charles portait des vêtements de qualité distinguant son rang : tunique de lin ou de laine, braies (sortes de pantalons), manteau agrafé d'une fibule et chausses. En campagne, il revêtait la broigne ou la cotte de mailles, et ses armes ornées affichaient son statut de chef de guerre.
Habitat
Il n'y avait pas de capitale fixe : la cour se déplaçait entre les palais et domaines royaux (Herstal, Quierzy, Jupille). Ces résidences étaient de grands ensembles de bois et de pierre comprenant une vaste salle commune, des dépendances agricoles et des écuries, au cœur de domaines ruraux.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Victoire de la bataille de Poitiers
732
Réunification du royaume franc
vers 719
Réforme militaire et essor de la cavalerie
vers 730-740
Campagnes de soumission des peuples périphériques
720-738
Soutien à l'évangélisation de la Germanie
vers 723
Gouvernement sans roi mérovingien
737-741
Partage du royaume entre ses fils
741





