Biographie

Cy Twombly (1928-2011) est un peintre, dessinateur et sculpteur américain. Figure majeure de l'art d'après-guerre, il a développé un langage pictural singulier mêlant gribouillages, écritures et graffitis, à la frontière de l'expressionnisme abstrait.

Cy Twombly(1928 — 2011)

Cy Twombly

États-Unis

5 min de lecture

Arts visuelsArtisteXXe siècleSeconde moitié du 20e siècle, période de l'art contemporain d'après-guerre, entre expressionnisme abstrait américain et néo-avant-gardes européennes.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Cy Twombly (1928-2011) est un peintre américain qui a inventé un langage visuel unique mêlant gribouillages, écriture et graffiti. Ce qui le rend décisif, c'est qu'il se situe à la croisée de l'expressionnisme abstrait américain et des néo-avant-gardes européennes, tout en puisant dans la mythologie antique. Moins connu que Pollock ou Warhol, il a pourtant influencé des générations d'artistes par sa gestualité libre et sa poésie du signe.

Faits marquants

  • Né en 1928 à Lexington (Virginie), aux États-Unis
  • Étudie au Black Mountain College où il côtoie Robert Rauschenberg et Robert Motherwell vers 1951-1952
  • S'installe en Italie en 1957, où il puise dans la culture méditerranéenne et la mythologie antique
  • Réalise des cycles majeurs comme 'Fifty Days at Iliam' (1978) inspiré de l'Iliade
  • Mort en 2011 à Rome, reconnu comme un maître de l'art du 20e siècle

Œuvres & réalisations

Leda and the Swan (1962)

Toile explosive mêlant traits, taches et fragments d'écriture autour du mythe de Léda et du cygne. Un sommet de son langage gestuel.

Nine Discourses on Commodus (1963)

Cycle de neuf toiles inspiré de l'empereur romain Commode, d'abord incompris à New York puis reconnu comme majeur.

Untitled (New York City) — « tableaux noirs » (1968)

Série de fonds gris-ardoise couverts de boucles répétitives évoquant l'écriture cursive ou les exercices d'école.

Fifty Days at Iliam (1978)

Cycle de dix tableaux inspiré de l'Iliade d'Homère, conservé au Philadelphia Museum of Art. Œuvre épique sur la guerre de Troie.

Lepanto (2001)

Suite de douze toiles évoquant la bataille navale de Lépante (1571), présentée à la Biennale de Venise. Triomphe de couleur et de mouvement.

Ceiling (plafond du Louvre) (2010)

Plafond bleu peint pour la salle des bronzes du Louvre, orné de sphères et de noms de sculpteurs grecs. Première commande de ce type à un artiste contemporain depuis Braque.

Untitled (Bacchus) (2005)

Grandes boucles rouge sang évoquant le vin et l'ivresse dionysiaque. Geste ample et libéré de la maturité.

Anecdotes

Né Edwin Parker Twombly en Virginie, il hérite du surnom « Cy » de son père, joueur de baseball professionnel lui-même surnommé d'après la légende Cy Young. L'artiste gardera ce diminutif sportif toute sa vie comme nom d'artiste.

En 1952, grâce à une bourse, le jeune Twombly part avec son ami le peintre Robert Rauschenberg pour un long voyage en Italie et en Afrique du Nord. Les motifs, écritures et paysages méditerranéens marqueront durablement son art.

En 1957, Twombly s'installe définitivement en Italie, à Rome, fasciné par l'Antiquité gréco-romaine. La mythologie, la poésie de Virgile, Ovide ou Sappho deviennent des sources d'inspiration constantes de ses tableaux.

Beaucoup de ses toiles ressemblent à des gribouillages d'enfant ou à des graffitis : Twombly travaillait souvent dans une demi-obscurité, parfois la main gauche (il était droitier), pour perdre le contrôle et libérer un geste plus spontané.

En 2007, une visiteuse d'une exposition à Avignon embrasse une de ses toiles blanches, y laissant une trace de rouge à lèvres. L'incident, très médiatisé, illustre le rapport passionnel et parfois déroutant que le public entretient avec son œuvre.

Sources primaires

Cy Twombly, entretien avec Nicholas Serota, catalogue Tate Modern (2008)
« Chaque ligne est l'expérience réelle de sa propre histoire. Elle n'illustre pas — elle est la sensation de sa propre réalisation. »
« Documenti di una nuova figurazione », texte publié par Twombly (1957)
Twombly y revendique un art où l'écriture, le signe et le tracé priment sur la représentation figurative.
Roland Barthes, « Cy Twombly ou Non multa sed multum » (1979)
Barthes analyse l'œuvre comme un art du « peu mais beaucoup », où le geste rare et le presque-rien produisent une intensité maximale.

Lieux clés

Lexington, Virginie

Ville natale de Twombly, où il revenait régulièrement travailler à la fin de sa vie. Une part de son œuvre tardive y fut créée.

Black Mountain College, Caroline du Nord

École expérimentale où Twombly se forma au début des années 1950 au contact de l'avant-garde américaine. Lieu décisif pour sa formation.

Rome, Italie

Ville d'adoption où il s'installe en 1957 et passe l'essentiel de sa vie d'artiste. L'Antiquité romaine y nourrit profondément son œuvre.

Gaète (Gaeta), Italie

Ville côtière du Latium où Twombly possédait une maison-atelier face à la mer. Il y peignit certaines de ses séries les plus lumineuses.

Cy Twombly Gallery, Houston (Texas)

Bâtiment de la Menil Collection conçu par Renzo Piano, dédié exclusivement à son œuvre depuis 1995. Lieu de référence pour découvrir l'artiste.

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