Christiane Nüsslein-Volhard est une biologiste allemande née en 1942, spécialiste de la génétique du développement. Ses travaux sur la mouche du vinaigre (drosophile) ont révélé comment les gènes contrôlent la formation de l'embryon. Elle reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1995.
Christiane Nüsslein-Volhard(1942 — ?)
Christiane Nüsslein-Volhard
Allemagne
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née le 20 octobre 1942 à Magdebourg, en Allemagne
- Identifie avec Eric Wieschaus les gènes contrôlant le développement embryonnaire de la drosophile (travaux publiés en 1980)
- Reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1995, partagé avec Eric Wieschaus et Edward B. Lewis
- Première femme allemande à recevoir un prix Nobel scientifique
- Dirige le département de génétique de l'Institut Max-Planck de biologie du développement à Tübingen
Œuvres & réalisations
Recherche systématique des gènes contrôlant la segmentation de l'embryon de drosophile. Cette méthode, qui consistait à examiner d'innombrables mutants, a révolutionné l'étude du développement.
Publication majeure identifiant 15 gènes qui gouvernent le plan du corps de la larve. C'est l'un des articles les plus cités de la biologie du développement.
Démonstration qu'une protéine répartie en gradient indique à chaque cellule sa position dans l'embryon. Première preuve concrète de la notion de morphogène.
Extension de sa méthode à un vertébré aux embryons transparents. Ces travaux ont fait du poisson-zèbre un animal modèle incontournable en biologie.
Récompense décernée avec Eric Wieschaus et Edward Lewis pour la compréhension du contrôle génétique du développement embryonnaire précoce.
Fondation qu'elle crée pour soutenir financièrement de jeunes chercheuses allemandes ayant des enfants. Elle vise à empêcher les femmes de talent de quitter la science.
Ouvrage de vulgarisation où elle explique comment, à partir d'une seule cellule, les gènes construisent un organisme entier.
Anecdotes
Pour découvrir quels gènes sculptent l'embryon, Christiane Nüsslein-Volhard et son collègue Eric Wieschaus ont passé près d'un an penchés sur un microscope à deux têtes, qui leur permettait d'observer la même larve en même temps. Ils ont examiné des dizaines de milliers de larves de mouches mutantes pour repérer celles dont le corps était mal segmenté. Ce travail patient leur a valu le prix Nobel en 1995.
Quand l'équipe trouvait un gène nouveau, il fallait lui donner un nom. Une larve mutante, courte et hérissée de petites pointes, ressemblait à un hérisson : le gène responsable fut baptisé « hedgehog » (hérisson en anglais). Ce nom amusant est resté et désigne aujourd'hui une famille de gènes très importante, présente aussi chez l'être humain.
En 1995, Christiane Nüsslein-Volhard est devenue la première femme allemande à recevoir le prix Nobel de physiologie ou médecine. Elle l'a partagé avec Eric Wieschaus et Edward Lewis, récompensés pour avoir compris comment les gènes commandent les toutes premières étapes du développement d'un embryon.
Ayant vu beaucoup de jeunes chercheuses talentueuses quitter la science après être devenues mères, elle a créé en 2004 une fondation à son nom. Celle-ci verse de l'argent à de jeunes scientifiques allemandes ayant des enfants, pour les aider à payer une garde ou de l'aide à la maison et à poursuivre leur recherche.
Après ses découvertes sur la mouche du vinaigre, elle a voulu étudier un animal plus proche de l'homme, doté d'une colonne vertébrale. Elle a choisi le poisson-zèbre, dont les embryons sont transparents : on peut littéralement voir, au microscope, les organes se former jour après jour.
Sources primaires
In systematic searches for embryonic lethal mutants of Drosophila melanogaster we have identified 15 loci which when mutated alter the segmental pattern of the larva.
Le morphogène bicoïd est réparti en un gradient de concentration depuis l'avant de l'embryon, et c'est cette concentration locale qui indique à chaque cellule où elle se situe et ce qu'elle doit devenir.
Le prix est décerné pour leurs découvertes concernant le contrôle génétique du développement embryonnaire précoce.
Comprendre comment une seule cellule fécondée devient un être vivant complet est l'une des questions les plus fascinantes de la biologie.
Lieux clés
Ville où Christiane Nüsslein-Volhard est née en 1942. Sa famille déménagera ensuite vers Francfort.
Ville où elle grandit et commence ses études de biologie à l'université. C'est là que naît sa passion pour le vivant.
Centre de recherche international où elle mène, avec Eric Wieschaus, le grand crible génétique de la drosophile à la fin des années 1970.
Université où elle obtient son diplôme de biochimie puis son doctorat en 1974.
Institut dont elle devient directrice en 1985 et où elle poursuit ses recherches sur la drosophile puis le poisson-zèbre.
Capitale suédoise où elle reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine en décembre 1995.
Objets typiques

Microscope spécial permettant à deux personnes d'observer la même préparation en même temps. Nüsslein-Volhard et Wieschaus l'ont utilisé pour examiner ensemble des milliers de larves mutantes.

Petits tubes contenant une pâte nutritive où l'on élève les mouches du vinaigre. Leur cycle de vie très court, environ deux semaines, permet d'étudier de nombreuses générations.

Instrument permettant de prélever et déposer des volumes minuscules de liquide, de l'ordre du millionième de litre. Outil de base pour manipuler embryons, réactifs et solutions d'ADN.

Rangées de bacs où l'on élève des poissons-zèbres, devenus un animal modèle majeur. Leurs embryons transparents laissent voir directement la formation des organes.

Petites boîtes rondes en verre ou plastique servant à observer et trier les embryons et larves sous le microscope. Indispensables au tri des milliers de spécimens des cribles génétiques.

Registre où le chercheur note chaque expérience, croisement et observation, avec dates et résultats. Il garantit que les découvertes pourront être vérifiées et reproduites.
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Vie quotidienne
Matin
La matinée d'une chercheuse comme elle commence souvent au laboratoire, où l'on relève les croisements de mouches préparés la veille et où l'on note les premiers résultats. Une partie du temps est consacrée à l'observation au microscope des embryons et des larves.
Après-midi
L'après-midi mêle expériences à la paillasse, réunions avec les étudiants et doctorants, et lecture d'articles scientifiques. En tant que directrice d'institut, elle consacre aussi du temps à organiser la recherche de son équipe.
Soir
Le soir, le travail se prolonge fréquemment par la rédaction d'articles, la préparation de conférences ou la correction de manuscrits. C'est aussi le moment de cuisiner, une passion qu'elle assume et partage volontiers.
Alimentation
Son alimentation est celle d'une Européenne du XXe siècle : pain, légumes, viandes et poissons, café et thé. Amatrice de bonne cuisine, elle apprécie de préparer elle-même des plats élaborés.
Vêtements
Au laboratoire, elle porte la blouse blanche de rigueur, parfois des gants et des lunettes de protection. En dehors, sa tenue est celle d'une universitaire moderne, simple et pratique.
Habitat
Elle vit dans une habitation confortable d'une ville universitaire allemande, à proximité de son institut de recherche. Son quotidien se partage entre ce domicile et les laboratoires de Tübingen.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Le crible génétique de Heidelberg (avec Eric Wieschaus)
1978-1980
Article « Mutations affecting segment number and polarity in Drosophila » (Nature)
1980
Découverte du gène et du morphogène bicoïd (avec Wolfgang Driever)
1988
Cribles génétiques sur le poisson-zèbre (« crible de Tübingen »)
1996
Prix Nobel de physiologie ou médecine
1995
Fondation Christiane Nüsslein-Volhard
2004
Livre « Coming to Life: How Genes Drive Development »
2006






