Crésus de Lydie

Crésus, roi de Lydie

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PolitiqueÉconomieAvant J.-C.Antiquité, VIe siècle avant J.-C., à l'époque de l'expansion de l'Empire perse achéménide et de l'apogée des cités grecques d'Asie Mineure.

Dernier roi de Lydie (vers 561-546 av. J.-C.), Crésus est resté célèbre pour sa richesse légendaire, tirée des mines d'or du Pactole. Son royaume fut conquis par Cyrus le Grand, marquant la fin de l'indépendance lydienne.

Questions fréquentes

Crésus fut le dernier roi de Lydie (vers 561-546 av. J.-C.), un royaume d'Asie Mineure. Ce qu'il faut retenir, c'est que son nom est devenu synonyme de richesse immense : on dit encore « riche comme Crésus ». Cette fortune venait des sables aurifères du fleuve Pactole qui traversait sa capitale Sardes. Mais au-delà des pièces d'or, ce qui rend Crésus important pour l'histoire, c'est qu'il fut le premier souverain « barbare » à soumettre des cités grecques d'Ionie et à frapper des monnaies d'or et d'argent pures, posant les bases du système bimétallique antique.

Faits marquants

  • Monte sur le trône de Lydie vers 561 av. J.-C., avec pour capitale Sardes
  • Soumet les cités grecques d'Ionie d'Asie Mineure, dont Milet entretenait des relations avec son royaume
  • Sa richesse, tirée de l'or du fleuve Pactole, devient proverbiale (« riche comme Crésus »)
  • Consulte l'oracle de Delphes avant d'attaquer la Perse, selon le récit d'Hérodote
  • Est vaincu par Cyrus le Grand vers 546 av. J.-C. ; la Lydie est annexée à l'Empire perse

Œuvres & réalisations

Système monétaire bimétallique (vers 560-546 av. J.-C.)

Mise en place attribuée à Crésus des premières pièces distinctes d'or pur et d'argent pur, posant les bases du monnayage qui se répandra dans tout le monde antique.

Soumission des cités grecques d'Ionie (vers 560-550 av. J.-C.)

Conquête et mise sous tribut des cités grecques d'Asie Mineure, faisant de la Lydie la première puissance « barbare » à dominer des Grecs.

Financement de l'Artémision d'Éphèse (vers 555 av. J.-C.)

Contribution aux colonnes du temple d'Artémis à Éphèse, futur monument compté parmi les sept merveilles du monde antique.

Offrandes au sanctuaire de Delphes (vers 548-547 av. J.-C.)

Dons spectaculaires d'or et d'argent qui firent la réputation de générosité de Crésus et renforcèrent les liens entre la Lydie et le monde grec.

Apogée de la puissance lydienne (vers 561-547 av. J.-C.)

Sous Crésus, la Lydie atteignit son extension maximale, contrôlant presque toute l'Asie Mineure à l'ouest du fleuve Halys.

Anecdotes

Crésus était si riche que son nom est devenu une expression : encore aujourd'hui, on dit « riche comme Crésus » pour parler d'une fortune immense. Cette richesse venait surtout de l'or que ses serviteurs récoltaient dans les sables du fleuve Pactole, qui traversait sa capitale Sardes.

Selon l'historien grec Hérodote, le sage athénien Solon rendit visite à Crésus. Le roi lui montra ses trésors et lui demanda qui était l'homme le plus heureux du monde, certain que ce serait lui. Solon répondit qu'on ne pouvait juger du bonheur d'un homme qu'à sa mort, ce qui vexa profondément le roi.

Avant d'attaquer l'Empire perse, Crésus consulta l'oracle de Delphes. La prophétie annonçait que s'il franchissait le fleuve Halys, « il détruirait un grand empire ». Confiant, il attaqua Cyrus le Grand — mais le grand empire détruit fut le sien : la prophétie était ambiguë.

On attribue traditionnellement aux Lydiens, sous Crésus ou ses prédécesseurs, l'invention des premières véritables pièces de monnaie en métal frappé. Ce fut une révolution : pour la première fois, on garantissait la valeur d'un échange par une empreinte royale.

D'après la légende rapportée par Hérodote, Cyrus aurait condamné Crésus vaincu à être brûlé sur un bûcher. Sur les flammes, le roi déchu cria le nom de « Solon ». Intrigué, Cyrus lui demanda pourquoi, comprit la leçon sur la fragilité du bonheur, et lui fit grâce.

Sources primaires

Hérodote, Histoires, Livre I (Clio) (vers 445 av. J.-C.)
Crésus était Lydien de nation, fils d'Alyatte, et tyran des peuples en deçà du fleuve Halys. Il fut le premier des Barbares dont nous ayons connaissance qui soumit des Grecs au tribut.
Hérodote, Histoires, Livre I — l'oracle de Delphes (vers 445 av. J.-C.)
L'oracle répondit que, s'il portait la guerre contre les Perses, il détruirait un grand empire.
Hérodote, Histoires, Livre I — entretien avec Solon (vers 445 av. J.-C.)
Quant à toi, ô Crésus, je vois que tu possèdes de grandes richesses et que tu règnes sur de nombreux peuples ; mais avant que tu n'aies fini ta vie heureusement, je ne puis répondre à ta question.
Bacchylide, Épinicie III (Ode à Hiéron) (vers 468 av. J.-C.)
Crésus, sur le bûcher dressé, fut sauvé par Apollon qui l'emporta chez les Hyperboréens.

Lieux clés

Sardes

Capitale du royaume de Lydie et résidence de Crésus, située au pied du mont Tmolos. Sa chute en 546 av. J.-C. marqua la fin de l'indépendance lydienne.

Fleuve Pactole

Rivière traversant Sardes, célèbre pour ses sables aurifères qui firent la richesse légendaire de Crésus.

Delphes

Grand sanctuaire d'Apollon en Grèce, où Crésus envoya de riches offrandes et consulta l'oracle avant sa guerre contre les Perses.

Fleuve Halys

Frontière orientale du royaume lydien et limite avec l'Empire perse. Crésus le franchit pour attaquer Cyrus, déclenchant sa perte.

Éphèse

Cité grecque d'Ionie soumise par Crésus. Il participa au financement de la reconstruction de son temple d'Artémis, l'une des sept merveilles du monde.

Ptérie (Cappadoce)

Région de Cappadoce où eut lieu la première bataille indécise entre les armées de Crésus et de Cyrus, vers 547 av. J.-C.

Voir aussi