Claude Sautet (1924-2000) est un réalisateur et scénariste français, figure majeure du cinéma d'auteur des années 1970-1990. Il est célèbre pour ses portraits intimes de la bourgeoisie et ses chroniques des sentiments, comme dans *Les Choses de la vie* et *Un cœur en hiver*.
Claude Sautet(1924 — 2000)
Claude Sautet
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 23 février 1924 à Montrouge et mort le 22 juillet 2000 à Paris
- Réalise *Les Choses de la vie* en 1970, l'un de ses plus grands succès
- Tourne plusieurs films avec Romy Schneider et Michel Piccoli dans les années 1970
- Réalise *Un cœur en hiver* en 1992, qui lui vaut le César du meilleur réalisateur (1993)
- Termine sa carrière avec *Nelly et Monsieur Arnaud* (1995), récompensé de plusieurs Césars
Œuvres & réalisations
Film noir avec Lino Ventura et Jean-Paul Belmondo, premier long métrage important de Sautet, salué pour sa tension et son réalisme.
Adapté du roman de Paul Guimard, ce film sur la mémoire et le quotidien marque son premier grand succès et impose son style intimiste.
Drame avec Michel Piccoli et Romy Schneider, portrait sombre d'un policier obsédé par un piège qu'il tend à des petits voyous.
Histoire d'un trio amoureux avec Romy Schneider, Yves Montand et Sami Frey ; un des films les plus aimés de Sautet.
Chronique d'un groupe d'amis quinquagénaires, avec Montand, Piccoli et Serrault, fresque sensible sur l'amitié et le temps qui passe.
Portrait d'une femme libre interprétée par Romy Schneider, nommé à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.
Autour de la musique de Ravel, le portrait d'un luthier incapable d'aimer ; César du meilleur réalisateur et Lion d'argent à Venise.
Dernier film de Sautet, avec Emmanuelle Béart et Michel Serrault, sur la relation ambiguë entre une jeune femme et un homme âgé.
Anecdotes
Avant de devenir réalisateur, Claude Sautet était un redoutable « script doctor » : on l'appelait en secret pour réparer les scénarios bancals d'autres films. Son nom n'apparaissait souvent pas au générique, mais tout le métier savait qu'il avait sauvé des dizaines de tournages.
Sautet a connu le succès sur le tard. C'est à 46 ans, avec *Les Choses de la vie* (1970), qu'il s'impose enfin auprès du grand public, après des années passées dans l'ombre comme assistant et dialoguiste.
L'actrice Romy Schneider a tourné cinq films avec lui, dont *Les Choses de la vie* et *César et Rosalie*. Leur collaboration est restée légendaire : Sautet disait qu'elle comprenait ses personnages avant même qu'il ait fini de les expliquer.
Passionné de musique, Sautet écoutait Bach, Ravel ou du jazz pour trouver le rythme de ses films. Dans *Un cœur en hiver* (1992), la musique de Ravel n'est pas un décor : elle est au cœur même de l'histoire d'un luthier incapable d'aimer.
Fumeur invétéré et perfectionniste angoissé, Sautet réécrivait sans cesse ses dialogues, parfois attablé dans les cafés parisiens. Il comparait la mise en scène à un travail de musicien cherchant la bonne note pour chaque silence.
Sources primaires
Sautet y explique que son sujet n'est pas l'événement spectaculaire mais la difficulté ordinaire des gens à se parler, à dire leurs sentiments et à se comprendre dans la vie de tous les jours.
Le film s'ouvre sur l'accident de voiture de Pierre et fait défiler, en éclats de mémoire, les choses ordinaires d'une existence : une œuvre primée au Festival de Cannes.
Le cinéaste y revendique un cinéma du « mouvement » et des regards, où l'essentiel se joue dans les gestes, les hésitations et ce que les personnages n'osent pas dire.
Autour de la musique de Ravel, le film dresse le portrait d'un artisan-luthier incapable d'aimer ; il vaut à Sautet le César du meilleur réalisateur et un Lion d'argent à Venise.
Lieux clés
Commune de la banlieue sud de Paris où Claude Sautet naît en 1924.
Ville où Sautet a vécu, travaillé et tourné une grande partie de ses films, et où il meurt en 2000. Ses chroniques de la bourgeoisie s'y déroulent souvent.
École de cinéma parisienne où Sautet se forme aux métiers de la réalisation à la fin des années 1940.
Grand festival international où *Les Choses de la vie* est présenté et remarqué en 1970, lançant la notoriété de Sautet.
Festival international du film où Sautet reçoit un Lion d'argent pour *Un cœur en hiver* en 1992.
Objets typiques

Outil central du réalisateur, elle enregistre l'image sur pellicule. Sautet l'utilisait pour capter les regards et les gestes qui révèlent les sentiments cachés de ses personnages.

Le texte qui décrit dialogues et scènes, sans cesse raturé et réécrit. Sautet, ancien « script doctor », le retravaillait jusqu'à la dernière minute.

Petite ardoise frappée devant la caméra au début de chaque prise. Elle permet de synchroniser l'image et le son et d'identifier les scènes au montage.

Machine sur laquelle on coupe et assemble la pellicule. C'est là que Sautet sculptait le rythme de ses films, image par image.

Sautet, mélomane, écoutait Bach, Ravel ou du jazz pour trouver l'atmosphère de ses films. La musique de Ravel structure entièrement *Un cœur en hiver*.

Objet du quotidien d'un homme de son temps, fumeur invétéré. La cigarette ponctue aussi les silences et les conversations dans beaucoup de ses films.
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Vie quotidienne
Matin
Sautet commençait souvent sa journée tard, en homme de nuit. Il aimait s'installer dans un café parisien avec un crème et des cigarettes pour relire et raturer ses dialogues, cherchant le mot juste.
Après-midi
L'après-midi était consacré au travail du film : réunions avec ses scénaristes (comme Jean-Loup Dabadie), repérages, ou longues séances sur la table de montage où il peaufinait le rythme plan par plan.
Soir
Le soir, il retrouvait amis et collaborateurs au restaurant ou autour d'un verre, prolongeant les discussions sur les personnages et les histoires. La conversation et l'écoute des autres nourrissaient directement ses films.
Alimentation
Comme beaucoup de Parisiens de sa génération, il fréquentait cafés et brasseries, appréciant la cuisine de bistrot. Le café et le tabac accompagnaient en permanence ses longues séances de travail.
Vêtements
Sautet portait la tenue sobre de l'intellectuel parisien d'après-guerre : costume, chemise et veste, souvent sans cravate, dans des tons discrets, loin de toute extravagance.
Habitat
Il vivait à Paris, dans le décor bourgeois et urbain qu'il filmait avec tant de justesse : appartements citadins, immeubles haussmanniens et maisons de campagne où se réunissent ses personnages.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Max et les ferrailleurs
1971
Vincent, François, Paul... et les autres
1974
Un cœur en hiver
1992






