Commode(161 — 192)

Commode

Rome antique

6 min de lecture

PolitiqueMilitaireAntiquitéApogée et début du déclin de l'Empire romain, fin de la dynastie des Antonins (IIe siècle après J.-C.)

Empereur romain de 180 à 192, fils et successeur de Marc Aurèle. Son règne autoritaire et excentrique marque la fin de la dynastie des Antonins et l'arrêt de l'âge d'or impérial. Il fut assassiné en 192, ouvrant une période de troubles.

Questions fréquentes

Commode (161-192) est le dernier empereur de la dynastie des Antonins, fils de Marc Aurèle. Ce qu'il faut retenir, c'est que son règne marque un basculement : après l'âge d'or des Antonins, il instaure un pouvoir autoritaire et excentrique. Contrairement à son père, philosophe et dévoué à l'État, Commode délègue les affaires à des favoris comme Perennis ou Cléandre et se consacre aux plaisirs, notamment aux combats de gladiateurs. Son assassinat en 192 ouvre une période de guerres civiles, l'« année des cinq empereurs », qui met fin à la stabilité impériale.

Faits marquants

  • Fils de l'empereur Marc Aurèle, il devient co-empereur en 177 puis empereur unique à la mort de son père en 180
  • Met fin aux guerres contre les Germains en signant la paix sur le Danube en 180
  • S'identifie à Hercule et combat lui-même dans l'arène comme gladiateur, scandalisant l'aristocratie
  • Son règne autoritaire repose sur des favoris (Pérennis, Cléandre) et de nombreuses exécutions de sénateurs
  • Assassiné le 31 décembre 192, sa mort déclenche l'année des cinq empereurs (193)

Œuvres & réalisations

Fin des guerres marcomanes (180)

Commode met un terme aux longues guerres germaniques de son père par des traités de paix, choix critiqué mais qui stabilise temporairement la frontière du Danube.

Refondation symbolique de Rome (Colonia Commodiana) (191-192)

Après un grand incendie, Commode rebaptise Rome de son nom, illustrant sa dérive vers un culte de la personnalité.

Renommage des mois et des institutions (vers 192)

Il fait renommer les douze mois de l'année, les légions et le Sénat d'après ses titres herculéens, marquant l'apogée de sa mégalomanie.

Jeux et spectacles du Colisée (190-192)

Commode organise et participe à de grands jeux où il combat en gladiateur et abat des fauves, gagnant la faveur populaire mais l'hostilité de l'élite.

Statuaire et monnaies à l'image d'Hercule (190-192)

Il diffuse une iconographie le représentant en Hercule romain (buste du Capitole), affirmant sa nature quasi divine.

Réorganisation de l'annone et de la flotte d'Afrique (vers 190)

Création d'une flotte (Classis Africana Commodiana) destinée à sécuriser l'approvisionnement de Rome en blé d'Afrique.

Anecdotes

Commode se prenait pour la réincarnation d'Hercule : il se faisait représenter coiffé d'une peau de lion et tenant une massue, et apparaissait ainsi dans l'arène. Il alla jusqu'à rebaptiser Rome "Colonia Commodiana", la colonie de Commode.

L'empereur descendait lui-même combattre dans l'arène en gladiateur, ce qui scandalisait l'aristocratie car cette activité était jugée indigne d'un Romain de haut rang. Il prétendait avoir remporté des centaines de combats et se faisait verser un salaire colossal par le trésor public pour chaque apparition.

Lors de chasses spectaculaires dans le Colisée, Commode abattait depuis une plateforme sécurisée des autruches, des lions et même des éléphants. Selon l'historien Dion Cassius, témoin direct, il décapita un jour une autruche et brandit la tête vers les sénateurs d'un air menaçant, les forçant à mâcher des feuilles de laurier pour dissimuler leur fou rire.

Commode rebaptisa les douze mois de l'année de ses propres surnoms et titres, comme "Amazonius" ou "Herculeus". Il renomma aussi les légions, la flotte et le Sénat lui-même en y accolant son nom.

Il échappa à plusieurs complots, dont un mené par sa propre sœur Lucilla en 182. La conjuration finale réussit en 192 : après une tentative d'empoisonnement, il fut étranglé dans son bain par Narcisse, un athlète chargé de son entraînement.

Sources primaires

Dion Cassius, Histoire romaine, Livre LXXII (LXXIII) (vers 220 ap. J.-C.)
Ce héros, ce Commode, abattit lui-même cent ours en un seul jour... Il décapita une autruche et, s'avançant vers nous, la tête dans la main gauche et l'épée ensanglantée dans la droite, il nous montra qu'il nous traiterait de même.
Hérodien, Histoire des empereurs romains, Livre I (IIIe siècle ap. J.-C.)
Il négligeait les affaires de l'État et s'abandonnait aux plaisirs, laissant le pouvoir à des favoris, tandis qu'il se livrait aux combats de gladiateurs et aux chasses publiques.
Histoire Auguste, Vie de Commode (Aelius Lampridius) (IVe siècle ap. J.-C.)
Il combattit sous le nom de Paulus, un gladiateur célèbre ; il aimait tellement ce nom qu'on l'inscrivit parmi les gladiateurs.
Hérodien, Histoire des empereurs romains, Livre I (sur la conjuration finale) (IIIe siècle ap. J.-C.)
Marcia lui présenta une coupe de vin empoisonné ; comme le poison tardait à agir, ils envoyèrent Narcisse, un jeune homme robuste, qui l'étrangla pendant qu'il était affaibli.

Lieux clés

Lanuvium (Lanuvio, Latium)

Cité du Latium où naquit Commode en 161, au sud-est de Rome.

Rome

Capitale de l'Empire où Commode régna, donna ses spectacles et fut assassiné. Il tenta de la rebaptiser Colonia Commodiana.

Colisée (Amphithéâtre Flavien)

Amphithéâtre de Rome où Commode combattit comme gladiateur et organisa des chasses spectaculaires devant le peuple et le Sénat.

Vindobona (Vienne)

Camp militaire sur le Danube où mourut Marc Aurèle en 180 ; Commode y conclut la paix avec les Germains avant de regagner Rome.

Palatin (palais impérial)

Colline de Rome où se trouvait la résidence des empereurs. Commode y vivait et y échappa à plusieurs complots.

Voir aussi